8 | SUD'MAG #31 | Décembre 2025 La province Sud gère l’un des réseaux d’espaces naturels les plus vastes et les plus diversifiés du Pacifique. Vallées isolées, forêts humides, maquis miniers, plateaux calcaires ou zones littorales : ces milieux très différents sont fréquentés chaque semaine par des milliers de visiteurs. Leur accessibilité n’a pourtant rien de spontané. Elle est le résultat d’une politique publique continue : ouverture, entretien, balisage, sécurité, restauration écologique et médiation. Dans les grands parcs sous sa tutelle comme la Rivière Bleue, le parc des Grandes Fougères, ou encore Deva — l’équilibre est permanent. Mieux accueillir, sans surfréquentation; offrir des activités de pleine nature, sans dégrader les milieux ; ouvrir des sentiers, tout en protégeant la faune et les zones sensibles. Les équipes de la collectivité travaillent sur des actions souvent invisibles : contrôle des pistes, signalétique harmonisée, réhabilitation écologique, suivi de fréquentation, gestion des risques incendie. Cette régulation quotidienne permet d’éviter une pression excessive sur des environnements qui ne supporteraient pas un usage libre et massif. « Toute l’année, l’activité est maintenue dans les parcs provinciaux ou sur les sites que nous gérons pour que les Calédoniens puissent en profiter sereinement, tout en respectant les lieux, explique Nicolas Pannier, secrétaire général de la collectivité. Le tourisme est en enjeu économique qui repose sur une équation simple : la préservation et la gestion de la nature. C’est unpatrimoine important et que les Calédoniens affectionnent particulièrement ». Enjeu central. Ainsi, l’ouverture maîtrisée est un enjeu central. Certains accès, comme certaines vallées du Parc de la Rivière Bleue, ne peuvent être parcourus que de manière encadrée. « C’est presque une expédition pour atteindre certains lieux uniques, souligne Axelle, opératrice de Toutazimut dans le Parc. Nous proposons un week-end insolite dans une vallée reculée du parc de la Rivière Bleue, au sein du seul hébergement existant dans le parc. » Depuis plus de dix ans, Toutazimut ouvre les portes du Grand Sud sauvage. Spécialisée dans les excursions écoresponsables, l’entreprise illustre une réalité simple : certains secteurs ne peuvent être visités que sous conditions, avec un professionnel formé, pour limiter les impacts sur les zones de conservation. « Cette logique n’est pas une contrainte : c’est ce qui permet de préserver des milieux d’une grande valeur écologique en faisant appel à des prestataires chevronnés. C’est un tourisme collaboratif qui profite à tous », rappelle Nicolas Pannier. La Province a également structuré des itinéraires patrimoniaux, comme les Itinéraires du Bagne à Prony, où la découverte des vestiges historiques est pensée dans un cadre sécurisé. Plusieurs lieux patrimoniaux font l’objet chaque année d’une attention particulière, comme Fort Téremba. Ici encore, l’objectif est double : transmettre un patrimoine fragile et éviter des dégradations liées à la fréquentation. Les SUR TERRE, gérer, protéger, profiter © Le Chemin des Bagnards, Prony, Charlotte Bertonneau © Petit Chalet de Farino
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