These2024HugoBourgogne

18 (Figure 1). Lorsqu’elle possède plus de cinq paires de plaques latérales sur la dossière, il peut s’agir d’une tortue olivâtre. Avec cinq paires, il peut s’agir d’une tortue caouanne ou d’une tortue de Kemp. On les distingue cependant facilement à leur couleur et à la forme de leur tête, la première étant rouge brune à tête large et la seconde gris-verte et à tête triangulaire. Avec quatre paires, c’est une tortue verte, une tortue imbriquée ou une tortue à dos plat. Elles sont distinctives par la forme du bec (crochu chez E. imbricata), la forme et la disposition des écailles (imbriquées et à extrémités découpées sur la face distale chez E. imbricata), ainsi que par le nombre de paires d’écailles préfrontales (deux paires chez E. imbracata, une seule chez C. mydas et N. depressus) et par le nombre de paires d’écailles postorbitales (quatre chez la tortue verte et trois seulement chez la tortue à dos plat) (Eckert et al. 1999). A noter que l’identification d’une huitième espèce, la « tortue verte du Pacifique » aussi appelée la « tortue noire » (Chelonia agassizii) aurait été considérée par certains spécialistes (Pritchard 1996), mais des analyses phylogénétiques complémentaires n’ont pas permis de valider cette distinction taxonomique (Naro-Maciel et al. 2008). Les tortues marines affichent une distribution cosmopolite, avec une représentation préférentielle pour les zones équatoriales et tropicales (Bowen and Karl 2007). Toutes les espèces sont longévives, à maturité sexuelle tardive, et présentent des cycles de vie complexes, incluant d’importantes dispersions océaniques ontogéniques et des migrations à travers les bassins océaniques (Meylan et al. 1990; Musick and Limpus 1997; Bowen and Karl 2007; Casale et al. 2007, 2013a; Arendt et al. 2012; Read et al. 2015; Briscoe et al. 2021; Nivière et al. 2024). Les cycles de vie des différentes espèces de tortues marines sont quasiment identiques, et ne diffèrent que par la durée des différentes phases de vie, des distances de déplacements ou de migrations, et par le nombre et la taille des pontes (Lanyon and Limpus 1989) (Figure 2). C’est un cycle complexe, encore mal connu car les observations en mer sont difficiles, particulièrement dans les espaces pélagiques (Stubbs et al. 2019). Selon les espèces, la maturité sexuelle est atteinte entre l’âge de 15 à 30 ans (Casale et al. 2011; Bjorndal et al. 2014; Van Houtan et al. 2014; Turner Tomaszewicz et al. 2022). Le sexe des tortues n’est pas apparent, aussi, c’est d’après leurs caractères sexuels secondaires que l’on peut le déterminer chez un individu. Le plus remarquable est la taille de la queue, beaucoup plus grande chez les mâles, et supportant le cloaque, seul orifice excréteur chez les tortues marines servant également pour la reproduction (Casale et al. 2005). La période de reproduction est induite chez les adultes par un réchauffement de la température de l’eau (Monsinjon et al. 2019a).

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