P. 128 z Plusieurs types de violences Les femmes en situation de handicap subissent plusieurs types de violences : - Violences verbales : injures, intimidations, colères, chantage. - Violences physiques : frapper, tirer les cheveux, bousculer, séquestrer : une femme enfermée dans sa chambre ou encore une personne en fauteuil à qui l’on crève les pneus pour qu’elle ne puisse plus bouger. - Violences sexuelles : attouchements – difficulté pour la femme handicapée de reconnaître où est la limite avec les soins corporels -, agressions sexuelles, viols. - Violences psychologiques : isolement, peur, insécurité, dévalorisation qui accroît sa culpabilité de la différence, de l’anormalité, la honte d’oser avoir un désir, appropriation, domination, maintien dans une situation de dépendance, délaissement des personnes en situation de handicap physique ou mental entraînant une dépendance à l’égard d’autrui. - Violences économiques : ne pas disposer librement d’argent, donner de l’argent au compte-goutte, vérifications abusives du compte bancaire, rétention de chéquier, de carte bleue, empêcher de choisir une formation, de poursuivre des études ou d’exercer une activité professionnelle. Leur vulnérabilité est accrue par une vulnérabilité économique (très petits revenus, placement sous curatelle ou tutelle, ce qui réduit leur autonomie légale). - Violences conjugales : Certains hommes choisissent parfois sciemment une femme handicapée à la fois pour se donner bonne conscience et parce qu’ils vont pouvoir la dominer et les mettre sous emprise plus facilement. - Violences médicales/institutionnelles : La maltraitance et les violences envers les personnes handicapées accueillies en établissements médico-sociaux sont des phénomènes multiformes, méconnus et mal mesurés, perpétrés par des soignants, des éducateurs, des enseignants… Les professionnels en institutions sont souvent déstabilisés voire incrédules dans des cas de maltraitance sur lesquels la personne handicapée elle-même ne peut pas ou ne veut pas s’exprimer, mais peuvent également être aveugles dans des situations de maltraitance quotidienne. La violence peut parfois être très banalisée et amener à poser des pratiques qui ne seraient pas admises auprès d’autres patients (soins douloureux, exposition de la nudité, le corps devient objet). Enfin, elles subissent des violences autour du déni de sexualité, de maternité, certaines subissant des stérilisations forcées. Cette maltraitance au quotidien, en milieu familial ou institutionnel, faite de violence verbale, d’indifférence, de négligence, a la particularité d’être le plus souvent invisible. Elle ne laisse pas de traces immédiatement décelables.
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