GRATUIT L'ACTUALITÉ DE LA PROVINCE SUD www.sudmag.nc | #032 | Janvier 2026 AU PLUS PRÈS DE CHACUN, LUTTER CONTRE LES DÉSERTS MÉDICAUX
ÉDITO RESPONSABLE DE LA PUBLICATION : Sonia Backès | RÉDACTEUR EN CHEF : Nicolas Pannier | RÉDACTION : Direction de la communication de la province Sud. PHOTOS : Nicolas Bonneau, Fabrice Wenger, Nicolas Petit | MONTAGE : Com'Kris. IMPRESSION : 35 000 exemplaires - EIP Éditions & Impressions du Pacifique, sur du papier géré durablement FSC | ISSN 2497-6903. RETROUVEZ-NOUS EN LIGNE Toute l’actualité de la province Sud à tout moment, disponible sur votre ordinateur, tablette et smartphone : sudmag.nc Dites-nous ce que vous en pensez ! Donnez-nous votre avis sur le SudMag que vous avez entre les mains afin que les prochains numéros répondent toujours à vos attentes. Formulaire en ligne : province-sud.nc/form/suggestion-sudmag Janvier 2026 | SUD'MAG #32| 3 Parler anglais, penser en anglais, étudier en anglais n’est plus un supplément de CV. C’est une opportunité pour travailler, coopérer, entreprendre et rester ici. En lançant les écoles bilingues, la province Sud a choisi de préparer des élèves capables de s’inscrire pleinement dans leur environnement régional. La logique se prolonge avec les dispositifs de mobilité universitaire vers l’Australie. Étudier dans la région, dans des universités de haut niveau, proches géographiquement et culturellement est une stratégie payante pour l’avenir des jeunes Calédoniens. Une façon intelligente de former des compétences utiles ici, adaptées aux besoins locaux, sans couper les jeunes de leur famille et de leur réalité. La question n’est donc plus de savoir s’il faut encourager cette ouverture. Elle est de savoir si l’on peut encore se permettre de ne pas le faire. Le Pacifique avance vite. Les autres pays ont déjà fait ce choix linguistique et académique depuis longtemps. Former une jeunesse bilingue, mobile et ancrée dans sa région, ce n’est pas céder à une mode. C’est préparer la Nouvelle-Calédonie à tenir sa place dans le monde réel. Celui qui parle anglais, juste à côté de chez nous. La présidente de l’assemblée de la province Sud. Le meilleur pour leur avenir
#32La lettre d’information de la province Sud pour rester informé chaque semaine Abonnez-vous en suivant le lien : province-sud.nc/mon-compte SOMMAIRE 4 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 Actualités 5. ZOOM SUR 6. GRAND ANGLE L’offre de soin en 2026, éviter les déserts médicaux 8. L’accompagnement social, un pilier provincial 10. ACTUALITÉS C’est la rentrée, et si on parlait santé ? 12. Les écoles bilingues séduisent 14. Quand les outils remplacent les cahiers 15. Le mentorat provincial, une aventure humaine avant tout 16. La jeunesse comme moteur de reconstruction 18. Brèves 22. VIVRE MA PROVINCE La SEHNC, gardienne vivante de notre mémoire collective 23. Micro-Folie, la culture sans frontières 24. La rencontre : Pierre et patrimoine, un savoir-faire qui résiste à la crise 25. Le portrait : Tiati, le snack familial qui fait du bien à sa commune 26. (RE)découvrir le Parc Provincial Zoologique et Forestier 28. LES PHOTOS DU MOIS 30. LES VIDÉOS DU MOIS Vivre ma Province Grand angle Le mentorat provincial, une aventure humaine avant tout Micro-Folie, la culture sans frontières L’offre de soin en 2026 garde son objectif : éviter les déserts médicaux 6. 15. 23.
Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 5 ZOOM SUR LA PROVINCE SUD ajuste ses aides agricoles Le DISPPAP constitue depuis plusieurs années l’un des principaux leviers provinciaux d’accompagnement du secteur agricole. Il intervient sur les investissements matériels, la modernisation des outils de production et la structuration des exploitations. Les évolutions votées par l’assemblée de province visent à en renforcer l’efficacité opérationnelle. Parmi les principales mesures figure le rétablissement temporaire du cumul entre les aides provinciales et la défiscalisation nationale. Cette possibilité vise à faciliter le montage financier des projets productifs et à encourager la relance de l’investissement. Les modalités de versement sont également simplifiées : lorsque les conditions seront réunies, les aides pourront être versées en une seule fois, afin de soutenir la trésorerie des exploitants au moment de la réalisation des dépenses. Bail agricole. Le dispositif intègre désormais les baux agricoles de courte durée, notamment ceux conclus avec l’ADRAF. La collectivité pourra prendre en charge 30 % des loyers sur une durée de cinq ans, renouvellement compris. Cette évolution vise à sécuriser l’accès au foncier, en particulier pour les exploitants récemment installés ou les porteurs de projets agricoles. Un soutien spécifique est par ailleurs prévu pour les espaces tests agricoles, développés en partenariat avec l’ADRAF, dans le cadre d’appels à projets dédiés à l’installation progressive de nouveaux agriculteurs. Le périmètre des aides exceptionnelles est également élargi : il inclut désormais les situations liées aux troubles sociaux, aux vols, aux dégradations ou aux actes délictuels, afin de permettre une réaction rapide en cas de fragilisation des exploitations. Enfin, l’assiette éligible aux aides est clarifiée et exclut explicitement la taxe générale sur la consommation (TGC). Relance. En parallèle de ces ajustements, la province Sud relance l’activité de la pépinière provinciale de Port-Laguerre, fortement affectée par les événements de 2024. Cet équipement joue un rôle central dans la filière fruitière, en garantissant l’accès à des plants de qualité lorsque l’offre privée est insuffisante, et en assurant la diffusion de variétés sélectionnées. Deux programmes structurants sont engagés. Le premier, un programme d’amplification, vise à sécuriser à l’horizon 2030 la production et la diffusion de matériel végétal répondant à des standards sanitaires et génétiques élevés, au bénéfice des pépiniéristes agréés et des producteurs de plants fruitiers. Le second concerne la création de parcs à bois et de vergers semenciers, destinés à préserver les