Décembre 2025 | SUD'MAG #31 | 17 ACTUALITÉS Sud Retour, ramener les compétences En parallèle, la collectivité active un second dispositif visant à répondre à un autre besoin identifié depuis 2024 : la tension croissante sur le marché du travail. De nombreuses entreprises signalent des difficultés à recruter, y compris dans des métiers techniques, spécialisés ou nécessitant une qualification spécifique. Certaines personnes vivant hors du territoire disposent d’une promesse d’embauche, mais le coût du retour constitue un obstacle. Sud Retour répond à cette problématique. Il s’adresse aux Calédoniens âgés de 18 ans ou plus, ayant résidé au moins dix ans en province Sud et vivant hors du territoire depuis plus d’un an. Dans le cas des métiers classés en pénurie, c’est-à-dire présentant d’importantes difficultés de recrutement, la durée minimale de résidence préalable est réduite à trois ans. « Ce dispositif se veut complémentaire aux autres déjà déployés par la Province pour accompagner l’insertion professionnelle, booster l’économie, créer de l’emploi, et redonner confiance aux Calédoniens », a complété la présidente en Assemblée de province. Les bénéficiaires doivent disposer d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche d’au moins six mois dans une entreprise ayant son siège en province Sud, et ne pas bénéficier d’une autre aide publique à la mobilité. L’aide financée par la collectivité couvre le billet aller simple vers la Nouvelle-Calédonie : 120 000 F CFP pour la personne recrutée et 60 000 F CFP pour chaque membre de sa famille proche l’accompagnant (conjoint ou enfants à charge). Une aide au recrutement est également prévue pour l’employeur, afin d’accompagner l’intégration du salarié dans l’entreprise. Deux formules. Le dispositif prévoit des prêts compris entre 6 et 36 millions de francs, à taux fixe bonifié. Aucun frais de dossier n’est appliqué et aucune garantie n’est exigée. Deux formules sont proposées : un prêt sur cinq ans avec un différé de remboursement d’un an, ou un prêt sur sept ans avec un différé de deux ans. Ces modalités permettent aux entreprises de bénéficier d’un délai avant de commencer à rembourser le capital, ce qui peut faciliter la phase de redémarrage. Les dépenses éligibles concernent l’augmentation du besoin en fonds de roulement liée à un projet de développement, comme l’achat de stock, l’avance de charges ou la constitution d’une trésorerie de transition. Elles incluent également des investissements immatériels liés à la mise aux normes réglementaires, à la formation, au recrutement, à la prospection ou à la communication. Ces choix correspondent à des dépenses courantes observées dans les phases de relance ou de restructuration opérationnelle. Les opérations de restructuration financière, de transmission ou de croissance externe ne sont pas couvertes par Sud Relance. Pour l’instant, Sud Relance ne comporte pas de date de clôture prédéfinie. Il prendra fin sept ans après l’octroi du dernier prêt. Les remboursements effectués par les entreprises reviendront soit à la Province, soit seront réaffectés à d’autres dispositifs construits sur le même modèle de partenariat. Une dotation initiale d’un milliard de francs a été engagée pour lancer le dispositif. Raphaël Larvor, directeur de la direction économique et du tourisme de la province Sud Pourquoi avoir déployé simultanément Sud Relance et Sud Pro, deux dispositifs aux logiques différentes ? Les deux dispositifs répondent à des besoins distincts mais complémentaires. Sud Pro vise à soutenir l’activité courante des TPE et patentés, en facilitant leurs achats et prestations de proximité. Sud Relance intervient sur un autre niveau : il s’adresse aux entreprises qui doivent investir, reconstituer leur trésorerie ou financer une phase de redémarrage plus structurante. L’un agit sur le fonctionnement immédiat, l’autre sur la capacité à se projeter. Que révèle le bilan 2025 de Sud Pro sur l’état du tissu économique en province Sud ? Le bilan montre une utilisation massive du dispositif, avec plus de 80 % des entreprises éligibles ayant mobilisé leurs crédits. Il met aussi en évidence une forte concentration géographique et sectorielle, ainsi qu’une dépendance conjoncturelle à l’aide pour de nombreuses structures. Sud Pro a permis de maintenir des flux économiques, mais il reflète aussi les fragilités persistantes des TPE depuis 2024. Quel est l’enjeu principal de Sud Relance dans ce contexte ? Sud Relance vise à lever un frein identifié depuis la crise : la difficulté à investir malgré des besoins réels. Le partenariat avec Bpifrance permet de mobiliser des financements plus importants, sur des durées adaptées, avec un partage du risque. L’enjeu est de permettre aux entreprises de franchir une étape, au-delà de la gestion du quotidien. 3 QUESTIONS À...
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