Guide des droits des femmes et de la famille

P. 124 Ces actes, gestes, paroles et attitudes portent atteinte à l’intégrité psychologique et physique d’une femme de façon plus ou moins sévère, et peuvent avoir des conséquences importantes dans la vie de la patiente, voire de ses relations familiales (relation mère-enfant). Les violences gynécologiques et obstétricales sont perpétrées par le personnel soignant qui peut agir collectivement et/ou individuellement. z Une charte de bonnes pratiques en gynécologie et obstétrique En 2021, une charte de la consultation en gynécologie et obstétrique a été formalisée par les professionnels impliqués dans le suivi des femmes : - La consultation en gynécologie ou en obstétrique n’est pas une consultation comme les autres puisqu’elle touche à l’intimité des patientes. - Le praticien, médecin ou sage-femme, conduit la consultation avec bienveillance et respect, en gardant à l’esprit la particularité de cette consultation et les besoins d’écoute et de dialogue. - L’examen clinique n’est pas systématique. Par exemple, il n’est pas conseillé lors de la première consultation d’une jeune femme pour contraception, en l’absence de symptômes. - L’examen clinique est précédé d’une explication sur ses objectifs et ses modalités. Si la femme désire ne pas être examinée, elle est invitée à en faire part en début de consultation. - L’examen fournit des renseignements que l’imagerie ne peut pas apporter (comme l’état de la vulve, du vagin et du col, la mobilité des organes pelviens, la contraction des muscles ou la cartographie des zones douloureuses et la typologie des douleurs, ou encore l’origine de saignements ou de pertes). Il permet aussi la pratique de prélèvements (frottis, examens bactériologiques). - L’accord oral de la femme est recueilli avant tout examen clinique. - La femme doit pouvoir se dévêtir à l’abri des regards, dans le respect de sa pudeur. - La personne examinée peut être assistée par l’accompagnant de son choix. - L’examen peut comporter une palpation des seins, une palpation abdominale, un toucher vaginal avec gant ou doigtier, et l’usage de matériels médicaux tels qu’un spéculum ou une sonde endovaginale. Dans certains cas, le recours à un toucher rectal après explications peut être justifié. - L’examen doit pouvoir être interrompu dès que la patiente en manifeste la volonté. Aucune pression, en cas de refus, ne sera exercée sur elle ; il convient alors de l’informer de l’éventuelle nécessité d’un nouveau rendez-vous pour réaliser l’examen, si celui-ci est indispensable, et de l’informer des limites diagnostiques et thérapeutiques que cette absence d’examen clinique peut entrainer.

RkJQdWJsaXNoZXIy MjE1NDI=