GRATUIT L'ACTUALITÉ DE LA PROVINCE SUD www.sudmag.nc | #031 | Décembre 2025 LE SUD VOYAGER PRÈS DE CHEZ SOI
ÉDITO RESPONSABLE DE LA PUBLICATION : Sonia Backès | RÉDACTEUR EN CHEF : Nicolas Pannier | RÉDACTION : Direction de la communication de la province Sud. PHOTOS : Nicolas Bonneau, Fabrice Wenger, Nicolas Petit, Sud Tourisme (Dominique Delor, Charlotte Bertonneau) | MONTAGE : Com'Kris. PHOTO DE UNE :Toutazimut, parc de la rivière bleue - Charlotte Bertonneau, Patrice Hauser IMPRESSION : 35 000 exemplaires - EIP Éditions & Impressions du Pacifique, sur du papier géré durablement FSC | ISSN 2497-6903. RETROUVEZ-NOUS EN LIGNE Toute l’actualité de la province Sud à tout moment, disponible sur votre ordinateur, tablette et smartphone : sudmag.nc Dites-nous ce que vous en pensez ! Donnez-nous votre avis sur le SudMag que vous avez entre les mains afin que les prochains numéros répondent toujours à vos attentes. Formulaire en ligne : province-sud.nc/form/suggestion-sudmag Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 3 Depuis 2024, l’économie de la province Sud évolue dans un contexte durablement dégradé. La baisse de l’activité, estimée à –15 % du PIB, la disparition de plus de 1 000 entreprises et la perte de 11 000 emplois ont fortement réduit les marges de manœuvre, tandis que les recettes fiscales reculaient de 26 %. Dans ce paysage contraint, l’enjeu n’a pas été de promettre une relance rapide, mais de maintenir l’activité et d’éviter une rupture plus profonde. C’est dans cet esprit qu’ont été déployés les dispositifs économiques actuels. Sud Pro, lancé en 2024, a permis d’injecter 1,7 milliard de francs dans l’économie locale, touchant plus de 7 800 TPE et patentés. Pour 84 % des entreprises concernées, ces dépenses n’auraient pas été engagées sans ce soutien. Avec Sud Relance, construit avec Bpifrance, la collectivité complète ce dispositif en facilitant l’accès au financement, avec un effet levier permettant de mobiliser jusqu’à 6,8 francs de projets pour chaque franc public engagé. Le budget 2026 s’inscrit dans cette continuité. Doté de 50,1 milliards de francs, dont 10,4 milliards consacrés à l’investissement, il vise avant tout à consolider les outils existants et à préserver la capacité d’action publique. L’année 2026 ne sera pas celle d’un retour immédiat à la normale. Elle s’annonce comme une étape de stabilisation, où l’objectif reste de tenir le cap, de sécuriser l’existant et de préparer, progressivement, les conditions d’une reprise plus durable La présidente de l’assemblée de la province Sud. Tenir le cap en 2026
#31La lettre d’information de la province Sud pour rester informé chaque semaine Abonnez-vous en suivant le lien : province-sud.nc/mon-compte SOMMAIRE 4 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 Actualités 5. ZOOM SUR 6. GRAND ANGLE Tourisme, la relance vient d’ici 8. Sur terre, gérer, protéger, profiter 10. En mer, 100 nuances de bleu, une protection en action 12. Dans les airs, un autre regard sur la Calédonie 14. ACTUALITÉS Sud Pro, un bilan renforcé 16. Sud Relance un dispositif appuyé par Bpifrance 18. Assemblée de Province, 50,1 milliards pour relancer, protéger et investir 20. VIVRE MA PROVINCE Reconstruction, la Province en action 22. La culture à portée de Pass 23. Brèves 26. La rencontre : Laure Foord 27. Cap sur la pêche, une filière qui se renforce 28. LES PHOTOS DU MOIS 30. LES VIDÉOS DU MOIS Vivre ma Province Grand angle Sud Pro, un bilan renforcé Reconstruction, la Province en action Tourisme, la relance vient d’ici 6. 14. 20.
LE GRADUATION DAY s’invite dans les écoles ZOOM SUR Des toques lancées en l’air, des diplômes symboliques et beaucoup d’émotion. À l’école Guy Champmoreau, comme dans les écoles bilingues Frédéric Surleau et Michel Amiot, et toutes les écoles bilingues de la collectivité, les élèves de CM2 ont récemment célébré leur Graduation Day, une cérémonie encore peu répandue dans le système scolaire français mais de plus en plus visible ici. À Guy Champmoreau, le rendez-vous s’est tenu mardi 9 décembre. Les élèves de CM2 ont officiellement tourné la page de l’école primaire lors d’un moment collectif rassemblant enseignants, familles et camarades. Le chant de l’hymne calédonien, le traditionnel lancer de toques et la célébration parallèle du passage en CP des grandes sections ont donné à cette cérémonie une dimension à la fois solennelle et très émouvante pour le directeur Thibault Pietri, et les enseignants tous très touchés de voir leurs élèves prêts à voguer vers de nouvelles aventures. La fin d’un cycle. Le même esprit animait les écoles bilingues Frédéric Surleau et Michel Amiot, où le Graduation Day a été pensé comme un véritable rite de passage. Tapis rouge, remise de diplômes symboliques ont ponctué la cérémonie, en cohérence avec l’identité bilingue des établissements. Enseignants et familles étaient réunis pour saluer le parcours accompli et encourager les futurs collégiens Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, le Graduation Day n’est ni un examen ni une validation officielle. Il ne conditionne pas l’entrée au collège et n’évalue aucun niveau scolaire. Son objectif est ailleurs : marquer clairement la fin d’un cycle, donner du sens à la transition entre le primaire et le secondaire, et reconnaître le chemin parcouru par les élèves. Dans un contexte où le passage au collège peut être source d’inquiétude, ces cérémonies offrent un temps d’arrêt assumé. Elles permettent de clore l’année autrement qu’avec un simple dernier jour de classe, de valoriser l’engagement des élèves et de rappeler que chaque étape de la scolarité compte. Une façon, aussi, de préparer les enfants à la suite sans la dramatiser, en transformant un changement majeur en moment collectif et lisible. Inspirée des traditions anglo-saxonnes, la cérémonie du Graduation Day a été célébrée ces derniers jours dans plusieurs écoles de la province Sud. Un temps symbolique pour marquer la fin de l’école primaire et accompagner les élèves vers l’entrée au collège.
