These2024HugoBourgogne

135 calédonien pour la sous-population reproductrice de tortues caouannes du Pacifique Sud, puisque d’après nos nouvelles estimations, il pourrait héberger annuellement 15 à 40% des femelles reproductrices de la sous-population. Ces estimations sont basées sur les estimations faites du nombre de femelles reproductrices recensées sur les principales zones de pontes de la côte Est australienne, faisant état de 500 à 1500 individus chaque année (Limpus and Casale 2015), ainsi que du nombre de femelles reproductrices présentes chaque année sur les sites de ponte calédoniens. Ce dernier a été estimé en établissant une relation entre (1) les intensités de ponte rapportées sur les principales géographies de l’archipel, i.e. la Roche Percée (Barbier et al. 2023; Bardet 2023), le lagon Nord-Ouest (Comm. Pers) et le GLS (issues de cette étude), et (2) une relation entre le nombre de pontes et le nombre de femelles pondeuses, basée sur les estimations du nombre de pontes que réalisent chaque femelle au sein d’une même saison et de la période observée entre deux saisons de ponte par les femelles caouannes à Bourail (Barbier et al. 2023). Dans une volonté de pérenniser le suivi initié dans le GLS, un protocole optimisé a été proposé aux gestionnaires de la province Sud sur la base du retour d’expérience acquis lors de ce travail. Il consiste à réduire l’effort de terrain au maximum tout en assurant une robustesse acceptable, alignée avec les critères de qualité du SWOT (SWOT Scientific Advisory Board 2011). Cette approche a permis non seulement d’augmenter la faisabilité et la durabilité de l’action en réduisant les coûts associés à sa mise en œuvre, mais aussi de répondre aux quatre principales questions du gestionnaire : (1) Quel effort de suivi minimal ? Trois missions de deux jours sur la saison, avec 2 à 3 semaines d’intervalle entre mission (Figure 28-A). (2) A quel moment de la saison ? Au pic de l’activité, entre mi-décembre et mi-janvier (Figure 28-A). (3) Sur combien d’îlots ? Tous les sites, en alternance sur deux années (Figure 28-B). Cet effort de terrain permet de générer un niveau d’information sur le nombre de pontes au pic de la saison pour la moitié des sites du GLS, qui permettra dans un second temps d’estimer le nombre de pontes saisonnier à l’échelle de la zone grâce aux modèles phénologiques. On note cependant que le protocole proposé stipule le suivi d’un lot de 3 îlots chaque année, qui doit permettre d’établir un niveau de fréquentation « référence » compte tenu de la variabilité annuelle significative de l’activité de ponte globale. (4) Pendant combien de temps ? Quinze à vingt ans de suivi sont nécessaires pour détecter significativement une déviation de la trajectoire démographique de 5 à 10 % par rapport à sa valeur référence (Chaloupka et al. 2008; SWOT Scientific Advisory Board 2011).

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