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LES TORTUES MARINES DES DINOSAURES À NOS JOURS Proganochelys Odontochelys APPARITION DES PREMIÈRES TORTUES Il y a environ 220 millions d’années, les ancêtres des tortues apparaissaient. Ce sont des organismes à température variable reconnaissables à leur carapace. Jusqu’à la découverte de Odontochelys, en 2008, Proganochelys était la plus ancienne tortue connue. Des fossiles ont été trouvés en Allemagne et en Thaïlande, datés d’il y a environ 210 millions d’années. Il y a environ 115 millions d’années, les tortues retournent dans les océans. La plus grande d’entre elles, Archelon, mesurait environ 4 mètres de long et pesait environ 2 tonnes ! On pense que sa carapace était constituée d’un cuir épais et non de plaques osseuses afin d’alléger son poids. Archelon ADAPTATION DES TORTUES AU MILIEU MARIN Les phalanges des membres antérieurs se sont allongées pour former des nageoires en forme de rames, aussi appelées «palettes natatoires. La carapace a acquis un profil plus hydrodynamique : certaines peuvent atteindre une vitesse de nage de 35km/h ! Les nageoires arrières sont courtes et arrondies et servent de gouvernail pendant la nage mais aussi de pelle pour creuser leurs nids. Le bec osseux et puissant, est adapté à la capture de proies et au découpage de végétaux ou d’éponges. Pour mieux assurer leur reproduction, ces tortues se sont mises à produire des oeufs en grand nombre.. Palette natatoire Dossière Bec Plastron Nageoires postérieures Queue DES RECORDS DE PLONGÉE + DE 20 MINUTES EN APNÉE Une tortue Luth a été enregistrée à plus de 1200m de profondeur. Les tortues marines peuvent en effet plonger très profondément grâce à leur plastron osseux séparé par du cartilage qui donne de l’élasticité à leur carapace. Elles peuvent ainsi supporter de très fortes pressions en plongée profonde. Les tortues marines peuvent emmagasiner une importante quantité d’oxygène qu’elles viennent chercher à la surface. Une inspiration de 2 à 3 secondes leur permet de réaliser des apnées d’environ 20 minutes voire de plusieurs heures lorsqu’elles sont au repos ! Formation de la terre Apparition des dinosaures Apparition des tortues Apparition des tortues marines Disparition des dinosaures Apparition de l’homme (genre homo) -4,5 milliards d’années - 230 millions d’années - 220 millions d’années - 155 millions d’années - 65 millions d’années -2 millions d’années LE SAVIEZ-VOUS ? Elles sont réparties en 2 familles : Les Dermochelyidae (dossière recouverte par une peau) Les Cheloniidae (possédant des écailles) IL EXISTE 7 ESPÈCES DE TORTUES MARINES DANS LE MONDE

LES 3 ESPÈCES DE TORTUES MARINES DE NOUVELLE-CALÉDONIE LA TORTUE BONNE ÉCAILLE (TORTUE IMBRIQUÉE) LA TORTUE GROSSE TÊTE (TORTUE CAOUANNE) LA TORTUE VERTE (TORTUE FRANCHE) La population du Pacifique est classée « en danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge de l’UICN. En 40 ans, les effectifs de tortues grosse tête ont chuté de 80% dans cette zone. La Nouvelle-Calédonie et notamment les sites de ponte de la Roche Percée et de la Baie de Tortues sont des lieux très importants pour la survie de l’espèce. Elle possède le statut « en danger d’extinction » (EN), c’est-àdire que sa population mondiale a chuté de 50% au cours du siècle dernier. La Nouvelle-Calédonie compte parmi les sites de ponte les plus importants à ce jour. Deux des trois espèces de tortues marines ont une activité de ponte en Nouvelle-Calédonie : la tortue verte et la tortue grosse tête. Illustrations de Jipé Le-Bars reproduites avec l’autorisation de la Communauté du Pacifique (CPS). 2 paires d’écailles préfrontales 5 écailles vertébrales 5 paires d’écailles costales Nom scientifique : Caretta caretta Taille moyenne de la carapace (adulte) : 1 m Poids moyen (adulte) : 120 kg (peut dépasser 200 kg) Habitat : les mers tropicales, subtropicales et tempérées Ponte en Nouvelle Calédonie : oui Alimentation (adulte) : carnivore (crustacés, mollusques et échinodermes) Traces laissées sur le sable lors de la ponte : Alternées. Nom scientifique : Chelonia mydas Taillemoyenne de lacarapace(adulte): 1,10m Poids moyen (adulte) : 120 kg (peut dépasser 250 kg) Habitat : les eaux tropicales et subtropicales Ponte en Nouvelle Calédonie : oui Alimentation (adulte) : herbivore (les jeunes sont plutôt carnivores). Son bec arrondi lui permet de brouter les herbiers marins. Son régime alimentaire est d’ailleurs à l’origine de son nom, puisque sa graisse est de couleur verte. Nom scientifique : Eretmochelys imbricata Taille moyenne de la carapace (adulte) : 0,9 m Poids moyen (adulte) : 60 - 70 kg Habitat : les eaux tropicales et subtropicales Ponte en Nouvelle Calédonie : pas observée Alimentation : jeunes plutôt herbivores, adultes omnivores (poissons, coraux, algues et herbes). La tortue imbriquée doit son nom à la superposition des écailles de sa carapace. On l’appelle tortue bonne écaille car sa carapace est ornée de superbes écailles autrefois recherchées pour la fabrication d’objets usuels ou décoratifs. 1 paire d’écailles préfrontales 5 écailles vertébrales 4 paires d’écailles costales 4 écailles infra marginales Egalement classée « en danger critique d’extinction» (CR) par l’UICN, la population mondiale enregistre une chute d’effectif de l’ordre de 80% au cours du siècle dernier. 2 paires d’écailles préfrontales 4 paires d’écailles costales Il existe 7 espèces de tortues marines dans le monde dont 3 qui fréquentent le lagon calédonien D’autres espèces sont ponctuellement observées dans les eaux calédoniennes, telle que la tortue olivâtre ou la tortue luth, mais il s’agit uniquement d’individus de passage. Traces laissées sur le sable lors de la ponte : Parallèles. Traces laissées sur le sable lors de la ponte : Alternées. Sites de ponte des tortues vertes et des tortues grosses têtes recensés en Nouvelle Calédoie 3 écailles infra marginales 4 écailles infra marginales 5 écailles vertébrales LES TORTUES MARINES, DES ESPÈCES MENACÉES DANS LE MONDE ENTIER Aujourd’hui, toutes les espèces de tortues marines figurent sur la Liste Rouge des espèces menacées de l’Union international pour la conservation de la nature (IUCN). La liste rouge de l’UICN constitue un inventaire mondial permettant d’évaluer le risque d’extinction de milliers d’espèces. Elle suit l’état de la biodiversité dans le monde. Effondré Quasi menacée Données insuffisantes Menacées Préoccupation mineure CO NT DD LC Non évalué NE En danger En danger critique EN CR Vulnérable VU CR CR EN