6 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 La fréquentation locale repart, mais cette reprise reste inégale selon les zones et les types d’activités. Dans le contexte actuel, le marché interne devient un pilier essentiel. En mobilisant les Calédoniens, l’agence d’attractivité Sud Tourisme consolide un tourisme de proximité qui est indispensable au maintien de l’attractivité et du lien social. AAu début de l’année 2025, Sud Tourisme a lancé une enquête pour saisir les attentes des Calédoniens. Les résultats montrent qu’ils jugent la province Sud attractive, mais ne se considèrent pas comme des «touristes». Lorsqu’ils consomment, ils choisissent des activités simples, rapides et peu coûteuses, souvent planifiées quelques jours avant. Dans un contexte économique tendu, le prix est devenu un critère déterminant et la notion de tourisme doit être revue pour dépasser l’imaginaire seul des vacances loin de chez soi. En conséquence, Sud Tourisme a renforcé son accompagnement auprès des professionnels. L’objectif, lesaideràdiversifier leurs activités pour toucher un public local plus large, par exemple en proposant des formats plus courts, en ajustant leurs tarifs ou en repensant leur positionnement dans le marché local. Ces petites adaptations participent à maintenir l’activité économique du secteur tout en répondant aux attentes de la clientèle. Tourisme local. Les données des Offices de Tourisme indiquent que seuls 32 % des prestataires dépassent 50 % de remplissage au troisième trimestre 2025. Dans le Grand Sud, cette proportion chute à 10 %. Cette fragilité s’explique en partie par de nouveaux comportements d’achat : 80 % des réservations sont faites à moins de dix jours, dont la moitié à moins d’une semaine. Le marché est donc devenu très dépendant de la «dernière minute», ce qui complique la visibilité des professionnels. La clientèle demeure largement professionnelle (64 %). Cela montre que, malgré les efforts engagés, une grande partie de l’activité repose encore sur les déplacements liés au travail, et non sur le tourisme de loisirs. Les vacanciers reviennent néanmoins, et 60 % d’entre eux sont des habitants du territoire. Le tourisme local joue donc un rôle crucial, mais qui s’exprime différemmentdecelui desvisiteursextérieurs : les sorties sont courtes, proches de chez soi, faciles à organiser, centrées sur la nature et le plein air, et surtout, abordables. Cette logique se retrouve dans l’hébergement : 82 % des séjours durent une à deux nuits, confirmant que le week-end court est devenu la norme. Il reflète à la fois des contraintes budgétaires et une tendance à décider au dernier moment. Valoriser la destination. En appui à l’accompagnement des acteurs du secteur, SudTourisme amodernisé et enrichi ses outils de promotion. La plateforme de réservation en ligne («marketplace»), qui regroupe désormais plus de 400 produits et près de 200 prestataires, facilite l’accès aux offres et renforce leur visibilité. L’agence d’attractivité multiplie également les campagnes de communication et les partenariats médias. Ces initiatives permettent de donner la TOURISME, la relance vient d’ici Vertical Lagon © Dominique Delor Photographies
Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 7 GRAND ANGLE Des événements structurants Pour soutenir l’activité et créer des temps forts, Sud Tourisme a organisé plusieurs événements majeurs, avec le soutien continu de la province Sud. • Le Salon du Tourisme du 27 juillet 2025 a réuni 80 exposants et 7000 visiteurs, générant près de 40 millions de francs CFP de retombées économiques. • Les visites expérientielles, durant lesquelles le touriste est en immersion, affichent complet à chaque édition. Elles permettent aussi de replacer l’habitant au cœur du tourisme, non comme simple spectateur, mais comme acteur d’expériences locales. • En novembre, le Salon des activités touristiques inauguré à l’Aquarium de Nouméa a rassemblé 20 exposants thématiques et 2700 visiteurs. Cet événement inédit donne un nouvel élan au secteur à l’entrée de la haute saison et surtout contribue à rassembler tissu touristique et grand public. parole aux acteurs touristiques, mettent en lumière leurs offres et illustrent la diversité des expériences disponibles en province Sud. Parmi ces productions, on retrouve des séries vidéo sur le format «J’ai testé pour vous» à la rencontre des prestataires touristiques ou mettant en scène des athlètes calédoniens dans les sites naturels du territoire, avec la volonté de positionner la région comme un véritable «terrain de vie, terrain de jeux». Nouveaux ambassadeurs. Dans la stratégie touristique actuelle, le rôle des habitants est central. Sportifs, familles, jeunes, nouveaux arrivants : tous participent à valoriser les sites, les activités et l’identité du territoire. Leur engagement contribue à restaurer l’image de la destination et à créer un cercle vertueux d’attractivité. En 2025, les Offices de Tourisme ont accueilli 43000 visiteurs, soit presque le double de 2024… ce qui montre que, malgré les difficultés, le secteur progresse dans la bonne direction. Malgré les incertitudes, la filière reste en mouvement. Le tourisme de proximité s’affirme comme un levier économique, mais aussi comme un outil de cohésion sociale. Il renforce les liens entre habitants, l’attachement au territoire et offre des espaces de partage et de convivialité. Les indicateurs repartent progressivement à la hausse : arrivée de nouveaux résidents, retour des touristes affinitaires, reprise des marchés régionaux… Les Calédoniens, à l’approche de l’été, expriment une envie marquée de renouer avec leur territoire : les parcs provinciaux par exemple enregistrent de fortes fréquentations. Plutôt que d’attendre que le ciel se dégage à l’international, Sud Tourisme engage un véritable pacte avec ses habitants et ses acteurs économiques. Le message est clair : le tourisme n’est plus seulement une affaire de touristes, c’est un enjeu de territoire. En donnant aux Calédoniens et aux entreprises locales les moyens de s’emparer de cette filière, elle transforme un secteur fragilisé en outil concret de maintien de l’emploi, du lien social et du cadre de vie. Fort Téremba © Sud Tourisme © Toutazimut, parc de la rivière bleue, Charlotte Bertonneau
