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Face à la maladie : le parcours de Mike

  • 20/04/2026
Mike (nom d’emprunt), 44 ans, revient de loin. À 32 ans, alors qu’il travaille dans un dock pour une entreprise de BTP, sa vie bascule : une première crise d’épilepsie marque le début d’un long combat. Dix ans de lutte, de rejet et de dépression suivent, jusqu’au jour où le soutien de sa famille et l’accompagnement de la Direction de l’emploi et du logement de la province Sud lui redonnent espoir. Un parcours bouleversant que Mike nous partage avec message fort : « La vie mérite d’être vécue. La maladie n’est pas un mur infranchissable. Il y a toujours un endroit où l’on peut trouver sa place et des réponses. »
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Un début de vie active marqué par la détermination

Dès l’âge de 16 ans, Mike décide d’entrer dans la vie active : « Même si l’école n’était pas faite pour moi et que mes parents ne m’ont pas lâché, il fallait que je me lève pour aller travailler. » Il suit alors une formation d’un an et huit mois au CFA en MVA, spécialisée dans la mécanique sur véhicules automatisés. À 19 ans, il postule pour un emploi, mais l’entretien se passe mal. Il ne baisse pas les bras et finit par être embauché dans une entreprise de BTP.

À 25 ans, Mike décroche son permis, devient chauffeur-livreur et est embauché. Pendant sept ans, il progresse avec ambition et persévérance. Il obtient son permis de conducteur de grue et se distingue par sa volonté de réussir : « Sur les 36 employés inscrits, nous étions deux à réussir le permis », se souvient-il avec fierté.

Mais tout s’arrête brutalement à 32 ans, lorsque la première crise d’épilepsie survient : « Je n’ai pas compris ce jour-là ce qui m’arrivait. Les médecins non plus. Je n’avais aucun symptôme ni aucune prédisposition à cette maladie. Encore aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi la vie m’inflige cela », raconte-t-il. Du jour au lendemain, il est licencié, isolé, sans aide ni reconnaissance : « Malgré ma volonté de m’en sortir, j’ai fini par perdre pied parce que je suis devenu inutile aux yeux de l’employeur et de la société. » Des mots durs qui résument dix années de rejet et de dépression.

Une lente reconstruction grâce à la famille et à la DEL

Après des années de solitude et de débrouille, Mike retrouve le soutien vital de sa famille. « J’ai connu les squats, l’injustice et l’isolement social… Puis, mes parents prenant de l’âge, je suis retourné chez eux pour m’en occuper. J’ai renoué avec mes racines, et c’est cela qui m’a sauvé. Mes parents m’ont dit : tu peux trouver ta place. »

Encouragé par sa famille, Mike pousse les portes de la DEL en 2021. Mais c’est véritablement en 2025 qu’il décide de se lancer, avec le soutien des équipes de la DEL et d’HANVIE : « Une révélation », témoigne-t-il. « Je me suis retrouvé grâce à la confiance tissée avec les équipes et je les en remercie. »

En août 2025, il décide de suivre une remise à niveau en informatique, toujours avec l’accompagnement des agents de la DEL et de ses partenaires. En novembre, il décroche sa certification. Une renaissance : « Je me suis senti revivre. Cela a été un déclic, gratifiant et valorisant. Je me suis dit que je pouvais encore faire des choses. »

Entre-temps, il participe à un atelier sur le savoir-être proposé par la DEL : « Cela a été salvateur. Je m’étais perdu et, avec cet accompagnement, je me suis retrouvé. Cela m’a fait du bien et m’a redonné espoir. »

Vers un nouveau chapitre professionnel

Aujourd’hui, Mike a postulé à un poste dans la logistique à Nouméa. Il sait qu’il peut compter sur la DEL pour accompagner sa démarche et appuyer son dossier.

Son parcours est la preuve que tout est possible : « Je m’adresse à toutes celles et ceux qui combattent la maladie : gardez espoir. Il y a toujours un chemin possible, même face à l’adversité. »

Mike inspire le courage et rappelle que, malgré les épreuves, il existe des chemins vers la réussite et la dignité.


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