SudMag #32 Janvier 2026

Janvier 2026 | SUD'MAG #32 | 9 GRAND ANGLE Qui fait quoi en matière de soins? • Province Sud : organisation et gestion des CMS, soins de proximité, prévention, action médico-sociale, aides à l’installation et à la mobilité sanitaire. • Professionnels libéraux : soins de premier recours, permanence des soins sur l’agglomération, complémentarité avec l’offre publique. • Partenaires institutionnels (CHT et clinique) : plateaux techniques spécialisés et coordination des parcours complexes. Articulation avec les professionnels libéraux L’action provinciale repose sur une logique de complémentarité, indispensable à l’équilibre et à la résilience du système de soins par la promotion de la création de groupement de professionnels de santé libéral et dans certains cas de structures hybrides public/ privé (comme au Mont-Dore Sud). Pour la DPASS, l’installation des professionnels de santé doit être l’affaire de tous sur un village ou une commune. Les professionnels de santé doivent se sentir accueillis et en sécurité tant pour leurs biens que pour leur personne. L’action sociale s’inscrit aussi dans une logique de prévention et de veille sociale. Les équipes sont mobilisées pour repérer les situations de vulnérabilité, prévenir les ruptures de parcours et orienter les personnes vers des dispositifs adaptés avant que les difficultés ne s’aggravent. Cet accompagnement peut s’effectuer au sein des centres médico-sociaux, mais également par téléphone ou lors de déplacements à domicile, afin de s’adapter aux contraintes de mobilité des usagers. Enfin, l’accompagnement social est étroitement articulé avec les actions de prévention et de promotion de la santé menées par la province Sud. Il s’appuie sur les dispositifs d’écoute psychologique de proximité, les actions collectives de prévention et les partenariats avec les structures associatives et institutionnelles. « Cette coordination permet d’assurer une prise en charge plus globale des situations, en intégrant les dimensions médicales, sociales et familiales, dans une logique de continuité du service public médico-social sur l’ensemble de la collectivité », précise Christophe Bergery, secrétaire général adjoint de la province Sud. © Le Chemin des Bagnards, Prony, Charlotte Bertonneau Jean-Baptiste Friat, Directeur de la DPASS Comment s’organise aujourd’hui l’accès aux soins pour les habitants des zones les plus éloignées? L’accès aux soins dans notre collectivité repose sur un objectif d’équité territoriale. Où que l’on vive en province Sud, l’enjeu est que chacun puisse accéder à des soins de qualité, dans des délais raisonnables et dans des conditions dignes. Nous gérons aujourd’hui un maillage de 13 Centres Médico-Sociaux (CMS), de Bourail à l’île des Pins. Ces structures ne sont pas de simples dispensaires : ce sont de véritables pôles de santé pluridisciplinaires, associant médecins, infirmiers, sages-femmes, professionnels du social et des vacataires spécialisés (cardiologue, gérontologue…). Nous travaillons également sur la mobilité des soins. Pour les tribus et les populations les plus isolés, nous organisons des visites médicales avec une logique d’aller vers l’usager. Cette approche est nécessaire pour les publics les plus fragiles ou les plus éloignés des infrastructures. Enfin, la Province a engagé un virage numérique avec le déploiement expérimental de la télémédecine et de la téléexpertise. Ces outils permettent de connecter un patient suivi en CMS avec un spécialiste du centre hospitalier de Nouméa ou du secteur libéral, de sécuriser les diagnostics, de limiter les transferts longs et coûteux, d’améliorer la continuité des parcours de soins et au final sa prise en charge et son confort de vie. Quels dispositifs existent pour accompagner l’installation et l’exercice des professionnels de santé en Nouvelle-Calédonie? Attirer et fidéliser des professionnels de santé est aujourd’hui un défi mondial. La Province a fait le choix d’une stratégie volontariste et compétitive, reposant sur deux piliers complémentaires. Le premier concerne les incitations financières et logistiques. La Collectivité propose notamment des primes à l’installation pouvant atteindre 6 millions de francs pour les médecins libéraux s’installant dans des zones sous-dotées, en brousse ou dans certains quartiers identifiés comme déficitaires, comme Katiramona. Ces aides sont versées sur 36 mois, en contrepartie d’engagements précis en matière de temps de travail et de participation à la permanence des soins. Nous développons également des aides dédiées aux autres professionnels de santé : infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes… Enfin des bourses sont également dédiées aux étudiants en santé, assorties d’un engagement de service en province Sud, afin d’anticiper les besoins futurs. En quoi consiste le deuxième pilier ? Le deuxième pilier porte sur le confort et les conditions d’exercice. Les professionnels ne souhaitent plus exercer seuls et isolés. Nous favorisons donc le travail en équipe, au sein des CMS, et encourageons les regroupements en maisons de santé libérales. À cela s’ajoutent des partenariats universitaires, notamment avec des facultés métropolitaines comme Bordeaux, pour accueillir des internes, développer les stages en Nouvelle-Calédonie et renforcer l’attractivité du territoire auprès de praticiens francophones. 3 QUESTIONS À...

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