8 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 La province Sud gère l’un des réseaux d’espaces naturels les plus vastes et les plus diversifiés du Pacifique. Vallées isolées, forêts humides, maquis miniers, plateaux calcaires ou zones littorales : ces milieux très différents sont fréquentés chaque semaine par des milliers de visiteurs. Leur accessibilité n’a pourtant rien de spontané. Elle est le résultat d’une politique publique continue : ouverture, entretien, balisage, sécurité, restauration écologique et médiation. Dans les grands parcs sous sa tutelle comme la Rivière Bleue, le parc des Grandes Fougères, ou encore Deva — l’équilibre est permanent. Mieux accueillir, sans surfréquentation; offrir des activités de pleine nature, sans dégrader les milieux ; ouvrir des sentiers, tout en protégeant la faune et les zones sensibles. Les équipes de la collectivité travaillent sur des actions souvent invisibles : contrôle des pistes, signalétique harmonisée, réhabilitation écologique, suivi de fréquentation, gestion des risques incendie. Cette régulation quotidienne permet d’éviter une pression excessive sur des environnements qui ne supporteraient pas un usage libre et massif. « Toute l’année, l’activité est maintenue dans les parcs provinciaux ou sur les sites que nous gérons pour que les Calédoniens puissent en profiter sereinement, tout en respectant les lieux, explique Nicolas Pannier, secrétaire général de la collectivité. Le tourisme est en enjeu économique qui repose sur une équation simple : la préservation et la gestion de la nature. C’est unpatrimoine important et que les Calédoniens affectionnent particulièrement ». Enjeu central. Ainsi, l’ouverture maîtrisée est un enjeu central. Certains accès, comme certaines vallées du Parc de la Rivière Bleue, ne peuvent être parcourus que de manière encadrée. « C’est presque une expédition pour atteindre certains lieux uniques, souligne Axelle, opératrice de Toutazimut dans le Parc. Nous proposons un week-end insolite dans une vallée reculée du parc de la Rivière Bleue, au sein du seul hébergement existant dans le parc. » Depuis plus de dix ans, Toutazimut ouvre les portes du Grand Sud sauvage. Spécialisée dans les excursions écoresponsables, l’entreprise illustre une réalité simple : certains secteurs ne peuvent être visités que sous conditions, avec un professionnel formé, pour limiter les impacts sur les zones de conservation. « Cette logique n’est pas une contrainte : c’est ce qui permet de préserver des milieux d’une grande valeur écologique en faisant appel à des prestataires chevronnés. C’est un tourisme collaboratif qui profite à tous », rappelle Nicolas Pannier. La Province a également structuré des itinéraires patrimoniaux, comme les Itinéraires du Bagne à Prony, où la découverte des vestiges historiques est pensée dans un cadre sécurisé. Plusieurs lieux patrimoniaux font l’objet chaque année d’une attention particulière, comme Fort Téremba. Ici encore, l’objectif est double : transmettre un patrimoine fragile et éviter des dégradations liées à la fréquentation. Les SUR TERRE, gérer, protéger, profiter © Le Chemin des Bagnards, Prony, Charlotte Bertonneau © Petit Chalet de Farino
Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 9 GRAND ANGLE supports pédagogiques, les visites guidées et les circuits balisés permettent de concilier mémoire, accès et protection. En petit comité. Les prestataires de pleine nature jouent un rôle complémentaire dans ce dispositif. Ils apportent de l’encadrement, réduisent l’impact des visiteurs, orientent les flux et renforcent la médiation. Si des structures hôtelières jouent pleinement leur rôle, d’autres proposent un hébergement plus intimiste, à l’image de Sylvie Garcia. Intégré au parc, le Petit Chalet de Farino est « un endroit où l’on se sent bien, simple, mais plein de charme », explique sa propriétaire (voir encadré). Ce type demicrohébergement, bien pensé et modéré en capacité, s’inscrit dans une logique d’accueil léger compatible avec un environnement forestier sensible. « L’essor du tourisme de randonnée, de vélo, de trail et d’activités d’observation rend encore plus nécessaire la coordination avec les opérateurs, rappelle la collectivité. Les visites en petits groupes, les circuits encadrés, les transferts vers les départs de randonnée et l’information systématique sur les règles de conduite sont autant d’outils pour réduire l’impact sur les milieux ». Pour la Province, les prestataires ne sont pas des acteurs indépendants : ils s’intègrent dans une stratégie globale de tourisme durable. La protection passe également par des actions techniques : restauration des sols miniers dégradés, lutte contre les espèces envahissantes, prévention incendie, gestion des points d’entrée, entretien des structures d’accueil et adaptation au changement climatique. Ces interventions garantissent la qualité écologique des sites et la sécurité des visiteurs. Elles permettent aussi d’anticiper les évolutions de fréquentation et les nouveaux usages. Sur terre, le tourisme est un système régulé. Pas un espace ouvert sans règles. La collectivité agit comme garant d’un équilibre délicat : offrir un accès large et de qualité, tout en protégeant des milieux fragiles pour profiter d’un bel été. Les prestataires, eux, apportent une valeur complémentaire : l’encadrement, la pédagogie, l’expérience terrain. Ensemble, ils construisent unmodèle où découvrir rime avec comprendre, et où protéger n’empêche jamais —au contraire— de profiter. Sur le terrain avec SudTourisme Le Petit Chalet de Farino À Farino, Jean-Jacques et Sylvie ont créé un véritable havre de paix. Ces jeunes retraités ont bâti de leurs mains un adorable chalet en bois, niché à l’ombre d’un vieux banian. Un petit cocon douillet, idéal pour une escapade à deux, au calme et en pleine nature. « Notre idée à la base, c’était de s’occuper pendant la retraite, et de pouvoir accueillir nos amis et notre famille, explique Sylvie Garcia. Il nous a fallu un an de construction, et on y a mis tout notre cœur : c’est un peu notre bébé ! Et puis, on aime le contact, échanger et renseigner les visiteurs sur la région. Mon mari s’est beaucoup investi dans la construction, moi dans la déco : le Petit Chalet, c’est le fruit de notre sueur et de notre passion ». La décoration soignée et l’équipement complet, Wi-Fi compris, invitent à poser ses valises. Le Petit Chalet de Farino est une parenthèse nature, simple et authentique, où l’on vient se ressourcer… et pourquoi pas dérouler son tapis de yoga face à la forêt. Lot 302 Bas, Farino Sur Messenger Tél. 99 58 21 ou petitchaletdefarino@gmail.com Toutazimut, l’aventure durable Depuis plus de dix ans, Toutazimut ouvre les portes du Grand Sud indompté. Spécialisée dans les excursions écoresponsables, l’entreprise invite les curieux à explorer des lieux où la nature calédonienne se révèle dans sa forme la plus authentique. Randonnées à pied, circuits en véhicule et découvertes en petit comité : chaque sortie est pensée pour réduire l’impact sur l’environnement et encourager la rencontre et les échanges. Depuis peu, Toutazimut a franchi une nouvelle étape en créant une offre d’hébergement entièrement intégrée à sa philosophie. « Nous proposons un week-end insolite dans une vallée reculée du parc de la Rivière Bleue, au sein du seul hébergement existant dans le parc, explique Axelle, sa gérante. C’est une expérience qui sort de l’ordinaire, presque une expédition pour atteindre ce lieu unique ». Parc des Grandes Fougères, Farino Tél. 91 51 65 ou toutazimut@lagoon.nc Réservables via sudtourisme.nc © Le Chemin des Bagnards, Prony, Charlotte Bertonneau © Toutazimut, parc de la rivière bleue, Charlotte Bertonneau
