Longtemps considérées comme des déchets, les scories issues de l’activité métallurgique pourraient bien devenir un matériau d’avenir pour la construction en Nouvelle-Calédonie. C’est tout l’enjeu du SLAND, un sable recyclé élaboré à partir de scories, aujourd’hui officiellement reconnu et prêt à être utilisé sur les chantiers.
Derrière ce projet, soutenu par la province Sud, se trouve notamment Yves Veran, directeur général de Doniambo Scories, qui a consacré plusieurs années à faire reconnaître ce matériau innovant. « En 2025, nous avons franchi la dernière étape pour obtenir sa reconnaissance officielle. Aujourd’hui, le SLAND est inscrit au Référentiel de la construction de la Nouvelle-Calédonie (RCNC). Il a passé toutes les étapes de qualification et de reconnaissance : il est désormais référencé et peut être utilisé »
Une avancée pour l’économie circulaire
Cette reconnaissance ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie circulaire. « En Nouvelle-Calédonie, environ 25 millions de tonnes de scories sont aujourd’hui disponibles. Et cette ressource considérable peut désormais être valorisée », explique Yves Veran.
Le SLAND, contraction de slag (scorie) et sand (sable), est obtenu en criblant et transformant les scories pour produire un sable destiné aux bétons hydrauliques : « Depuis l’obtention de toutes les validations techniques, on peut construire avec du béton contenant de la scorie sans aucun risque Ce matériau peut être utilisé dans la fabrication de béton, d’agglos, ou encore pour la construction de bâtiments et de villas », précise le directeur.
Transformer un matériau autrefois considéré comme un déchet en ressource pour le secteur du bâtiment représente un enjeu environnemental majeur, notamment en proposant une alternative au sable naturel, « sans pour autant remplacer complètement cette filière », rassure Yves Veran.

Le rôle moteur des pouvoirs publics
Malgré ces avancées, le matériau reste encore trop peu utilisé dans les projets de construction. Pour Yves Veran, la prochaine étape passe par une meilleure visibilité et par l’implication des acteurs publics : « Le rôle des pouvoirs publics est essentiel pour faire connaître la scorie et développer davantage de projets d’économie circulaire. Des chantiers de référence portés par les collectivités permettraient de montrer concrètement ce que l’on peut réaliser avec ces matériaux », souligne-t-il.
Le directeur tient d’ailleurs à saluer l’engagement de la province Sud, qui accompagne cette démarche : « La province Sud s’est montrée active et réceptive sur ces questions. Son soutien a été et est précieux. Maintenant, pour aller encore plus loin, la puissance publique peut jouer un rôle d’incitation plus fort », ajoute-t-il.

Une opportunité pour l’environnement et l’innovation
Autrefois considérées comme des déchets, les scories trouvent aujourd’hui une seconde vie dans la construction grâce au SLAND. Une évolution qui illustre parfaitement la dynamique de l’économie circulaire : réutiliser, valoriser et réduire l’impact environnemental.
La province Sud se réjouit de cette avancée qui ouvre la voie à de nouvelles pratiques plus durables dans le secteur du bâtiment, tout en valorisant une ressource déjà présente sur le territoire.