LES TORTUES, D’INCROYABLES VOYAGEUSES… PAPOUASIE NOUVELLE GUINÉE ÎLES SALOMON VANUATU FIJI NOUVELLE CALÉDONIE AUSTRALIE Brisbane Nouméa Suva Honiara Port Moresby Port Vila Projet Sat-NC Routes migratoires des tortues grosse tête de la Roche Percée (Bourail) Projet Sat-NC Sources : carte réalisée par Jean Francis Clair d’après des informations du WWF-France issues du projet SAT-NC sur l’étude des migrations des tortues marines de Nouvelle-Calédonie, avec le soutien de la Fondation Descroix-Vernier (Bing Maps Aerial) Roche Percée Un programme de balisage piloté par le WWF depuis 2017 a permis d’identifier les principales routes migratoires et sites d’alimentation des tortues marines calédoniennes. •Zones de migration : •Zones de migration : •Durée des migrations des tortues adultes entre leur site de ponte et leur site d’alimentation : •Durée des migrations des tortues adultes entre leur site de ponte et leur site d’alimentation : •Distance maximum observée : •Distance maximum observée : Australie Australie Papouasie NC NC Fidji Jours en moyenne (min : 7 jours; max : 65 jours) Jours en moyenne (min : 3 jours; max : 89 jours) km km 27 37 2855 3145 LE BALISAGE LES ROUTES MIGRATOIRES DES TORTUES « GROSSE TÊTE » DE LA ROCHE PERCÉE LA MIGRATION DES TORTUES VERTES LA MIGRATION DES TORTUES GROSSE TÊTE 66% 36% 32% 29% 2% 21% Autres 14% 13% Fidji Iles Salomon 4% Grâce à l’installation de balises satellites sur la carapace des femelles pondeuses, il est possible de suivre les routes migratoires de c s dernières et de connaître ainsi leurs zones d’alimentation.