variétés issues de la Station de recherche fruitière de Pocquereux de l’IAC, aujourd’hui confrontée à des difficultés de fonctionnement. Pour répondre à la demande croissante des professionnels, la province Sud propose d’élargir la liste des produits pouvant être commercialisés par la pépinière de PortLaguerre. Sont concernés les plantules, les marcottes, les semences dépulpées ou non, ainsi que les boutures issues des parcs à bois, semenciers et d’amplification. Cette évolution vise à sécuriser l’approvisionnement local et à accompagner le redémarrage de la filière fruitière. La province Sud a adopté, le 4 décembre dernier, une série d’ajustements de son dispositif de soutien à la politique publique agricole provinciale (DISPPAP). Objectif affiché : adapter les aides aux réalités économiques et foncières actuelles, dans un contexte marqué par les difficultés persistantes rencontrées par les exploitants agricoles et les éleveurs. CE QUI CHANGE Cumul des aides Le cumul entre les aides provinciales et la défiscalisation nationale est rétabli de manière temporaire afin de faciliter le financement des projets productifs. Versement des aides Lorsque les conditions sont réunies, les aides peuvent être versées en une seule fois pour soutenir la trésorerie des exploitants au moment des investissements. Accès au foncier Les baux agricoles de courte durée, notamment ceux conclus avec l’ADRAF, sont désormais éligibles. La province Sud peut prendre en charge 30 % du loyer pendant cinq ans, renouvellement compris. Installation de nouveaux agriculteurs Un soutien spécifique est prévu pour les espaces tests agricoles, en partenariat avec l’ADRAF, dans le cadre d’appels à projets dédiés. Aides exceptionnelles Le périmètre des aides exceptionnelles est élargi. Il inclut désormais les situations liées aux troubles sociaux, aux vols, aux dégradations ou aux actes délictuels. Assiette des aides Les dépenses éligibles aux aides du DISPPAP sont désormais définies hors taxe générale sur la consommation (TGC).
6 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 En 2026, l’offre de soin en province Sud repose sur un réseau structuré de centres médico-sociaux, de services spécialisés et de professionnels répartis sur l’ensemble du territoire provincial. Cette organisation vise à garantir une prise en charge de proximité mise à mal depuis les exactions de mai 2024 et l’exode massif de personnels de santé. Elle vient en complément de l’offre libérale, dans un contexte marqué par de fortes disparités entre l’agglomération du Grand Nouméa et les communes isolées. En Brousse, elle est souvent la seule offre de soin disponibles. La collectivité assure cettemission à travers la Direction provinciale de l’action sanitaire et sociale (DPASS), chargée de proposer une offre médico-sociale accessible aux administrés. Aujourd’hui, « cette offre repose sur 13 centres médico- sociaux (CMS) implantés dans les communes de la Province, un centre de protection maternelle et infantile, un centre de santé affective et sexuelle et un centre de médecine scolaire. », précise Jean-Baptiste Friat, directeur de la DPASS. Ces structures constituent le socle de l’offre publique de soins de proximité et assurent des consultations médicales générales, des soins infirmiers, des interventions paramédicales, « mais aussi des permanences sociales, ce que l’on a tendance à oublier. L’objectif est d’assurer une présence médicale et sociale sur l’ensemble du territoire, en tenant compte des contraintes géographiques et des besoins des populations. C’est un challenge de tous les instants ». Pour les habitants éloignés de l’agglomération nouméenne, la colonne vertébrale de la santé c’est « notre organisation des CMS. Lesquels se retrouvent de plus en plus en position d’opérateurs médicaux uniques à mesure que l’offre libérale médicale se restreint. C’est vrai pour cinq de ces CMS situés en brousse : La Foa, Bourail, Thio, Yaté et l’île des Pins. Ils assurent une permanence des soins en lien direct avec le centre 15, garantissant une réponse médicale, y compris en situation d’urgence. Malheureusement consécutivement aux émeutes et aux difficultés budgétaires, les centres de Thio et de Yaté ne sont plus assez dotés d’agents médicaux et paramédicaux pour garantir un fonctionnement 7 jours sur 7 et 24 sur 24 ». Proposition alternative : consécutivement aux émeutes et aux difficultés budgétaires, sur les sites de Thio et Yaté le fonctionnement est assuré du lundi au jeudi. Afin de garantir au maximum l’équité en matière d’accès au soin dans la collectivité, le maillage territorial est aussi structuré autour de sept unitésprovincialesd’actionsanitaireet sociale. Chaque unité correspond à une zone géographique définie et regroupe les moyens humains et matériels déployés localement. Cette organisation vise également à assurer la continuité des soins et l’accessibilité des services pour l’ensemble de la population, quelle que soit la commune de résidence. L’OFFRE DE SOIN EN 2026, éviter les déserts médicaux ,, CHAQUE UNITÉ FONCTIONNE COMME UN POINT D’ANCRAGE LOCAL, EN LIEN AVEC LES AUTRES ACTEURS DE SANTÉ DU TERRITOIRE Jean-Baptiste Friat, directeur de la DPASS
Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 7 GRAND ANGLE Portrait express Dans un contexte sanitaire fragilisé, l’arrivée de jeunes médecins constitue un renfort concret pour les structures de soins de proximité. Castille Gerbouin, interne en médecine générale, exerce aujourd’hui au centre médico-social de La Foa, où elle intervient au plus près des habitants. Lors du concours de l’internat, la jeune femme choisit la spécialité médecine générale – Océan Indien. Elle effectue un premier semestre à La Réunion, puis à Mayotte, découvrant des contextes de soins marqués par l’isolement, la diversité des pathologies et la gestion fréquente des urgences. « Ce sont des stages très formateurs, qui obligent à s’adapter », souligne-t-elle. L’idée de venir en Nouvelle-Calédonie s’impose ensuite. Après des démarches administratives longues, elle intègre le CMS de La Foa et y découvre une pratique exigeante, mêlant médecine générale et urgences. « Les patients consultent souvent tardivement, avec des situations plus complexes. C’est médicalement très riche », observe-t-elle. Son installation est facilitée par le dispositif d’accueil de la province Sud, qui prend en charge une partie du transport, du logement et de l’installation. « Tout a été organisé dès notre arrivée, ce qui permet de se concentrer pleinement sur le travail », précise-t-elle. Présente jusqu’à fin avril, la jeune femme poursuivra ensuite son internat. Cette expérience en province Sud lui aura permis de travailler au sein d’équipes investies et de découvrir un territoire confronté à un besoin réel de professionnels de santé. Réalité géographique. L’offre de soin en province Sud s’organise en tenant compte des réalités géographiques, démographiques et d’accessibilité propres à chaque commune. Ce maillage territorial, renforcé par des programmes de rénovation et de modernisation – notamment à Thio, Bourail et à l’île des Pins – permet de prévenir les déserts médicaux en brousse et de garantir un accès aux soins équitable en dehors du Grand Nouméa. Dans les zones isolées, les centres médicosociaux assurent, en plus des consultations programmées, des astreintes d’urgence permanentes. Dans ces communes, les équipes médicales et paramédicales peuvent intervenir également à domicile lorsque la situation des patients le nécessite. Ces déplacements contribuent à maintenir une offre de soins de proximité, notamment en Brousse, dans des zones où les distances et les contraintes peuvent devenir problématiques. Dans l’agglomération du Grand Nouméa, les centres médico-sociaux de Nouméa, Dumbéa, Païta et du Mont-Dore proposent des consultations médicales et paramédicales en journée. Ils assurent également des permanences sociales et accueillent des services spécialisés, notamment dans les domaines de la santé familiale, de la santé affective et sexuelle, de la protection maternelle et infantile et de la médecine scolaire. Cette organisation repose sur une articulation entre les différents niveaux de prise en charge. « Nos centres médico-sociaux interviennent en complémentarité avec les structures hospitalières, les professionnels de santé libéraux et les prestataires conventionnés bien évidemment. Cette coordination permet d’orienter les patients vers les dispositifs adaptés à leur situationmédicale ou sociale. Même si la situation peut souvent paraitre critique, nous mettons tout en œuvre pour faciliter l’accès aux soins », rappelle Jean-Baptiste Friat. Mont-Dore Sud : la santé revient au plus près Ici, l’accès aux soins n’est plus une abstraction. Depuis le 1er décembre, la province Sud a renforcé l’offre médicale au Mont-Dore Sud avec de nouvelles consultations publiques, déployées entre l’Espace Santé de la Corniche et le centre de Plum. Un renfort attendu, dans une zone fragilisée par le départ de plusieurs médecins libéraux. L’arrivée du Dr Jean-François Hevin, premier médecin public à s’installer dans le secteur, marque une étape concrète pour rétablir une médecine de proximité. Derrière ce dispositif, une ligne claire : garantir la continuité des soins pour les habitants et soutenir les professionnels de santé qui tiennent le territoire au quotidien. Une réponse pragmatique, visible, et surtout essentielle pour les familles du Mont-Dore Sud.
8 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 L’accompagnement social constitue un pilier à part entière de l’offre médico-sociale déployée par la collectivité. Il repose sur un réseau de professionnels présents dans l’ensemble des centres médico-sociaux, assurant un accueil de proximité et un suivi des publics en situation de fragilité sociale, sanitaire ou administrative. Les assistants de service social interviennent en lien étroit avec les équipes médicales afin de proposer cette prise en charge globale des situations rencontrées. Cet accompagnement vise en premier lieu à faciliter l’accès aux droits. Les usagers sont soutenus dans leurs démarches administratives liées à l’aide médicale, aux prestations sociales, aux aides aux personnes âgées ou aux bourses scolaires. Constitution des dossiers, explication des dispositifs existants et orientation vers les services compétents… Les professionnels apportent un appui qui permet souvent de lever des freins déterminants dans l’accès aux soins et à la prise en charge sociale. Écoute active. Au-delà du traitement des demandes, l’accompagnement social repose également sur une écoute active et une évaluation des situations individuelles. Les assistants de service social analysent les difficultés rencontrées par les personnes ou les familles, qu’elles soient liées à la santé, au logement, à la précarité financière ou à l’isolement. Ils assurent un rôle de médiation entre les usagers et les institutions, et coordonnent les interventions avec les autres acteurs médico-sociaux du territoire. L’ACCOMPAGNEMENT SOCIAL, un pilier provincial ,, L’ACCOMPAGNEMENT SOCIAL PERMET SOUVENT DE LEVER DES FREINS À L’ACCÈS AUX SOINS Des agents spécialisés Le CMS de Païta, l’un des douze centres médicaux et sociaux de la province Sud, est référent pour la prise en charge de la gale, de la tuberculose et du RAA. Ses agents spécialisés travaillent en étroite collaboration avec la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (DASS) et l’Agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie afin de renforcer la lutte contre ces maladies et de mettre en place des actions de prévention efficaces auprès de la population. Des cas récents de gale rapportés dans des écoles et établissements (ex. > 15 cas en 2025), montrant une circulation persistante. Concernant la tuberculose, la moitié des cas est localisée en province Sud (env. 7,9 cas pour 100 000 habitants en 2021). Le rhumatisme articulaire aigu (RAA) peut conduire à une cardiopathie rhumatismale chronique. Cette pathologie touche particulièrement les enfants et les adolescents. Dépister et soigner ces maladies sont les missions du CMS de Païta.
Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 9 GRAND ANGLE Qui fait quoi en matière de soins? • Province Sud : organisation et gestion des CMS, soins de proximité, prévention, action médico-sociale, aides à l’installation et à la mobilité sanitaire. • Professionnels libéraux : soins de premier recours, permanence des soins sur l’agglomération, complémentarité avec l’offre publique. • Partenaires institutionnels (CHT et clinique) : plateaux techniques spécialisés et coordination des parcours complexes. Articulation avec les professionnels libéraux L’action provinciale repose sur une logique de complémentarité, indispensable à l’équilibre et à la résilience du système de soins par la promotion de la création de groupement de professionnels de santé libéral et dans certains cas de structures hybrides public/ privé (comme au Mont-Dore Sud). Pour la DPASS, l’installation des professionnels de santé doit être l’affaire de tous sur un village ou une commune. Les professionnels de santé doivent se sentir accueillis et en sécurité tant pour leurs biens que pour leur personne. L’action sociale s’inscrit aussi dans une logique de prévention et de veille sociale. Les équipes sont mobilisées pour repérer les situations de vulnérabilité, prévenir les ruptures de parcours et orienter les personnes vers des dispositifs adaptés avant que les difficultés ne s’aggravent. Cet accompagnement peut s’effectuer au sein des centres médico-sociaux, mais également par téléphone ou lors de déplacements à domicile, afin de s’adapter aux contraintes de mobilité des usagers. Enfin, l’accompagnement social est étroitement articulé avec les actions de prévention et de promotion de la santé menées par la province Sud. Il s’appuie sur les dispositifs d’écoute psychologique de proximité, les actions collectives de prévention et les partenariats avec les structures associatives et institutionnelles. « Cette coordination permet d’assurer une prise en charge plus globale des situations, en intégrant les dimensions médicales, sociales et familiales, dans une logique de continuité du service public médico-social sur l’ensemble de la collectivité », précise Christophe Bergery, secrétaire général adjoint de la province Sud. © Le Chemin des Bagnards, Prony, Charlotte Bertonneau Jean-Baptiste Friat, Directeur de la DPASS Comment s’organise aujourd’hui l’accès aux soins pour les habitants des zones les plus éloignées? L’accès aux soins dans notre collectivité repose sur un objectif d’équité territoriale. Où que l’on vive en province Sud, l’enjeu est que chacun puisse accéder à des soins de qualité, dans des délais raisonnables et dans des conditions dignes. Nous gérons aujourd’hui un maillage de 13 Centres Médico-Sociaux (CMS), de Bourail à l’île des Pins. Ces structures ne sont pas de simples dispensaires : ce sont de véritables pôles de santé pluridisciplinaires, associant médecins, infirmiers, sages-femmes, professionnels du social et des vacataires spécialisés (cardiologue, gérontologue…). Nous travaillons également sur la mobilité des soins. Pour les tribus et les populations les plus isolés, nous organisons des visites médicales avec une logique d’aller vers l’usager. Cette approche est nécessaire pour les publics les plus fragiles ou les plus éloignés des infrastructures. Enfin, la Province a engagé un virage numérique avec le déploiement expérimental de la télémédecine et de la téléexpertise. Ces outils permettent de connecter un patient suivi en CMS avec un spécialiste du centre hospitalier de Nouméa ou du secteur libéral, de sécuriser les diagnostics, de limiter les transferts longs et coûteux, d’améliorer la continuité des parcours de soins et au final sa prise en charge et son confort de vie. Quels dispositifs existent pour accompagner l’installation et l’exercice des professionnels de santé en Nouvelle-Calédonie? Attirer et fidéliser des professionnels de santé est aujourd’hui un défi mondial. La Province a fait le choix d’une stratégie volontariste et compétitive, reposant sur deux piliers complémentaires. Le premier concerne les incitations financières et logistiques. La Collectivité propose notamment des primes à l’installation pouvant atteindre 6 millions de francs pour les médecins libéraux s’installant dans des zones sous-dotées, en brousse ou dans certains quartiers identifiés comme déficitaires, comme Katiramona. Ces aides sont versées sur 36 mois, en contrepartie d’engagements précis en matière de temps de travail et de participation à la permanence des soins. Nous développons également des aides dédiées aux autres professionnels de santé : infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes… Enfin des bourses sont également dédiées aux étudiants en santé, assorties d’un engagement de service en province Sud, afin d’anticiper les besoins futurs. En quoi consiste le deuxième pilier ? Le deuxième pilier porte sur le confort et les conditions d’exercice. Les professionnels ne souhaitent plus exercer seuls et isolés. Nous favorisons donc le travail en équipe, au sein des CMS, et encourageons les regroupements en maisons de santé libérales. À cela s’ajoutent des partenariats universitaires, notamment avec des facultés métropolitaines comme Bordeaux, pour accueillir des internes, développer les stages en Nouvelle-Calédonie et renforcer l’attractivité du territoire auprès de praticiens francophones. 3 QUESTIONS À...
10 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 La rentrée marque le retour des rythmes scolaires, des emplois du temps millimétrés, des cartables trop lourds et des agendas familiaux qui se remplissent à grande vitesse. Elle signe aussi un moment clé pour s’intéresser à la santé des enfants… En province Sud, cette attention portée à la santé commence dès l’école. La médecine scolaire constitue un dispositif central de suivi et de prévention, inscrit dans la durée et déployé sur l’ensemble du territoire. « Elle intervient à des moments précis de la scolarité, notamment en grande section de maternelle et en CE1, deux étapes considérées comme structurantes dans le développement de l’enfant, explique le Dr Anne Poirier, médecin scolaire de la province Sud. En 2025, nous avons pu proposer une visitemédicale àprès de 5 000 enfants scolarisés en province Sud et environ 2 000 en 6e, dans le cadre d’un projet-pilote d’une consultation supplémentaire à l’entrée au collège. Nous avons décidé d’étendre le dispositif à l’ensemble des 6e. Je précise que ces consultations ont lieu aussi bien dans le public que dans le privé ». Ces consultations permettent d’évaluer le développement global de l’enfant avant son entrée à l’école élémentaire. Vision, audition, croissance, langage, comportement : les bilans offrent une photographie de la santé de l’enfant à un âge charnière. « L’objectif n’est pas de poser des diagnostics lourds, mais d’identifier d’éventuelles difficultés et d’orienter, si nécessaire, vers des professionnels ou des structures adaptées, explique le Dr Poirier. En CE1, ce second temps fort permet de mesurer l’impact de l’entrée dans les apprentissages fondamentaux sur la santé de l’enfant. Fatigue, troubles de la vision, difficultés de concentration ou de langage peuvent apparaître ou se confirmer à cet âge ». Les consultations réalisées en CE1 constituent ainsi un levier de prévention important, en lien étroit avec les familles et les équipes éducatives. Parler santé. Ces dispositifs ne sont pas anecdotiques. Ils s’inscrivent dans une logique de repérage précoce, afin de limiter les ruptures de parcours et de favoriser l’égalité d’accès à la santé dès le plus jeune âge. « C’est aussi un moyen pour nous de rappeler à l’enfant qu’il a des droits, notamment au respect de son corps. Nous lui offrons un espace où il peut s’exprimer sur ses inquiétudes dans la famille, sur sa santé, son sommeil ou ses C’EST LA RENTRÉE, et si on parlait santé?
Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 11 ACTUALITÉS conditions de vie. C’est un espace de paroles avant tout » rappelle le docteur. Mais parler santé à la rentrée ne concerne pas uniquement les enfants. Pour les parents aussi, cette période est souvent celle où l’on prend conscience de ce qui a été repoussé pendant les vacances : « un rendez-vous médical non pris, un suivi interrompu, une fatigue persistante. Les centres médico-sociaux de la province Sud constituent alors une porte d’entrée de proximité pour reprendre contact avec le système de soins, rappelle Jean-Baptiste Friat. La rentrée est aussi un moment propice pour s’informer et prévenir. Nutrition, sommeil, écrans, activité physique, santé affective : autant de sujets qui concernent les enfants, les adolescents et les adultes, et pour lesquels des actions de prévention sont menées tout au long de l’année ». Ces interventions peuvent prendre la forme de sensibilisation en milieu scolaire, de consultations dédiées ou de temps d’échange avec des professionnels de santé. Accompagnement social. De la petite section à l’école élémentaire, de la consultation médicale au suivi social, l’objectif reste le même : permettre à chaque enfant d’accéder à un professionnel de santé ou éducatif, adapté à son âge, à sa situation et à son lieu de vie. « En 2026, l’équipe va d’ailleurs se renforcer avec, nous l’espérons, un nombre de médecins suffisants pour être encore plus attentifs aux demandes et besoins de nos jeunes patients. En plus des visites, nous allons pouvoir proposer des rattrapages notamment pour les vaccinations. Nous avons à cœur de nous assurer que chaque enfant puisse rencontrer au moins une fois le médecin avant la 5e, explique le Dr Anne Poirier. De manière plus difficile aussi, nous sommes amenés à recueillir la parole d’enfants qui subissent des violences physiques ou morales majeures. La protection de l’enfance est une large partie de notre travail. Cela concerne des enfants maltraités, en situation de carence de soins ou éducative ». Parce que la rentrée n’est pas seulement scolaire ou professionnelle. C’est aussi un temps pour se recentrer, prendre soin de soi et de sa famille, et rappeler que la santé n’est pas un sujet à traiter uniquement quand quelque chose ne va pas. Parfois, elle commence simplement par une question posée au bon moment. Les 10 conseils santé pour réussir sa rentrée. 1. Reprendre un rythme de sommeil régulier Après les vacances, le corps a besoin de retrouver des horaires stables. Se coucher et se lever à heures fixes, y compris le week-end, aide à limiter la fatigue, améliore la concentration et soutient l’immunité, chez les enfants comme chez les adultes. 2. Ne pas repousser les bilans de santé La rentrée est un bon moment pour reprendre rendez-vous : médecin traitant, suivi gynécologique, contrôle de la vue ou de l’audition, vaccinations. Anticiper évite l’accumulation de petits problèmes laissés de côté. 3. Être attentif aux signaux chez les enfants Fatigue inhabituelle, maux de tête, difficultés de concentration ou troubles du sommeil peuvent apparaître avec la reprise scolaire. En parler tôt permet d’éviter que ces signaux ne s’installent dans la durée. 4. Soigner l’alimentation dès le matin Un petit-déjeuner équilibré aide à stabiliser l’énergie sur la matinée. Fruits, produits céréaliers, protéines et hydratation sont des alliés simples pour mieux démarrer la journée, à tout âge. 5. Limiter progressivement les écrans La rentrée est l’occasion de réajuster le temps passé devant les écrans, surtout le soir. Réduire l’exposition avant le coucher améliore le sommeil et la récupération, chez les enfants comme chez les adultes. Et surtout, jamais le matin ! 6. Bouger un peu chaque jour Pas besoin de performance sportive. Marcher, pédaler, jouer dehors, prendre les escaliers : l’activité physique régulière participe à l’équilibre physique et mental, et réduit le stress du quotidien. 7. Ne pas négliger la santé mentale La reprise peut être source de pression. Fatigue, anxiété ou découragement ne doivent pas être banalisés. Parler, demander conseil ou consulter fait partie intégrante de la santé. 8. Faire le point sur les démarches sociales La rentrée est aussi un moment clé pour vérifier ses droits : aide médicale, prestations sociales, bourses scolaires. Se renseigner tôt permet d’éviter les urgences administratives plus tard dans l’année. 9. Prendre le temps de prévenir plutôt que guérir Actions de prévention, consultations de suivi, conseils de professionnels : anticiper reste le moyen le plus efficace de préserver sa santé sur la durée. 10. Accepter de ne pas être parfait La rentrée n’a pas besoin d’être irréprochable. Retrouver un équilibre se fait progressivement. Prendre soin de sa santé, c’est aussi savoir ajuster, lâcher prise et avancer à son rythme.
