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Face à la maladie : le courage de transformer l’épreuve en gratitude

  • 10/03/2026
À 39 ans, Camille (nom d’emprunt) nous partage son histoire, jalonnée de courage, d’exigence et de résilience. Face à la maladie, elle a trouvé la force de rebondir pour retrouver un emploi après plus de 15 ans de combat dont 3 en arrêt maladie. Un projet rendu possible, avec l’accompagnement de la Direction de l’emploi et du logement de la province Sud. Aujourd’hui, cette maman de deux enfants est embauchée en CDI dans une entreprise automobile. Portrait.
  • Santé et solidarité

Après une année de BTS Action commerciale au lycée Lapérouse, Camille entre rapidement dans la vie active. À 19 ans, elle choisit de travailler, mais son goût de l’effort remonte à bien plus tôt : « Je travaillais déjà à 16 ans, pendant les vacances, que ce soit dans des pizzerias ou dans des entreprises. J’ai fait de la vente de pièces automobiles à Nouméa, des remplacements dans un cabinet d’expert automobile… Je suis restée dans le même secteur. »

Rigueur, exigence, discipline rythment aussi bien sa vie professionnelle que personnelle. Mère de deux enfants de 16 et 8 ans, elle assume pleinement son rôle : « Mes enfants savent que je suis exigeante. Mais il le faut pour les pousser, pour leur assurer un avenir. » Son moteur ? « Que mes enfants réussissent, qu’ils soient heureux et en bonne santé. » Son ambition ? « Être embauchée à Aircalin. C’est mon but ultime. »

Quand la maladie impose une autre bataille

Le courage de Camille prend une autre dimension lorsque la maladie s’installe. Atteinte de la maladie de Crohn, elle découvre la réalité d’un handicap invisible, longtemps incompris. « Je ne savais pas que j’étais en situation de handicap. Le diagnostic est arrivé bien plus tard. C’est une maladie encore peu comprise et pour vous dire, je ne savais pas que je pouvais avoir une reconnaissance médicale. » Puis, un jour, tout s’accélère : le système digestif se dégrade, les douleurs deviennent constantes, les urgences quotidiennes.

Pendant des années, Camille vit dans l’anticipation permanente : repérer les sanitaires, organiser chaque déplacement en fonction des lieux et de son état… une charge mentale invisible, épuisante : « J’ai testé tous les traitements possibles. Aucun n’a fonctionné durablement. » se souvient-elle. Finalement, une stomie est posée en 2024. Puis, en mars 2025, après de nombreuses complications, son côlon est entièrement retiré. Une décision lourde, radicale, mais salvatrice : « Depuis, je n’ai plus mal au ventre. »

De ces quinze années de combat, dont trois années intenses d’hospitalisations, de perfusions et de suivi en service oncologique, Camille aurait pu se laisser abattre. Pourtant, elle choisit d’avancer : « Quand on regarde autour de soi, il y a bien pire. J’ai vu une femme en chimiothérapie, elle avait mon âge et des enfants. 82 chimios à 36 ans… Beaucoup donneraient tout pour échanger sa situation. Aujourd’hui, je vais bien. Je suis reconnaissante. »

Le courage de reprendre sa place

Après les opérations et la convalescence, une autre question se pose : comment reprendre le travail après 3 ans d’arrêt maladie ? Comment retrouver une stabilité professionnelle après des années de combat médical ? Début 2025, Camille contacte alors la Direction de l’emploi et du logement (DEL) de la province Sud. Elle est reçue en juillet. Un choix gagnant pour Camille, puisqu’en août, une aide à l’emploi aux personnes en situation de handicap et aux employeurs est mise en place dans le cadre des dispositifs d’accompagnement des personnes en situation de handicap proposés par la DEL. Déterminée à retravailler, Camille monte un dossier avec une entreprise prête à lui faire confiance : Néocass.

L’entreprise bénéficie d’une aide à l’embauche de 550 000 F CFP pour un temps complet. Trois mois d’essai débutent en août 2025. Ils se transforment en CDI. Camille devient agent commercial. « Le suivi a été rapide, efficace et clair », souligne-t-elle.

Mais au-delà du dispositif, il y a surtout sa détermination. Reprendre le travail, c’était affirmer que la maladie ne définissait pas son identité. C’était retrouver sa place, sa dignité, sa projection vers l’avenir.

À 39 ans, Camille ne se définit pas par la maladie, mais par la force qu’elle en a tirée. Et c’est peut-être cela, le vrai courage. Son message résonne comme une leçon de résilience : « Il y a toujours bien pire que ce que l’on vit. Il ne faut jamais perdre espoir. »


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