LES SITES DE PONTE DE LA ROCHE PERCÉE & DE LA BAIE DES TORTUES 2E SITE DE PONTE DE LA TORTUE GROSSE TÊTE DANS LE PACIFIQUE SUD UN PATRIMOINE NATUREL ET CULTUREL DES SITES DE REPRODUCTION VULNÉRABLES Les plages de La Roche Percée et la Baie des Tortues, dans la commune de Bourail, constituent le deuxième site de ponte des tortues grosse tête dans le Pacifique Sud. Les îlots du Grand Sud représentent un autre site de ponte important pour cette espèce en province Sud. Le premier site est situé en Australie, sur la plage de Mon Repos à Bundaberg dans le Queensland. Les tortues marines sont des animaux hautement symboliques dans les traditions et coutumes locales. Le site de la Roche Percée est considéré par la communauté kanak comme une zone « tabou » et doit être préservé et respecté. Une croyance concerne l’aire « Ajië-Aro » (zone linguistique) regroupant les communes de Bourail, Poya, Moindou et Houaïlou ; lors du décès d’une personne résidant dans cette aire linguistique, son esprit suit un passage le long des collines pour arriver au belvédère de la Roche Percée ; De là, l’esprit saute dans le gouffre afin de rejoindre le chemin conduisant au pays des morts. L’aménagement des littoraux situés près des sites de ponte accroît l’importance de la lumière artificielle (éclairage des voies, ou des habitations) qui effraie les femelles venant pondre, pouvant les faire renoncer à leur ponte voire à abandonner le site définitivement si le dérangement est permanent. Cette luminosité peut également désorienter les bébés qui se dirigent dans la mauvaise direction et se retrouvent ainsi accidentés sur les routes. Sur la plage, le camping sauvage, l’attisement de feux, et les chiens non tenus par leur propriétaire dérangent les pontes ou détruisent les nids. Les plages de La Roche Percée et la Baie des Tortues sont des sites exceptionnels de reproduction des tortues grosses têtes. Les tortues ne se reproduisant qu’à l’âge de 30 ans, il est primordial de protéger les adultes reproducteurs ainsi que les sites de ponte, pour ne pas voir leur population décliner. PRINCIPALES MENACES SUR LE SITE DE PONTE L’ASSOCIATION BWÄRÄ TORTUES MARINES Les chiens Les lumières sur la plage Les visiteurs non encadrés Les feux Le changement climatique Le braconnage des nids Créée en 2006 dans le but de protéger le site de ponte de la Roche Percée, l’association effectue diverses missions de protection, notamment : · le suivi scientifique de la population avec le recensement et le baguage des femelles venant pondre ; · le déplacement des nids mal positionnés, où les risques de mortalité sont importants (zone de marée ou haut de plage où les racines des lianes étouffent les œufs); · la sensibilisation des usagers du site à la réglementation et aux menaces qui pèsent sur les tortues (chiens, lumière, etc); · la revégétalisation du littoral, permettant d’isoler la plage de la lumière produite par les phares des voitures ou les habitations.

AIDEZ-NOUS À PRÉSERVER LES TORTUES MARINES DE NOUVELLE-CALÉDONIE Chacun peut agir ! Il suffit de respecter le code de l’environnement et quelques règles de bonne conduite RESPECTER LES RÈGLES SUR LA PLAGE Lumière interdite Sur les sites de ponte, toute production de lumière est interdite au risque de voir les tortues repartir sans avoir pondu. Respectez la végétation du haut de plage Elle isole la plage des habitations et de la route et évite ainsi que les tortues soient dérangées par la lumière. EN CAS D’UNE OBSERVATION DE PONTE Ces conseils sont valables dès lors que vous apercevez une tortue qui sort de l’eau et monte sur la plage. Veillez alors à : 1 Prévenir l’association Bwärä Tortues Marines au 95 65 65. Ne pas vous approcher à moins de 10 mètres de la tortue, et toujours par l’arrière. Ne pas produire de lumière (feu, lampe, flash de photo, briquet,...) car la tortue fera demi-tour sans pondre. Ne pas faire de mouvements brusques et rester très discret pour les mêmes raisons. 2 3 4 SANCTION Selon l’article 240-3 du code de l’environnement, la perturbation intentionnelle d’une tortue, notamment l’introduction de chiens, la production de lumière ou l’approche à moins de 10 mètres d’un individu est passible de 90 000 CFP d’amende. La destruction d’une espèce protégée ou de ses oeufs est un délit passible de 1 073 000 CFP d’amende. Déchets interdits D’une manière générale, il ne faut jeter aucun déchet sur les plages ou directement dans les mers et océans. Les tortues peuvent avaler les sacs plastiques et en mourir. Chiens interdits Ils déterrent les oeufs grâce à leur flair et peuvent blesser ou tuer les jeunes tortues ainsi que les tortues qui viennent pondre. EN CAS D’UNE OBSERVATION D’ÉMERGENCE (SORTIE DU NID DES BÉBÉS TORTUES) Prévenir l’association Bwärä Tortues Marines. Ne pas produire de lumière car vous risqueriez de désorienter les bébés qui auraient du mal à trouver la mer, étant donné qu’ils sont guidés par le reflet de la lune sur l’eau. Supprimer les obstacles entravant le passage. Ne SURTOUT pas creuser le nid après l’émergence, car celle-ci se fait sur plusieurs jours et certains bébés sont en train de finir de se développer dans le nid. Creuser pourrait porter atteinte à leur survie en modifiant la température de la chambre d’incubation. Ne pas approcher ou toucher les bébés tortues, car la course du nid à la mer est nécessaire pour plusieurs raisons : • L’étape est décisive pour l’« imprégnation magnétique », c’est-à-dire le fait que la petite tortue reviendra pondre sur son site de naissance. • Elle sert également à la cicatrisation de l’ombilic en frottant celui-ci sur le sable. • Elle est nécessaire pour muscler le bébé avant que celui-ci ne nage vers le large. 1 2 3 4 5

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