12 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 ACTUALITÉS Investie dans l’éducation du premier degré, la province Sud en fait une priorité majeure. Dans un environnement régional majoritairement anglophone, la collectivité a souhaité affirmer sa volonté de doter les élèves des compétences linguistiques nécessaires pour s’intégrer, communiquer et s’épanouir dans le Pacifique et audelà. Et parce que la maîtrise des langues est un levier essentiel de réussite, d’insertion et d’ouverture, la province Sud a lancé en 2020 le dispositif École bilingue, avec des objectifs clairs : contribuer à l’intégration des Calédoniens dans leur environnement régional anglophone et leur offrir une ouverture renforcée sur le monde ; accompagner les enseignants engagés dans le dispositif dans la mise en œuvre d’un enseignement de l’anglais de qualité. Bilan positif. Aujourd’hui, le dispositif affiche un bilan particulièrement positif : 12 écoles bilingues sont réparties sur les communes de Nouméa, Païta, Dumbéa, Mont-Dore et Boulouparis. Le dispositif s’appuie sur l’engagement de 125 enseignants bilingues, qui peuvent bénéficier de périodes d’immersion en écoles australiennes afin d’enrichir leurs pratiques professionnelles. En 2023 et 2024, 21 enseignants et 3 directeurs ont ainsi bénéficié d’une immersion d’un mois au sein des établissements Camberwell Primary School et Caulfield Junior College à Melbourne. Ces enseignants, désormais personnes ressources, partagent leurs savoir-faire et accompagnent l’ensemble des équipes du dispositif. À l’issue d’une période de suspension en 2025, les échanges entre enseignants calédoniens et australiens seront relancés en 2026. Au fil des années, la province Sud a souhaité renforcer et diversifier son plan de formation à destination des enseignants du dispositif et de ceux souhaitant l’intégrer. C’est dans cette optique que l’assemblée de province a adopté, le 4 décembre 2025, un partenariat renforcé avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et le Vice-rectorat, afin de consolider la continuité pédagogique entre le premier et le second degré. LES ÉCOLES BILINGUES séduisent Cap sur 2026 « Enseigner en anglais et enseigner l’anglais » : telle est l’ambition portée par la Collectivité à travers cette initiative. Les enseignants seront formés pour répondre à ces deux exigences complémentaires, au sein d’un curriculum pensé comme un continuum de formation, du primaire jusqu’à la fin du secondaire. Au-delà des bénéfices éducatifs, cette convention constitue un levier majeur pour favoriser l’intégration des élèves calédoniens dans un contexte anglophone, en soutenant leur insertion sociale, culturelle et professionnelle dans le Pacifique Sud. Les échanges culturels seront encouragés, participant pleinement à la construction de la citoyenneté des élèves. Fin 2025, les écoles primaires ont célébré dans toute la collectivité le Graduation day
14 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 Commandée par la province Sud, une campagne archéologique réalisée par l’IANCP (l’Institut d’Archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique) sur le site du bagne de l’Île-Nou à Nouville, a eu lieu en fin d’année 2025. Une trentaine d’étudiants de première année d’histoire de l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) ont été pour la première fois associés à ce type d’opération. Les fouilles du bagne de l’île Nou ont permis pendant 7 semaines de réaliser de nombreuses découvertes enrichissant la compréhension du patrimoine local. Parmi les étudiants qui ont participé à cette campagne à raison de 8 séances de deux heures, Auguste, en 1re année d’histoire à l’UNC, explique que cette « expérience est allée bien au-delà d’un TD (ndlr : travail dirigé). C’est une expérience irremplaçable. Ces fouilles m’ont permis d’aller au-delà de la compréhension de l’histoire qui est enseignée en cours. Cela m’a tellement plu, que je pense m’orienter vers l’archéologie ». Des objets découverts. Encadrés par l’équipe de l’Institut d’Archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique, les étudiants, répartis en équipes, ont participé à des relevés de vestiges et à des sessions de fouilles. Equipés de truelles, de petites pelles et de pinceaux pour le dégagement et le nettoyage des objets trouvés, les étudiants ont déplacé « un volume considérable de terre répartis en 34 monticules » précise Auguste, « des vestiges variés comme des clous, des bouteilles parfois entières et des restants de briques qui attestent de productions locales ou d’importations françaises ». Des objets qui vont ensuite être répertoriés, étudiés et conservés par l’IANCP. Travail collaboratif. Pour marquer la fin de cette période de travail archéologique, un moment de convivialité a été organisé. Un goûter avec les étudiants a permis de remercier l’ensemble des partenaires pour la concrétisation du projet : l’IANCP, l’AssociationTémoignage d’un Passé (ATUP), l’UNC et la province Sud. Un dernier rassemblement qui a souligné l’importance de ces collaborations en recherche archéologique et valorisation du patrimoine en Nouvelle-Calédonie, tout en offrant aux étudiants une leçon d’histoire sur le terrain. QUAND LES OUTILS remplacent les cahiers ,, CES FOUILLES M’ONT PERMIS D’ALLER AU-DELÀ DE LA COMPRÉHENSION DE L’HISTOIRE QUI EST ENSEIGNÉE EN COURS. Auguste, 1ère année d’histoire à l’UNC
Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 15 ACTUALITÉS C’est l’un des plus beaux dispositifs portés par la province Sud, un élan collectif qui donne à la jeunesse toutes ses chances de réussir. Le mentorat, déployé en collaboration avec l’association Télémaque, avance et avec enthousiasme. Après trois années riches d’enseignements et de belles histoires humaines, il est renouvelé et renforcé pour 2026. Le 10 décembre dernier, les mentors se sont retrouvés au centre administratif de la province Sud pour dresser le bilan de l’année 2025. Une rencontre avec une invitée d’envergure : Émilie Geneste, responsable nationale du mouvement Télémaque. Cette dernière a salué l’engagement exemplaire des mentors pour accompagner chaque jeune dans la découverte de son potentiel. En ouvrant la rencontre, le 2e vice-président de la Collectivité a tenu à remercier chaleureusement les mentors, les équipes provinciales et l’association Télémaque, soulignant que « ce projet est un vrai ascenseur social. Il s’inscrit pleinement dans nos objectifs jeunesse. Aujourd’hui, nous constatons que les familles et les élèves s’approprient ce mentorat, et que nos craintes initiales s’estompent. Nous pouvons être fiers de ce dispositif, qui est l’un des plus beaux que nous ayons mis en place ». Voir grand. Lancé en 2023, le mentorat s’adresse aux collégiens dès la classe de 5e, un moment-clé de leur scolarité. L’objectif est clair : accompagner des jeunes motivés, encourager leur excellence, les aider à tracer leur voie et à se projeter dans un avenir professionnel riche d’opportunités. Émilie Geneste n’a pas caché sa joie de rencontrer les