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Quelle est la place de la femme dans la culture hip-hop ?


Ecrit le 13 avril 2017 par la province Sud
Quelle est la place de la femme dans la culture hip-hop ?
Qui sont ces femmes, mères, sœurs, compagnes discrètes et parfois silencieuses qui suivent les pas d’un homme souvent un frère, un cousin ou un compagnon, à la découverte d’une passion ? Quelle place tiennent-elles dans la culture hip-hop calédonienne ? La question mérite d’être posée. Ce fut le cas mardi soir au Centre Culturel Tjibaou. Le temps d’une causerie, elles passent de l’ombre à la lumière.

Loin de la contestation des cités et des banlieues, le mouvement hip-hop calédonien s’est développé en épousant les spécificités culturelles du pays. Pour évoquer le sujet, cinq femmes gravitant autour du monde hip-hop ou pratiquant une activité artistique en lien avec la culture urbaine : Wayé, Mado (UBC), Kelly Caihé (Saïan Breaker crew), « tantine Yvette » et « tantine Marie ». Dans un slam sur la parité, Simane questionne : « La place de la femme ? Pourquoi la placer ?  Elle est là depuis notre naissance. C’est plutôt autour d’elle qu’il faudrait s’organiser ! » Le constat est posé par Paulö (Dix vers cités), animateur de la soirée : « Les femmes ne sont pas très visibles dans la culture hip-hop». Cette discrétion s’explique en partie par le fait qu’elles ont du mal à se mettre en avant souligne Alexia Duchesne, chargée d’actions culturelles à la province Sud : « Souvent, elles sont introduites dans le milieu par un frère, un cousin ou un compagnon. »

« Du respect et de la bienveillance »

Wayé a commencé par la danse traditionnelle avec ses frères. « Ils avaient besoin de nous pour les aider à s’habiller lors des représentations mais aussi pour les assister. On a toujours été là ! » Quand ils ont entamé leur virage vers le mouvement hip-hop, elle les a suivi. « Il y a toujours eu du respect et beaucoup de bienveillance de leur part. » Sa place dans la culture hip-hop ? « En tant que femme kanak, mon rôle est d’être retirée mais d’être bien présente aux côtés des hommes. La reconnaissance, je la vois dans les yeux des garçons. Parce que dans la culture kanak, c’est nous qui faisons le lien, dans la culture hip-hop aussi ! » Celle que l’on nomme affectueusement « tantine Marie » de RS Impact (crew de dancehall) ajoute : « L’évolution des mœurs fait que nous avons maintenant notre mot à dire et sans les femmes, les hommes ne sont rien ! »

« Ne donne pas ton talent et ton don au cimetière ! »

Pour « Tantine Yvette » de l’association enfance et jeunesse, garçon ou fille, même combat. Consacrant son temps et son énergie à écouter les jeunes des quartiers, elle est amenée à s’intéresser au mouvement hip-hop. Pour elle, il y a de véritables talents. « Ne donne pas ton talent et ton don au cimetière ! Ce lieu regorge de personnes qui n’ont pas osé exprimer leur art»,  prévient-elle. 

Derrière les b-girls, il y a souvent les mamans qui soutiennent et encouragent. « Sur 6 enfants, nous sommes 5 à danser. Témoigne Kelly Caihé, Pour ma mère, c’est une grande joie de savoir que ses enfants se consacrent à leur passion.»

La question de la femme dans la culture hip-hop interpelle Martine Lagneau, 1ere  vice-présidente de la province Sud, en charge à la fois de la culture et de la condition féminine : « Le thème est intéressant. Ce que je retiens, c’est l’aspect très familial du milieu hip-hop calédonien. C’est un mouvement de solidarité et de partage avant tout basé sur le respect. » Une autre élue Nicole Robineau, présidente de la commission de la Condition féminine également présente a tenu à exprimer son enthousiasme : « Je suis scotchée par tout ce que je viens d’entendre, a-t-elle réagit. Je suis agréablement surprise de voir les liens intergénérationnels qui existent au sein de cet art que l’on nomme ‘’de la rue’’. Cela me donne envie de le découvrir ! »  

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