10 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 Sur le lagon du Sud, le décor est idyllique, mais rien n’est laissé au hasard. Derrière les eaux turquoise, les voiliers au mouillage et les tortues qui remontent respirer, il y a une organisation bien réelle : celle de la collectivité, qui protège ce patrimoine marin inscrit à l’UNESCO tout en ouvrant la voie à un tourisme plus intelligent, plus respectueux. Ici, rien n’est figé : le Grand Lagon Sud est l’un des rares sites au monde à disposer d’un plan de gestion complet, conçu avec scientifiques, opérateurs touristiques, coutumiers, associations et usagers. C’est ce document de référence – remis à jour pour 2025-2034 – qui guide les pratiques, encadre la pêche, protège les récifs et organise la fréquentation touristique. Une boussole indispensable pour éviter que la carte postale ne s’abîme. Les gardes nature, eux, veillent au quotidien. Quatorze professionnels répartis sur tout le territoire, capables d’intervenir en mer comme sur les îlots, d’informer plus de 10000 personnes par an et de contrôler les pratiques. Discrets, mais déterminants. Au moindre signal, ils peuvent rappeler la réglementation, surveiller une zone de ponte, ou intervenir en appui sur des missions sensibles. Ambassadeurs. En parallèle, les ambassadeurs du lagon – professionnels impliqués dans la préservation – relaient les bonnes pratiques auprès du public. Ils forment une passerelle précieuse entre lois, usages et réalité de terrain. Leur rôle est simple : expliquer, vulgariser, responsabiliser. Ce travail d’éducation collective est devenu la clé d’un tourisme qui protège ce qu’il admire. Sur l’eau, cette politique se traduit par des expériences mieux encadrées, menées par des prestataires engagés. Guillaume, de NC Fishing Adventures, en est un exemple concret. Guide de pêche, mais surtout pédagogue, il profite de chaque sortie pour EN MER, 100 nuances de bleu, une protection en action © Nirvana Charter © Glisse Attitude
Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 11 GRAND ANGLE sensibiliser les touristes. « Je suis moniteurguide de pêche, donc la pédagogie fait partie du métier, souligne-t-il. Avant de commencer, je rappelle les consignes de sécurité et on discute du biotope, de la biodiversité de la zone. » Faire comprendre le biotope, les zones sensibles, l’importance des mangroves et des cycles de reproduction. Ce n’est pas une option : c’est l’essence de son métier. En tant qu’ambassadeur du lagon, il transmet les règles et les enjeux aussi naturellement qu’il apprend à choisir un leurre. (voir encadré) Gardes nature. La collectivité s’appuie sur un réseau de 12 aires marines protégées au cœur du Grand Lagon Sud pour garantir la conservation d’un patrimoine labellisé par l’UNESCO. Ce dispositif combine réserves intégrales, zones de gestion et secteurs soumis à une réglementation stricte, conçus pour préserver les récifs, les paysages, les tortues marines, les oiseaux et l’une des plus petites populations de baleines à bosse au monde. Sur le terrain, cette stratégie ne resterait théorique sans l’action quotidienne des gardes nature, véritable service opérationnel de protection du lagon. Répartis entre quatre antennes et dotés d’une flotte terrestre et nautique performante, ils assurent la surveillance, le contrôle des usages, l’application des règles environnementales, mais aussi une mission massive de sensibilisation. Leur présence, renforcée par le suivi scientifique des espèces et l’implication des ambassadeurs du lagon, forme lemaillon indispensable entre le travail provincial et la réalité du terrain : un lagon surveillé, expliqué, protégé… et transmis. Le lagon est beau. Il est fragile. Et surtout, il n’est pas acquis. Ce modèle calédonien – protection active, pédagogie constante et tourisme responsable – est aujourd’hui l’un des rares à réussir ce pari délicat : accueillir sans dégrader. À chacun, désormais, d’en être acteur. Sur le terrain avec SudTourisme NC Fishing Adventures Guillaume Boisramé guide depuis 2017 pêcheurs débutants ou confirmés, toujours avec une approche pédagogique. « Je propose un mix mangroves et lagon, ça me permet de m’adapter à la météo », explique-t-il. Avant chaque sortie, il rappelle sécurité, biotope et bonnes pratiques, avec un objectif clair : « qu’ils deviennent autonomes ». Ambassadeur du lagon, il défend la mangrove, « un biotope exceptionnel, une zone tampon entre terre et mer ». Pour lui, comprendre l’environnement est essentiel : « Plus on comprend, plus on respecte ». Tél. 90 97 13 Nirvana Charter Philippe accueille ses passagers avec un credo simple : « que chacun passe un bon moment ». Son expérience du lagon lui permet de guider vers des zones préservées, parfois non hydrographiées, pour des parenthèses hors du temps. « Le but, c’est de profiter sans stress », glisse-t-il. Snorkeling, exploration ou «sunset », il s’adapte aux envies de tous dans une ambiance chaleureuse. « On partage le lagon, on ne le consomme pas », insiste-t-il, fidèle à une navigation respectueuse. Port Moselle - ponton A Tél. 77 86 82 catamaran.nirvana@gmail.com Glisse Attitude Référence du kitesurf et du wingfoil, Glisse Attitude forme depuis vingt ans sur les platiers de Maître et Goéland. Les moniteurs diplômés apprennent aux élèves à « sentir la traction du vent » et à progresser en confiance grâce à un dispositif unique : un mât perpendiculaire au bateau pour apprendre à « voler » en stabilité. « On va étape par étape, sans jamais brusquer », rappellent les instructeurs. Le Kitebus permet de rejoindre les zones adaptées tout en limitant l’impact sur le lagon. « La glisse, oui, mais jamais au détriment du milieu », résume l’équipe. Chalet N° 5, Port Moselle Tél. 78 27 69 glisseattitude@lagoon.nc Réservables via sudtourisme.nc © Nirvana Charter - Charlotte Bertonneau © NC Fishing Adventures