mentors calédoniens. Pour elle, « le mentorat, c’est d’abord une aventure humaine et je suis ravie de partager ces expériences avec vous. Il me tardait de vous rencontrer ici à la province Sud, qui est la seule collectivité à porter ce dispositif, et Télémaque est là pour accompagner ses partenaires et les aider à adapter le mentorat aux réalités du terrain, toujours dans l’optique de créer des parallèles entreprise-école ». Pépites. Initiateur du projet, Christophe Bergery, secrétaire général adjoint de la province Sud, en charge du pôle développement et épanouissement de la personne Sud, a insisté sur l’importance de ce temps d’échange qui « permet d’identifier les difficultés, mais aussi les pistes d’amélioration pour faire évoluer ce dispositif que nous allons renouveler. Notre objectif est clair : renforcer cette belle dynamique. » Une dynamique également saluée par Christel Berger, chargée de mission reconversion et mentorat qui révèle que « malgré les obstacles, le programme avance et révèle ses pépites ». Amélioration de l’accompagnement dans la durée, optimisation du recrutement des jeunes, ou encore mise en place d’ateliers pour travailler la curiosité, l’estime de soi, la confiance et les forces de nos jeunes… au cours de cette rencontre, les mentors ont partagé leurs expériences, leurs besoins et leurs idées pour aller plus loin. LE MENTORAT PROVINCIAL, une aventure humaine avant tout LE MENTORAT PROVINCIAL EN CHIFFRES 2023 lancement du dispositif en province Sud dans les collèges François Ollivaud (Portes-de-Fer) et Jean-Fayard de Katiramona à Dumbéa En 2025 10 mentors bénévoles pour 7 jeunes et 3 rematchings Promo 2023 11 jeunes (5 filles et 6 garçons) Promo 2024 8 jeunes (5 filles et 3 garçons) Promo 2025 7 jeunes (6 filles et 1 garçon) Pour plus d’informations contactez Christel Berger : christel.berger@province-sud.nc
16 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 En pleine période d’incertitude, Toan Tran et Maëva Meunier, gérants de l’agence D’CLIC IMMO, font le pari de la confiance et de la formation. Soutenus par le dispositif Sud Jeunes, ils misent sur la jeunesse calédonienne pour bâtir un modèle d’entreprise local et profondément humain.Les recrutements d’Éléanora Toukiman, de Delhya Gouassem et de Lindsey Boyer, grâce au dispositif Sud Jeunes, en sont la preuve : des parcours transformés par l’écoute, l’opportunité et la foi en la jeunesse pour bâtir l’avenir. Toan Tran et Maëva Meunier fondent D’CLIC IMMO en 2014. Leur ambition : « Créer une entreprise à taille humaine, ancrée dans le territoire, et faire de l’immobilier un service de proximité, accessible à tous, quel que soit son parcours ou son origine ». Avec près de 17 collaborateurs et des activités couvrant la vente, la location et le syndic de copropriété, Toan et Maëva ont consolidé leur ancrage au fil des années, jusqu’à faire de D’CLIC IMMO la première agence calédonienne à disposer de trois établissements : Ducos, Païta et, dès 2026, Magenta. Mais les événements de mai 2024 bouleversent cet équilibre. Plutôt que de céder au découragement, Toan et Maëva choisissent d’agir. « Il fallait redonner confiance. Notre priorité a été de continuer à embaucher, à investir et à former », confie Toan. C’est dans cet esprit que l’agence découvre Sud Jeunes, « un soutien décisif, un souffle économique et social qui nous a permis de recruter, de transmettre et de croire en la jeunesse ». Le déclic de la confiance. Éléanora Toukiman, Delhya Gouassem et Lindsey Boyer font partie de ces jeunes Calédoniennes déterminées à avancer, en quête de stabilité et d’ouverture professionnelle. « Juste après mes études, jeme souviens avoir envoyé des dizaines de candidatures, sans réponse », raconte la première, diplômée d’un BTS Comptabilité et Gestion, qui a dû enchaîner les petits boulots de serveuse et de livreuse pour tenir bon. Lindsey, quant à elle, revenait d’un LA JEUNESSE comme moteur de reconstruction ,, GRÂCE À SUD JEUNES, J’AI PU RENOUER AVEC LE MONDE DU TRAVAIL, RENFORCER MA CONFIANCE ET ÉLARGIR MES COMPÉTENCES. C’EST UNE CHANCE ». Delhya Gouassem, 29 ans. bénéficiaire du dispositif Sud Jeunes.
Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 17 ACTUALITÉS congé de maternité. Après plusieurs années dans l’administratif elle souhaitait donner un nouvel élan à sa carrière, « plus orientée vers le contact humain, la négociation et la polyvalence ». Pour Delhya Gouassem, malgré une solide expérience dans l’administration, le secrétariat et la vente, la recherche d’emploi s’était prolongée sans succès. Puis viennent les événements de mai 2024. Le moral en prend un coup, le marché de l’emploi s’effondre. Et pourtant, c’est aussi à ce moment-là qu’une porte s’ouvre : celle de D’CLIC IMMO, à travers le dispositif Sud Jeunes. « J’ai découvert le dispositif Sud Jeunes grâce à ma conseillère de la Direction de l’emploi et du logement. Le concept m’a immédiatement séduite, car il favorise l’intégration professionnelle tout en offrant un vrai accompagnement, à la fois pour le salarié et pour l’employeur », confie Delhya. Formationspersonnalisées, accompagnement bienveillant, équipe à l’écoute… Grâce à Sud Jeunes et D’CLIC IMMO, les nouvelles recrues sont passées d’une situation précaire à un emploi stable. Aujourd’hui pleinement épanouies au sein de l’agence immobilière, Éléanora et Lindsey sont conseillères location, tandis que Delhya Gouassem exerce comme gestionnaire administrative et commerciale. « J’ai appris un métier, j’ai repris confiance », souligne la jeune femme. « J’ai vu là une opportunité de reconversion enrichissante. Sud Jeunes et D’CLIC IMMO m’ont donné la chance de changer de voie professionnelle tout en étant accompagnée et valorisée », explique Lindsey. « Grâce à Sud Jeunes, j’ai pu renouer avec le monde du travail, renforcer ma confiance et élargir mes compétences. C’est une chance », ajoute Delhya. Ensemble. À travers Sud Jeunes, leur histoire illustre la philosophie de D’CLIC IMMO : « Investir dans la jeunesse calédonienne et servir d’ascenseur social, parce que notre entreprise est ouverte à tous les profils, sans discrimination, où la valeur du travail, la motivation et l’honnêteté sont les seuls critères », souligne Toan Tran. Pour les jeunes recrutées, cette rencontre a changé bien plus qu’un quotidien. Aujourd’hui, elles se sentent utiles et fières de travailler dans une agence locale. Elles ont trouvé la stabilité et souhaitent continuer à apprendre, évoluer et, un jour, former d’autres jeunes, comme l’agence l’a fait pour elles. Toutes les trois sont convaincues que leurs parcours Sud Jeunes à D’CLIC IMMO est un exemple de passerelle entre les études, l’expérience acquise et la construction d’un avenir durable. Aujourd’hui, D’CLIC IMMO continue d’avancer, de recruter et de former. Éléanora, Lindsey et Delhya poursuivent leur apprentissage, pleines d’envie et d’ambition. Ensemble, ils prouvent que la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie passera par l’investissement et la formationde sa jeunesse.
