

Le spectacle s'est déroulé comme un triptyque retraçant 3 journées de la vie d'un enfant, du lever au coucher. Le rendu scénique, hautement qualitatif, a clairement témoigné de l'implication des enseignants et de l'assiduité des enfants. Des costumes somptueux, à l'écriture, aux enchaînements des différentes séquences, jusqu'au son et lumière... rien n'avait été laissé au hasard. Malgré la multiplicité des intervenants et des établissements concernés, la synergie de ces forces a produit une cohérence et une fluidité narratives épatantes. Le fond et la forme se sont parfaitement conjugués pour un rendu rythmé et captivant. La salle a rapidement été conquise, faisant entendre son enthousiasme tout au long du spectacle.
Le travail qui a permis que ce rendez-vous annuel soit une réussite a été conséquent. Depuis le début de l'année, les enseignants se sont réunis de manière mensuelle afin d'harmoniser et coordonner leurs actions. C'est sous la houlette de la direction de l'Education que ces réunions ont eu lieu. La réflexion autour de ce projet a également bénéficié de l'expertise de l'académie des langues kanak.
Numèè, Drehu, Xaraùù, Nengone et Ajié : cinq langues étaient mises à l'honneur. La culture, elle, s'est exprimée au travers de notions rituelles. Mais aussi grâce à un onirisme et symbolisme omniprésents. Chaque récit, imprégné de valeurs de partage, d'humanisme et de communauté, donnait à voir une facette de la culture kanak.

Comme le rappelait Marie-Hélène Hnamuko, l'enseignement des LCK est porté par la volonté politique d'ériger des ponts culturels et sociétaux, car « quand j'apprends sur l'autre, j'apprends sur moi ». Elle précisait aussi les défis paradoxaux que les enseignants doivent relever en ces termes : « enseigner le passé, un certain patrimoine, tout en s'inscrivant dans le futur et en habitant le moment présent ». Force est de constater que ces enjeux sont à l'image de ceux que la Nouvelle-Calédonie connaît.
Texte et photos: Jasmina Durovic