Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 13 SUR LE TERRAIN Leur présence s’inscrit dans une logique de formation ancrée dans le réel, au contact direct des acteurs du secteur et du public. Elle permet aussi de donner à voir une jeunesse engagée, déjà opérationnelle, capable de représenter son territoire à travers son travail. Sur lestand, lesproduitscalédoniensprennent une autre dimension lorsqu’ils sont portés par ceux qui se forment à les transformer et à les faire découvrir. Les visites du président de la République, de la ministre de l’Agriculture, de la ministre des Outre-mer et de nombreux autres officiels ont permis de souligner cette implication. Les élèves ont pu présenter leurs préparations, échanger sur leur parcours et témoigner de leur expérience dans un cadre officiel, valorisant leur engagement et leur formation. Une reconnaissance qui s’ajoute à celle du public, au fil des dégustations et des échanges. Au-delà de l’événement, cette participation illustre la place donnée à la jeunesse dans les actions de promotion du territoire. Elle met en lumière des parcours en construction, inscrits dans des filières professionnelles concrètes, et directement connectés aux enjeux économiques locaux. Le lycée Escoffier apparaît ainsi comme un acteur clé de cette dynamique, en formant des jeunes capables de s’insérer rapidement dans le monde professionnel tout en contribuant à la valorisation des productions locales. Sur le stand comme en cuisine, ces élèves n’ont pas seulement appris. Ils ont travaillé, représenté, expliqué, transmis. Une expérience dense, formatrice, qui dépasse le cadre scolaire et s’inscrit déjà dans une trajectoire professionnelle. Guillaume, produire sur le territoire Formé à l’ISTOM, Guillaume Demangeau fait le choix de revenir en NouvelleCalédonie pour y créer son activité. Avec The Safe Garden, il développe une production végétale locale fondée sur une idée simple : produire sur le territoire ce qui est encore largement importé, notamment les tisanes. « On importe beaucoup trop de choses que nous sommes pourtant capables de produire localement », résume-t-il. Installé au Mont-Dore, il cultive lui-même les plantes qu’il transforme ensuite sous la marque Infusions L’instant. De la récolte au conditionnement, chaque étape est maîtrisée : tri, lavage, séchage et mise en sachet. Une production artisanale qui valorise des plantes locales encore peu connues. Aujourd’hui, la gamme se compose de mélanges, de monoplantes et de produits issus du coco. « Ce qui m’anime, c’est de valoriser des ressources locales et de développer de nouveaux produits », explique-t-il. Sa participation au Salon international de l’agriculture s’inscrit dans cette logique de visibilité et de développement. Jordane, le savoir-faire artisanal À Boulouparis, la distillerie familiale portée par Jordane, ingénieure en biochimie, s’appuie sur une production artisanale centrée sur le niaouli, plante emblématique du paysage calédonien. Aux côtés de ses parents et de son mari, elle développe une activité fondée sur la transformation de ressources naturelles locales. Les feuilles, issues de cueillettes manuelles, sont récoltées au sabre puis distillées à basse pression. Ce procédé permet de préserver les propriétés de la plante et d’obtenir une huile essentielle complète. L’ensemble du processus est pensé pour garantir la qualité du produit tout en respectant les cycles naturels. La production repose également sur un travail en lien avec les tribus environnantes, impliquées dans la récolte. Ce partenariat s’inscrit dans une démarche locale et encadrée, associant valorisation économique et respect des pratiques. La présence de ce type de produit au Salon constitue une vitrine pour faire connaître ce savoir-faire, d'autant plus que le niaouli est emblématique de la culture calédonienne. Jérôme, l’élevage dans la peau À Moindou, l’élevage Forest s’inscrit dans une histoire familiale ancienne, transmise depuis plusieurs générations. Repris récemment par Jérôme Forest, il repose aujourd’hui sur une exploitation de plus de 300 hectares, complétée par une seconde propriété. À la tête d’un troupeau d’une centaine de bovins, l’éleveur a fait le choix d’un modèle orienté vers la qualité et le respect du vivant. Certifiée en agriculture biologique, l’exploitation fonctionne sans traitements sur les animaux ni sur les sols depuis plus de dix ans. Les animaux, issus de races rustiques comme le brahmane, sont élevés en plein air et nourris exclusivement à l’herbe. Ce mode d’élevage vise à concilier performance, bienêtre animal et pratiques durables. Pour Jérôme Forest, la participation au Salon international de l’agriculture répond à une volonté de valoriser l’image de l’agriculture calédonienne. « L’objectif est de montrer un travail sérieux, professionnel, tourné vers la qualité », explique-t-il. À travers cet élevage, c’est une agriculture ancrée dans ses racines mais tournée vers des pratiques responsables qui s’exprime. PORTRAITS EXPRESS 3 producteurs locaux exposés au SIA
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