12 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 GRAND ANGLE Prendre de la hauteur change tout : la collectivité se déploie alors comme une carte vivante où le lagon s’allume de turquoise, les reliefs du Grand Sud virent à l’ocre, et la barrière de corail découpe l’horizon d’un trait blanc hypnotisant. En ULM, en parapente, en avion léger ou en hélicoptère, ces vols dévoilent une Calédonie que l’on ne soupçonne pas depuis la terre. Quelques minutes suffisent pour comprendre pourquoi le lagon est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : d’en haut, on distingue les passes, les récifs, les îlots… parfois même l’ombre lente d’une manta ou le ballet d’un dauphin. Pour les amateurs de douceur, l’hélicoptère ou le vol panoramique offrent une immersion contemplative au-dessus de Poé, de l’île des Pins ou de la Rivière Bleue. Pour ceux qui préfèrent sentir l’adrénaline courir dans le dos, le parapente ou le saut en tandem ajoutent au paysage un vertige délicieux. À chaque altitude, l’émotion change, mais la magie reste intacte : vue d’en haut, la province Sud ne se visite plus, elle se révèle. DANS LES AIRS Un autre regard sur la Calédonie Sur le terrain avec SudTourisme Air Paradise : l’évasion en hydravion À Poé, Air Paradise survole le lagon en ULM hydravion, un appareil rare au monde. À seulement 500 pieds, la Calédonie s’offre dans toute sa clarté : récifs, dégradés de bleu, tortues, raies, dugongs, dauphins, requins. « On évolue bas, autour de 150 mètres : c’est pour ça qu’on voit toujours des animaux », explique Olivier Paul. Le décollage et l’amerrissage donnent une sensation de liberté totale : « La piste est infinie, on peut se poser partout ». Le matin reste le meilleur moment, quand la mer est « un miroir ». Accessible dès 6 ans, l’hydravion propose vols panoramiques, initiation au pilotage et vidéos souvenirs. « L’avion est un outil, mais la vraie magie, c’est la Calédonie », conclut le pilote. Tél. 50 06 66 – contact@airparadise.fr Nouméa Skydive: l’adrénaline avec vue Avec Nouméa Skydive, on bascule dans une autre dimension : la chute libre au-dessus du lagon de Poé. Depuis quinze ans, l’école est la référence du saut en tandem. Deux options : 3000 m pour 30 secondes de chute, ou 4000 m pour 50 secondes de vitesse pure. « À 4 000 m, c’est 50 secondes de pure adrénaline », rappelle Maxime Dumortier. La montée en avion offre déjà un panorama de folie, mais le vrai choc arrive quand la porte s’ouvre. Puis c’est la chute, 200 km/h, le visage fouetté par le vent, avant l’ouverture du parachute et une descente silencieuse entre ciel et mer. « Le site est absolument magique : le turquoise, la barrière, les montagnes… Les gens sont bluffés », raconte Maxime. Photos, vidéos, caméra embarquée : tout est prévu pour repartir avec la preuve que oui, vous l’avez fait. Tél. 77 32 21 – contact@parachutisme.nc Vertical Lagon, la « waouh-thérapie » Ni cockpit fermé, ni bruit assourdissant : avec Vertical Lagon, on s’élance à ciel ouvert, porté par la voile et le vent. « Si je devais qualifier l’activité que je propose, je dirais que c’est de la waouh-thérapie ! Quand on est en l’air, c’est que du bonheur, confie Dominique Delor, gérant de la structure. Beaucoup de passagers descendent avec une petite larme à l’œil, tellement l’émotion est grande ». Là où un parapente doit suivre les crêtes et les vents, le paramoteur se faufile au-dessus du Domaine de Deva, de la faille aux requins ou encore des trois baies… Confortablement installé dans un fauteuil à l’avant du chariot biplace, le passager profite d’une vision panoramique à 180°, pour un vol accessible aux enfants, aux seniors, et même aux personnes à mobilité réduite. Poé, Bourail. Tél. 87 58 48 ou 43 82 14 flykeparadise@lagoon.nc Réservables via sudtourisme.nc © Noumea Sky Dive Air Paradise Poé © Dominique Delor Photographies Air Paradise Poé © Dominique Delor Photographies
14 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 Avec plus de 11 000 entreprises inscrites, 9 672 TPE et patentés éligibles, et 1,7 milliard de francs injectés dans l’économie locale, Sud Pro affiche un bilan 2025 sans appel. À l’heure où la relance économique demeure une priorité, Sud Pro semble s’imposer comme un véritable moteur pour les TPE et les patentés dans la collectivité. Derrière ces chiffres, ce sont des commerces, des ateliers, des activités et des projets relancés, qui témoignent « d’une demande forte, notamment dans les secteurs du commerce, des services, de la production/fabrication et du BTP » précise Charlène Gautier, directrice adjointe de la direction du développement économique et du tourisme, la DDET. Redonner de l’activité et du travail. C’était tout l’enjeu de Sud Pro lancé il y a un peu plus d’un an par la collectivité. Victime de son succès, Sud Pro a dû évoluer dans un contexte particulièrement contraint, marqué par unmanque de données statistiques et de recensements juste après la crise. Reste le bilan : 84 % des entreprises affirment qu’elles n’auraient pas réalisé leurs dépenses sans Sud Pro, et plus de 50 % des prestataires ont découvert de nouveaux partenaires. Un constat encourageant, renforcé par « une consommation locale dynamisée », ajoute Charlène Gautier. Autre impact notable : l’accès facilité à la commande publique qui permet aux prestataires de répondre à des commandes publiques de moins de 10 millions de francs grâce à des démarches simplifiées. Services en tête. L’analyse des dépenses réalisées montre une utilisation massive dans certains secteurs. Les services arrivent en tête, avec plus de 600 millions de francs consommés. Le BTP suit, ce qui reflète les besoins de réparation, de remise en état ou de maintien de l’activité après les destructions et les arrêts de chantiers. Le commerce représente également une part importante, dépassant les 300 millions de francs. Les dépenses liées à la production et à la fabrication, à la santé, au numérique, à l’alimentation ou au tourisme présentent des volumes plus faibles, mais traduisent une utilisation diversifiée du dispositif selon les besoins de chaque entreprise. Les données permettent également de mesurer l’effet circulaire généré par Sud Pro. Sur la base des dépenses déclarées, la plateforme a produit un chiffre d’affaires cumulé de 1,904 milliard de francs, dont environ 225 millions n'ont pas été réglés directement via les Crédisud. Cette différence correspond aux compléments de facturation payés par les entreprises elles-mêmes, signe qu’une partie des transactions initiées grâce au dispositif dépasse le cadre strict de l’aide. SUD PRO, un bilan renforcé ,, 84 % DES ENTREPRISES DÉCLARENT QU’ELLES N’AURAIENT PAS RÉALISÉ LEURS DÉPENSES SANS SUD PRO. Bénéficiaires du dispositif Sud Pro.
Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 15 ACTUALITÉS Le contrôle administratif a permis d’écarter près d’un demi-milliard de francs de factures non conformes, parfois pour des raisons techniques, parfois pour des prestations ne relevant pas des critères du dispositif. Par ailleurs, 45 % des factures validées ont généré un bonus, dont 98 % résultent de transactions entre patentés, ce qui montre une circulation des dépenses dans des circuits économiques de proximité. Cette donnée est particulièrement marquée dans les petites prestations : dépannage, réparation de matériel, micro-services, ventes locales de produits artisanaux. Du côté des prestataires, 2 196 entreprises ont bénéficié d’au moins un paiement via Sud Pro. Le bilan souligne que moins de 5 % du montant total des crédits versés concernent des structures de type patentés ou TPE dans le top 10 des prestataires, ce qui indique que les plus gros volumes se concentrent sur des entreprises disposant d’une capacité plus importante à absorber des commandes multiples. Cela reflète une réalité structurelle : certaines prestations requises par les entreprises clientes (matériel, maintenance spécialisée, réparation lourde) relèvent d’acteurs ayant déjà une place dominante sur le marché, ce qui explique la concentration. Enquête de satisfaction. Réalisée en mai 2025, l’enquête apporte un complément d’information sur la perception du dispositif. 5 198 entreprises ont été consultées, pour 747 réponses complètes, soit un taux de réponse de 14 %. La satisfaction générale est majoritairement positive. Les répondants évaluent favorablement la facilité d’accès à la plateforme, la simplicité des démarches d’inscription et la qualité des échanges avec les équipes provinciales. Ces résultats ne mesurent pas l’impact économique global du dispositif, mais donnent une indication sur son appropriation par les usagers. L’enquête révèle par ailleurs trois données significatives. D’abord, 84 % des entreprises déclarent qu’elles n’auraient pas réalisé leurs dépenses sans Sud Pro. Ensuite, 52 % des entreprises indiquent avoir découvert de nouveaux prestataires grâce à la plateforme, ce qui suggère un effet de diversification des fournisseurs ou de mise en contact entre acteurs qui ne travaillaient pas ensemble auparavant. Enfin, le dispositif a permis une modernisation pour une partie des entreprises : amélioration numérique, renouvellement de matériel ou mise à niveau opérationnelle. Bilan satisfaisant. La structure des dépenses, la répartition géographique, la typologie sectorielle et les résultats de l’enquête convergent vers la même lecture : Sud Pro s’est transformé en un outil de fonctionnement courant pour les petites activités, plutôt qu’en un dispositif ponctuel. L’essentiel des opérations concerne des prestations quotidiennes – services techniques, réparations, achats de matériel, consommables, interventions de proximité –, ce qui correspond aux besoins classiques des TPE et patentés. Le bilan 2025 montre aussi les limites : concentration géographique forte, faible implication de certains secteurs (tourisme, alimentation, agriculture), poids significatif des grands prestataires dans les volumes financiers, dépendance importante à l’aide pourungrandnombred’acteurséconomiques. Ces éléments confirment que Sud Pro joue un rôle d’amortisseur dans un contexte où les entreprises ont dû absorber une baisse d’activité, des destructions matérielles et une instabilité prolongée. EN CHIFFRES 11 052 entreprises inscrites sur la plateforme Sud Pro 9 672 patentés/TPE éligibles aux CrédiSud 7 822 ayant utilisé leurs CrédiSud 1,7 milliard de francs de crédits versés 14 280 factures payées 37% Services BTP Commerce Agriculture et pêche Santé Production/Fabrication Alimentation Numérique Tourisme Finance et assurance 21% 13% 8% 7% 6% 37 % 21 % 13 % 8 % 7 % 6 % 3 % 3 % 2 % 0 %
16 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 Les événements de mai 2024 ont provoqué une déstabilisation importante de l’économie de la collectivité. La baisse de 15 % du PIB, la disparition de plus de 1 000 entreprises et la perte de 11 000 emplois ont entraîné une contraction durable de l’activité. Cette situation s’est accompagnée d’une baisse de 26 % des recettes fiscales, réduisant la capacité des collectivités à maintenir leurs investissements et à soutenir l’environnement économique local. Dans ce contexte, la province Sud met en œuvre un nouveau dispositif intitulé Sud Relance, élaboré autour d’une convention formelle avec Bpifrance. Ce partenariat constitue la base du montage financier. Il repose sur un principe d’agrégation de ressources publiques et privées afin d’accroître le volume de financement accessible aux très petites entreprises et aux petites et moyennes entreprises. L’objectif est d’offrir aux structures fragilisées un outil permettant de relancer leur activité, de renforcer leur trésorerie ou de financer des dépenses nécessaires au redémarrage. Concrètement, pour 1 franc apporté par la Province, Bpifrance ajoute 2,4 francs grâce à son mécanisme de financement. Au total, ce partenariat permet de financer un projet de 6,8 francs. « Chaque franc investi par la Province génère plus du double en financement Bpifrance. C’est un effet levier particulièrement avantageux pour relancer l’économie locale, résume Raphaël Larvor, directeur de la DDET. Dans ce contexte de crises, les banques sont devenues plus exigeantes et beaucoup d’entreprises ont dû puiser dans leur trésorerie. Sud Relance facilitera leur accès au crédit grâce à un cofinancement Province – Bpifrance – banques, avec un taux bonifié de 3,4 % auprès de la Bpi, sans garantie ni frais de dossier ». SUD RELANCE un dispositif appuyé par Bpifrance ,, POUR 1 FRANC APPORTÉ PAR LA PROVINCE, BPIFRANCE AJOUTE 2,4 FRANCS GRÂCE À SON MÉCANISME DE FINANCEMENT. AU TOTAL, CE PARTENARIAT PERMET DE FINANCER UN PROJET DE 6,8 FRANCS. Bénéficiaires du dispositif Sud Pro et Sud Jeunes
Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 17 ACTUALITÉS Sud Retour, ramener les compétences En parallèle, la collectivité active un second dispositif visant à répondre à un autre besoin identifié depuis 2024 : la tension croissante sur le marché du travail. De nombreuses entreprises signalent des difficultés à recruter, y compris dans des métiers techniques, spécialisés ou nécessitant une qualification spécifique. Certaines personnes vivant hors du territoire disposent d’une promesse d’embauche, mais le coût du retour constitue un obstacle. Sud Retour répond à cette problématique. Il s’adresse aux Calédoniens âgés de 18 ans ou plus, ayant résidé au moins dix ans en province Sud et vivant hors du territoire depuis plus d’un an. Dans le cas des métiers classés en pénurie, c’est-à-dire présentant d’importantes difficultés de recrutement, la durée minimale de résidence préalable est réduite à trois ans. « Ce dispositif se veut complémentaire aux autres déjà déployés par la Province pour accompagner l’insertion professionnelle, booster l’économie, créer de l’emploi, et redonner confiance aux Calédoniens », a complété la présidente en Assemblée de province. Les bénéficiaires doivent disposer d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche d’au moins six mois dans une entreprise ayant son siège en province Sud, et ne pas bénéficier d’une autre aide publique à la mobilité. L’aide financée par la collectivité couvre le billet aller simple vers la Nouvelle-Calédonie : 120 000 F CFP pour la personne recrutée et 60 000 F CFP pour chaque membre de sa famille proche l’accompagnant (conjoint ou enfants à charge). Une aide au recrutement est également prévue pour l’employeur, afin d’accompagner l’intégration du salarié dans l’entreprise. Deux formules. Le dispositif prévoit des prêts compris entre 6 et 36 millions de francs, à taux fixe bonifié. Aucun frais de dossier n’est appliqué et aucune garantie n’est exigée. Deux formules sont proposées : un prêt sur cinq ans avec un différé de remboursement d’un an, ou un prêt sur sept ans avec un différé de deux ans. Ces modalités permettent aux entreprises de bénéficier d’un délai avant de commencer à rembourser le capital, ce qui peut faciliter la phase de redémarrage. Les dépenses éligibles concernent l’augmentation du besoin en fonds de roulement liée à un projet de développement, comme l’achat de stock, l’avance de charges ou la constitution d’une trésorerie de transition. Elles incluent également des investissements immatériels liés à la mise aux normes réglementaires, à la formation, au recrutement, à la prospection ou à la communication. Ces choix correspondent à des dépenses courantes observées dans les phases de relance ou de restructuration opérationnelle. Les opérations de restructuration financière, de transmission ou de croissance externe ne sont pas couvertes par Sud Relance. Pour l’instant, Sud Relance ne comporte pas de date de clôture prédéfinie. Il prendra fin sept ans après l’octroi du dernier prêt. Les remboursements effectués par les entreprises reviendront soit à la Province, soit seront réaffectés à d’autres dispositifs construits sur le même modèle de partenariat. Une dotation initiale d’un milliard de francs a été engagée pour lancer le dispositif. Raphaël Larvor, directeur de la direction économique et du tourisme de la province Sud Pourquoi avoir déployé simultanément Sud Relance et Sud Pro, deux dispositifs aux logiques différentes ? Les deux dispositifs répondent à des besoins distincts mais complémentaires. Sud Pro vise à soutenir l’activité courante des TPE et patentés, en facilitant leurs achats et prestations de proximité. Sud Relance intervient sur un autre niveau : il s’adresse aux entreprises qui doivent investir, reconstituer leur trésorerie ou financer une phase de redémarrage plus structurante. L’un agit sur le fonctionnement immédiat, l’autre sur la capacité à se projeter. Que révèle le bilan 2025 de Sud Pro sur l’état du tissu économique en province Sud ? Le bilan montre une utilisation massive du dispositif, avec plus de 80 % des entreprises éligibles ayant mobilisé leurs crédits. Il met aussi en évidence une forte concentration géographique et sectorielle, ainsi qu’une dépendance conjoncturelle à l’aide pour de nombreuses structures. Sud Pro a permis de maintenir des flux économiques, mais il reflète aussi les fragilités persistantes des TPE depuis 2024. Quel est l’enjeu principal de Sud Relance dans ce contexte ? Sud Relance vise à lever un frein identifié depuis la crise : la difficulté à investir malgré des besoins réels. Le partenariat avec Bpifrance permet de mobiliser des financements plus importants, sur des durées adaptées, avec un partage du risque. L’enjeu est de permettre aux entreprises de franchir une étape, au-delà de la gestion du quotidien. 3 QUESTIONS À...
