These2024HugoBourgogne

148 dans le contexte particulier du GLS, en limitant l’impact anthropique sur l’activité de ponte et d’émergence de la population reproductrice. Cette information nécessite toutefois des études complémentaires pour être confirmée, comme par exemple l’évaluation de l’évolution de la fréquentation de ponte sur des sites historiquement très et peu utilisés par les femelles pondeuses auxquels on aurait accordé un nouveau statut de protection. De plus, nous avons mesuré un succès de ponte légèrement plus faible sur les îlots du GLS que celui retrouvé à la Roche Percée (Barbier et al. 2023; Bardet 2023). Cette observation pourrait être expliquée par les différences géomorphologiques des habitats de ponte retrouvés sur les deux zones. Il a été mis en évidence que l’accessibilité à la plage pour les femelles ainsi que leur capacité à creuser un nid sans entraves étaient les principaux facteurs influents sur l’intensité de l’activité de ponte à l’échelle intra-îlot dans le GLS. La présence de platiers coralliens autour des îlots, de beach rocks en bordure de plage ou encore de nombreuses racines sur les plages du GLS représentent autant d’obstacles à la progression des femelles pondeuses qui sont absents de la plage de la Roche Percée. Ces caractères pourraient ainsi avoir négativement impacté le succès de ponte retrouvé dans le GLS. La distribution des activités de ponte sur la zone du GLS nous a également permis d’identifier un lot de sept îlots « champions », qui concentrent chaque année plus de la moitié des pontes recensées sur la zone. La dynamique d’érosion de l’ensemble des sites a également été prise en compte afin d’apporter cet éclairage supplémentaire dans le processus de sélection des cibles de conservation prioritaires. Cette information a pour but de ne pas mobiliser trop de ressources dans la protection d’un site qui serait voué à se dégrader voire à disparaître au cours des prochaines décennies. Les résultats obtenus nous ont permis de conclure que la dynamique d’érosion caractérisée sur les sept îlots « champions » ne présageaient pas d’une évolution compromettante pour l’habitat de ponte à court et moyen terme, renforçant encore notre détermination à engager une stratégie de gestion articulée autour de leur protection. Sur la base de ces résultats, nous avons sollicité une mise en défens saisonnière et intégrale des îlots Atiré, Gi, Ngé et Vua pour assurer un statut de protection fort à un lot de sept îlots concentrant plus de la moitié des activités de ponte recensées à l’échelle de la zone chaque année (étant donné que Kié, Améré et Koko bénéficient d’ores et déjà de telles mesures restrictives). Cette stratégie a pour but de maintenir voire d’optimiser l’intensité de ponte sur ces sites essentiels à la population de tortues caouannes du GLS à travers la création de zones sanctuarisées limitant au maximum l’impact anthropique. Cependant, compte tenu de l’importante variabilité interannuelle du nombre de pontes enregistrée sur certains îlots du GLS, nous préconisons le déploiement d’un outil de gestion flexible et adaptable dans le temps et l’espace pour parer à l’éventualité d’une évolution de la distribution des pontes. Nous nous basons sur l’exemple du système de « mâts » déjà déployé en province Sud (notamment dans

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