18 | SUD'MAG #32 | Janvier 2026 La présidente de l’assemblée de la province Sud, accompagnée de la présidente de la commission de l'enseignement, a rencontré les étudiants bénéficiaires du dispositif provincial d’aide à la mobilité universitaire vers l’Australie. Ce dernier a pour objectif d’accompagner financièrement les étudiants dans leur parcours de formation, de leur permettre de s’ouvrir à l’international, puis de revenir sur le territoire dotés de compétences solides et directement mobilisables. Les étudiants s’envoleront vers différentes universités pour suivre des formations qui répondent directement à certains besoins du territoire, notamment dans les domaines de la mine, de l’énergie, de la gestion des ressources naturelles, ou encore de l’innovation et des nouvelles technologies. MOBILITÉ UNIVERSITAIRE La Province investit dans l'avenir de la jeunesse Plus d’une centaine de personnes avaient participé à ce rendez-vous devenu incontournable au fil des ans. Un rendez-vous qui avait rassemblé en fin d’année des personnes en situation de handicap aussi bien physique que mental. On retiendra de ces deux jours : des rires, de l’effort, du partage et beaucoup de communication. Accueillis dès le jeudi après-midi par les agents provinciaux du CAP et de la Direction de la culture, de la Jeunesse et des sports, les participants se sont rendus sans attendre sous le faré du centre pour assister à une pièce de théâtre intitulée Le malade imaginaire, interprété par Sam Kagy et Lucie Dorio de la compagnie « Le Chapitô ». Cet accueil culturel a permis de lancer les festivités. En début de soirée, après le partage d’un dîner, un grand karaoké a permis de mettre l’ambiance et de partager un moment de joie collective. La soirée s’est clôturée en musique avec la chanteuse Tyssia, histoire de reposer les esprits pour se préparer aux épreuves sportives du lendemain. Dès 9 h le lendemain et après un bon petit déjeuner pour partir avec les batteries pleines, les participants encadrés par le Comité province Sud Handisport et sport adapté, par l’école handisport et par les éducateurs provinciaux, se sont lancés dans les différentes épreuves du Grand Prix handisport adapté : lancer de vortex, lancer de poids, tir à l’arc, course (debout ou fauteuil). Les compétitions se sont achevées en fin de matinée et en musique et certains n’ont pas hésité à faire quelques pas de danse. Si à l’addition des points marqués par les participants, l’équipe de l’ASH 1 remporte ce Grand prix handisport adapté, il faut saluer la participation des autres structures présentes qui n’ont pas démérité : L’Établissement spécialisé d’activités dirigées (ESAD), Le Centre d’Aide par le Travail (CAT), l’Association Solidarité Handicapés (ASH), L’Institut MédicoProfessionnel (IMPro), L’Association Valentin Haüy (AVH) et Le Centre Hospitalier Spécialisé (CHS). RENDEZ-VOUS ❘ Le grand prix handisport
SUR LE TERRAIN Le 10 janvier dernier avait lieu la finale simple du BNC Tennis OPEN 2026, qui opposait le français Arthur Géa à l’autrichien Jurij Rodionov. À l’issue d’une rencontre particulièrement intense, interrompue par la pluie, Arthur Géa a su s’imposer et décrocher la victoire. Et ce n’est pas la pluie qui a empêché le public de venir nombreux encourager les joueurs : pour ce dernier jour de compétition, l’ambiance était bel et bien au rendezvous ! Lors de la cérémonie de clôture, la province Sud, représentée par Iolani Martin de la Direction de la culture, de la jeunesse et des sports, a eu l’opportunité de remettre un prix, réaffirmant ainsi son engagement en faveur du développement et du rayonnement du sport de haut niveau sur le territoire. SPORT BNC Tennis Open : Victoire du français Arthur Géa Les enfants en stage de vacances au Centre des activités nautiques de la province Sud (CAN) ont pu visiter pour la première fois le SNS 163 Nautile, la vedette de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) de Nouméa. L’objectif étant de les sensibiliser à la sécurité et aux risques d’accidents en mer. L’équipage du navire de la SNSM a exprimé sa satisfaction d’accueillir les jeunes moussaillons à bord de leur navire, considérant cette visite comme une étape essentielle pour leur transmettre les bons réflexes dès le plus jeune âge. Les enfants sont arrivés par groupes de huit, immédiatement répartis en deux sousgroupes pour faciliter les échanges avec l’équipage. Pendant que le premier groupe effectuait le tour extérieur du bateau pour en découvrir la structure, le deuxième groupe visitait l’intérieur du navire, un bénévole présentant le matériel technique et les dispositifs de sauvetage. Les deux groupes ont ensuite alterné pour compléter leur visite en posant de multiples questions à l’équipage de la vedette rapide de la SNSM. En marge de ces visites, Jean-Philippe Vollmer, responsable de la station de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) de Nouméa a pu détailler aux enfants le rôle et le cadre des interventions de la station. Si la priorité absolue demeure le secours aux personnes en danger, les équipes interviennent également pour porter assistance aux navires en difficultés. Pour en savoir plus sur le CAN et les stages vacances : GRANDES VACANCES ❘ Les moussaillons du CAN
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