18 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 Avec un budget primitif 2026 de 50,1 milliards de francs, dont 10,4 milliards de francs dédiés à l’investissement (+15 %), une maîtrise des dépenses en fonctionnement et une épargne brute préservée à 8,7 %, la collectivité active tous les leviers pour soutenir les entreprises, l’emploi et les familles. Le budget primitif 2026 confirme un cap clair : maintenir l’effort d’investissement malgré un contexte financier serré, avec 10,4 milliards de francs, soit une hausse de 15. La contrainte reste forte. Adossé à une assiette fiscale prudente, estimée à 98,5 milliards de francs, ce budget 2026 voté en Assemblée de Province (APS) ce jeudi 4 décembre, fait de l’humain une priorité : 54 % des dépenses sont orientées vers l’enseignement, la santé et la protection sociale, tandis que les dispositifs Sud Relance et Sud Retour (voir p. 14) viennent sécuriser l’emploi, faciliter le retour des calédoniens et compléter les dispositifs activés pour une relance concrète et immédiate. Rebondir. La relance n’attend pas. Malgré un contexte économique dégradé et une pression accrue des finances publiques, l’Assemblée de Province a adopté son budget primitif 2026 de 50,1 milliards de francs. Adossé à une assiette fiscale prudente, estimée à 98,5 milliards de francs (incluant les crédits encore mobilisables du prêt garanti par l’État (1 milliard d’euros) et conditionnée au vote du budget de répartition de la NouvelleCalédonie), ce budget 2026 reste fidèle aux orientations de la mandature : « il donne la priorité à l’investissement, à la maîtrise de la masse salariale et à la réduction continue des charges courantes pour préserver la capacité d’action publique et soutenir l’économie locale et l’emploi », a affirmé la présidente Sonia Backès. Investissement renforcé. Pour dynamiser l’activité, sécuriser des centaines d’emplois et soutenir les entreprises locales, la province Sud augmente de 15 % son effort d’investissement, porté à 10,4 milliards de francs. 88 % de cette enveloppe sont concentrés sur sept programmes structurants : l’administration, le réseau routier, les collèges publics, l’habitat, le soutien aux communes, les zones d’aménagement concerté et le soutien à l’investissement privé. En parallèle, la collectivité continue de maîtriser ses dépenses en fonctionnement pour préserver une épargne brute de 8,7 %. Elle poursuit ses efforts pour ajuster le volume des postes budgétaires tout en intégrant : +60 millions de francs de hausse pour la part patronale de la Caisse Locale de Retraite ; +290 millions de francs de revalorisations salariales décidées par la Nouvelle-Calédonie pour les secteurs prioritaires, notamment paramédicaux. Ces orientations budgétaires ont été saluées par l’ensemble des élus, malgré l’urgence d’interpeller l’Etat. « Notre collectivité, nos services et nos directions font tous les efforts possibles pour maintenir à flot ceux qui ont été fortement impactés par les émeutes, mais l’attitude de l’Etat pose questions, et en même temps, nous n’avons pas d’autres alternatives que de garder cette posture-là. Ces inconnues et ce manque de visibilité interrogent mais on ne peut souhaiter que le dialogue avance pour un ASSEMBLÉE DE PROVINCE 50,1 milliards pour relancer, protéger et investir
Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 19 ACTUALITÉS avenir durable et pérenne », a souligné l’élue, Nadine Jalabert. Pour Calédonie Ensemble, « ce choix permet de ne pas aggraver les difficultéséconomiquesdupays,pourprivilégier l’investissement public, seul levier et soutien à l’activité économique du territoire. » Toutefois, le parti s’est abstenu de vote pour « alerter l’Etat sur la situation dramatique de la Nouvelle-Calédonie », estimant que « 2026 sera une année de vérité ». Trajectoire d’équilibre. En 2026, l’enseignement, la santé et la protection sociale concentreront 54 % du budget, soit 25,2 milliards de francs. Un choix politique fort pour « limiter les impacts malgré l’absence de réponse de l’Etat qui pèse sur nos collectivités » a souligné la présidente. En responsabilité, elle a réaffirmé « la volonté de la province Sud de ne pas ajouter de la crise à la crise. » Des investissements essentiels selon l’élue Marie-Jo Barbier, pour qui « sans eux, nous compterions plus de drames humains. Ce sont des centaines d’emplois créés ou préservés. Ce sont des familles qui peuvent encore espérer. » Le budget a été adopté à l'unanimité. Le FLNKS et Calédonie Ensemble se sont abstenus. Révision de l’aide à l’habitat Les événements de mai 2024 ont modifié les conditions de vie des Calédoniens et impacté durablement le marché immobilier, le logement social et l’activité du secteur du bâtiment. Dans ce contexte en APS, la collectivité a adopté une nouvelle stratégie du logement articulée autour de cinq orientations. L’une d’elles concerne la révision des aides individuelles à l’habitat, afin d’adapter les dispositifs aux besoins actuels des ménages et aux contraintes du secteur. Deux dispositifs structurent aujourd’hui l’accession à la propriété : l’AFAPS, qui soutient l’achat d’un logement neuf, et le LAPS, qui combine subvention et accompagnement administratif et technique pour accéder à une villa clé en main. La révision engagée par la collectivité vise à maintenir leur efficacité et à les ajuster aux évolutions du marché. Première évolution : l’ouverture de l’AFAPS à l’achat dans l’ancien, sous condition de rénovation. Les logements construits depuis plus de dix ans deviennent éligibles si l’acquisition s’accompagne de travaux. La subvention est fixée à 1,5 million de francs pour un montant minimal de 2 millions de francs de travaux. Le coût total des travaux n’est pas plafonné. Deuxième évolution : la revalorisation des montants pour les constructions neuves. Les subventions sont ajustées à 2 millions de francs pour l’AFAPS et 2,5 millions de francs pour le LAPS. Troisième évolution : un rééquilibrage de la subvention dédiée aux investissements verts. La part consacrée à ces équipements est ajustée afin de renforcer la subvention principale pour l’acquisition dans le cadre de l’AFAPS. Les bonus restent accessibles à hauteur de 1 million de francs pour le LAPS (trois équipements verts) et 500 000 francs pour l’AFAPS (deux équipements). Quatrième évolution : l’adaptation des plafonds de ressources. Les ménages comptant deux personnes à charge ou plus bénéficient désormais d’un plafond porté à 4 SMG, soit 670 408 francs (novembre 2025). Cinquième évolution : la sécurisation du remboursement des avances remboursables. Depuis 2018, une part de ces avances se trouve en impayés, notamment en terres coutumières. Les bénéficiaires devront désormais fournir une garantie (hypothèque, caution ou attestation d’un organisme de tutelle) afin d’assurer le remboursement et la bonne gestion des fonds publics. L'info en+ ,, EN 2026, L’ENSEIGNEMENT, LA SANTÉ ET LA PROTECTION SOCIALE CONCENTRERONT 54 % DU BUDGET, SOIT 25,2 MILLIARDS DE FRANCS
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