Vous venez d’être nommé secrétaire général de la province Sud. Peut-on parler d’aboutissement pour vous qui fûtes l’un des plus jeunes à ce poste il y à dix-sept ans ?
Je ne crois pas que l’on puisse parler d’aboutissement, car j’espère avoir encore de longues années de nouveaux défis professionnels devant moi. J’ai eu la chance d’occuper le poste de secrétaire général d’une commune de 19 000 habitants (ville de Vence, dans les Alpes-Maritimes) à l’âge de 25 ans. Ce fut une expérience formidable, très formatrice car il a fallu très vite que je me forge une « carapace ».
Vous avez passé neuf ans dans cette collectivité. Quel souvenir en gardez-vous ?
Le sentiment d’avoir vécu une aventure humaine et professionnelle très riche. En 1993, l’informatique n’était pas encore complètement démocratisé et il a fallu réorganiser l’ensemble des services municipaux avec de nouveaux outils, développer de nouvelles méthodes de management. J’ai eu l’opportunité de mettre en place les entretiens annuels d’échange (EAE) et aussi de conduire la mise en oeuvre d’un véritable « projet de ville » avec l’ensemble des directions municipales. J’ai également participé à la création de la première communauté de communes du département au sein de laquelle j’ai été nommé directeur général.
Pourquoi et comment avez-vous rejoint la Nouvelle-Calédonie ?
Une partie de ma famille vivait ici. La province Sud cherchait un directeur des ressources humaines et financières. J’ai postulé et j’ai été retenu. Ce qui m’attirait avant tout, c’était une nouvelle aventure professionnelle, différente de par la taille de la collectivité, sa particularité géographique et institutionnelle, mais aussi le cumul des fonctions RH et financières. J’ai alors travaillé avec des équipes formidables et nous avons réussi ensemble, je crois, « à bouger les lignes » en mettant en place les entretiens annuels d’échange, les rapports mensuels d’activité financière et les indicateurs mensuels des ressources humaines qui ont préfiguré la réalisation d’un véritable « bilan social » annuel dès 2002.
En décembre 2009, vous devenez secrétaire général adjoint. Qu’est-ce qui vous a alors motivé ?
Les postes de coordination générale et de management d’équipes pluridisciplinaires m’ont toujours passionné. J’étais arrivé à un moment de ma vie professionnelle où j’avais envie de changer, et quand le poste m’a été proposé, j’ai tout de suite été séduit par l’opportunité de coordonner des directions à la fois fonctionnelles et opérationnelles et de participer plus activement au pilotage de notre collectivité au niveau du secrétariat général.
Depuis le 1er août, vous êtes à la tête de l’administration provinciale. Quelle est votre feuille de route ?
J’ai été chargé par le président de l’assemblée de la province Sud de traduire les orientations et objectifs fixés dans son discours de politique générale en actions concrètes, cela avec le concours de l’ensemble des directions provinciales.
Comment cela se concrétise-t-il ?
Tout d’abord, il nous faut imaginer une organisation administrative et opérationnelle adaptée aux enjeux à venir. C’est ma priorité. Les directions opérationnellesde la collectivité seront regroupées autour de trois pôlesde compétences qui reprennent les trois axes d’actions fixés par notre exécutif et qui seront, chacun, animés par un secrétaire général adjoint : un pôle « éducation, jeunesse et vie sociale » ; un pôle « aménagement du territoire » et un pôle « développement durable ». Les directions fonctionnelles ou transversales (Finances, Ressources humaines, Administrative et Juridique ou encore Informatique…) resteront, quant à elles, rattachées directement au secrétaire général.
Qu’attendez-vous de cette réorganisation ?
Une efficience accrue de l’administration avec toutes les énergies centrées vers le service public qui nous anime tous. En cette période de disette financière, notre administration se doit d’être imaginative, de se remettre en question, afin de pouvoir proposer un service toujours meilleur et adapté avec moins de ressources. C’est le challenge qui nous attend et que nous relèverons tous ensemble, mais je sais pouvoir compter sur le professionnalisme et l’implication de tous les agents de notre collectivité pour répondre avec efficacité à ces attentes.
Qu’est-ce qui vous permettra de dire, un jour, que vous avez réussi votre mission ?
Il n’y a pas de recette magique ! Personnellement, je crois aux vertus du travail d’équipe et surtout à l’état d’esprit qui doit animer chacun des acteurs de notre collectivité. Nous devons tous aller dans le même sens. Un chef d’orchestre ne peut pas faire de la bonne musique sans bons musiciens et réciproquement. C’est le travail d’équipe qui fait la différence, un travail permanent de recherche de l’harmonie et de l’équilibre collectifs. Je pourrai peut-être considérer que la mission est réussie si l’on me dit, un jour, que nous avons joué une musique pas trop désagréable à l’oreille.
Propos recueillis par Christine Allix
Photos : Fabrice Wenger