GRATUIT L'ACTUALITÉ DE LA PROVINCE SUD www.sudmag.nc | #034 | Mars 2026 JEUNESSE, EN ROUTE VERS L'AVENIR
ÉDITO RESPONSABLE DE LA PUBLICATION : Sonia Backès | RÉDACTEUR EN CHEF : Nicolas Pannier | RÉDACTION : Direction de la communication de la province Sud. PHOTOS : Nicolas Bonneau, Fabrice Wenger, Nicolas Petit | MONTAGE : Com'Kris. IMPRESSION : 35 000 exemplaires - EIP Éditions & Impressions du Pacifique, sur du papier géré durablement FSC | ISSN 2497-6903. RETROUVEZ-NOUS EN LIGNE Toute l’actualité de la province Sud à tout moment, disponible sur votre ordinateur, tablette et smartphone : sudmag.nc Dites-nous ce que vous en pensez ! Donnez-nous votre avis sur le SudMag que vous avez entre les mains afin que les prochains numéros répondent toujours à vos attentes. Formulaire en ligne : province-sud.nc/form/suggestion-sudmag Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 3 La jeunesse d’aujourd’hui avance avec une énergie qui bouscule les habitudes et ouvre des chemins nouveaux. Et même lorsqu’elle traverse des zones de turbulence, elle montre depuis deux ans une capacité remarquable à rebondir, à se réinventer, à trouver sa place dans une Province en mouvement. Pour accompagner cette dynamique dans notre collectivité, plusieurs outils permettent de mieux comprendre ses réalités et de soutenir ses envies. L’enquête Bien dans mes claquettes éclaire le quotidien des adolescents de la province Sud et met en lumière leurs forces comme leurs fragilités. Clic & Mouv’ encourage la découverte d’activités sportives, culturelles ou artistiques, essentielles pour nourrir la curiosité, l’expression et le lien social. Avec Sud Jeunes, les premiers pas vers l’emploi sont facilités, afin que chacun puisse transformer une envie en expérience concrète. Dès le plus jeune âge, les écoles bilingues ouvrent des horizons nouveaux, en renforçant l’apprentissage de l’anglais et en préparant les élèves à un environnement régional de plus en plus connecté. Plus tard, les partenariats universitaires avec l’Australie offrent des perspectives de formation ambitieuses, en lien direct avec les secteurs d’avenir du Pacifique. À chaque étape, l’objectif pour la province Sud reste le même : permettre aux jeunes de grandir, d’apprendre, de s’essayer, de s’engager. Leur offrir des repères, des opportunités, des espaces où ils peuvent exprimer leur potentiel. Les accompagner au mieux, à tous les niveaux, pour qu’ils puissent avancer avec confiance et construire l’avenir qu’ils imaginent. C’est tout le sens de l’engagement de la province Sud : être aux côtés de sa jeunesse, pour qu’elle puisse déployer pleinement son potentiel. La présidente de l’assemblée de la province Sud. Jeunesse, en route vers l'avenir
SOMMAIRE 4 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 #34La lettre d’information de la province Sud pour rester informé chaque semaine Abonnez-vous en suivant le lien : province-sud.nc/mon-compte Sur le terrain 5. ZOOM SUR la saison culturelle 2026 de la province Sud 6. GRAND ANGLE Jeunesse, accompagner les parcours sans rupture 7. Bien dans mes claquettes, une radiographie inédite de la jeunesse 8. Clic & Mouv, un dispositif qui grandit 10. Emploi des jeunes, des dispositifs pour répondre à une pression persistante 12. SUR LE TERRAIN Salon International de l’Agriculture, la jeunesse calédonienne aux fourneaux 14. ACTUALITÉS Assemblée de Province Sud Pro 2026, une chance supplémentaire pour la relance 16. Sud Relance, pour remettre l’économie en mouvement 18. SUR LE TERRAIN Brèves 22. VIVRE MA PROVINCE Budget participatif 2026, les habitants appelés à passer à l’action 23. Tourisme Le PPAT 2026 déploie son offre de formations 24. La rencontre : Handicap et emploi : un parcours de persévérance 26. Environnement : Le SLAND, transformer les scories en ressource pour la construction 27. Développement durable : Synergie, un acteur clé de la transition énergétique du territoire 28. LES PHOTOS DU MOIS 30. LES VIDÉOS DU MOIS Vivre ma Province Grand angle Salon International de l’Agriculture, la jeunesse calédonienne aux fourneaux Budget participatif 2026, les habitants appelés à passer à l’action Jeunesse, accompagner les parcours sans rupture 8. 12. 22.
Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 5 ZOOM SUR La saison culturelle 2026 s’ouvre avec une conviction forte : la culture n’est pas un supplément, mais un socle essentiel pour comprendre le monde, se rencontrer et construire l’avenir. Dans un contexte où les événements récents ont rappelé la fragilité du lien social, la province Sud déploie une stratégie articulée autour de six axes majeurs, pensée pour irriguer tout le territoire et toucher tous les publics : soutenir la création artistique, accompagner la diffusion, développer l'éducation artistique et culturelle, inscrire la culture dans le quotidien des calédoniens par le dispositif du 1% Artistique, faire de la culture un des piliers de l'identité calédonienne et investir le Château Hagen. Le premier axe, le soutien à la création, demeure central. Appels à projets, aides à la création, bourses d’enseignement artistique : la collectivité accompagne les artistes dans toutes les disciplines, de la scène aux arts visuels en passant par l’audiovisuel. En 2025, 36 projets avaient été retenus ; en 2026, la dynamique se renforce avec un dispositif plus souple, plus lisible etmieux adapté aux besoins du terrain. La diffusion constitue le deuxième pilier. Car une œuvre n’existe pleinement que lorsqu’elle circule et rencontre son public. La province Sud travaille avec les structures culturelles et les communes pour favoriser l’itinérance des spectacles et expositions, harmoniser les programmations et rendre la culture accessible à tous, y compris aux publics éloignés ou empêchés. Espaces d’expression. L’éducation artistique et culturelle reste un engagement fort. Collège au cinéma, Concerts éducatifs, Racontemoi une œuvre, Clic&Mouv’, interventions en milieu scolaire, partenariats avec l’Orchestre à l’école ou la Maison du Livre : autant de dispositifs qui permettent aux jeunes de découvrir l’art, de développer leur sensibilité et de devenir les citoyens éclairés de demain. « Avec le dispositif du 1 % artistique, la province Sud inscrit l’art dans le quotidien, explique Christine Aita, directrice adjointe de laDirection de la culture, de la jeunesse et des sports. Les bâtiments publics deviennent des espaces d’expression, les lieux de vie se transforment en galeries à ciel ouvert. Une manière concrète de rendre la création accessible à tous, sans barrière ni seuil à franchir ». Identité. La saison 2026 met également en lumière la culture comme pilier de l’identité calédonienne. Héritages, métissages, mémoires : lacréationcontemporainedialogue avec les traditions pour raconter un territoire pluriel et vivant. L’ouverture de l’Espace Culturel de Deva, accompagnée d’un appel à projets en arts visuels, illustre cette volonté d’ancrer la culture au cœur des paysages et des communautés. Enfin, le Château Hagen, lieu emblématique, poursuit sa métamorphose en laboratoire artistique. Dix rendez-vous L’Art au Château, six rencontres J’M la Culture pour le jeune public et quatre expositions majeures rythmeront l’année, de Audelà de la colère à Echo-impressions, en passant par Persona et Emergences. Une programmation exigeante, accessible et ouverte sur le monde. La province Sud lance sa saison culturelle 2026, une programmation ambitieuse qui affirme la culture comme un pilier du vivre ensemble et un moteur d’avenir. Entre soutien renforcé aux artistes, diffusion élargie, éducation artistique et valorisation de l’identité calédonienne, cette nouvelle saison s’annonce riche, structurée et profondément tournée vers les habitants. Quatre expositions temporaires En 2026, le Château Hagen accueillera 4 expositions temporaires qui célèbrent la création contemporaine tout en valorisant l’identité calédonienne et le lien au vivant : • Au-delà de la colère de Xavier Berton et Philippe De Cet, jusqu’au 11 avril. Cette exposition donne la voix aux personnes métisses, à travers un dispositif immersif de 45 minutes sur 3 écrans. • Persona de Libre comme l’Art, du 22 mai au 1er août, propose une immersion dans un univers artistique contemporain où masques et coiffes ornementales dialoguent avec leurs portraits photographiques. • Émergences de Ly Do Art et BB Sculpture, du 27 août au 31 octobre, offre une immersion poétique et sensorielle au cœur de l’environnement calédonien, où peinture et sculpture se répondent pour célébrer la puissance des paysages et notre lien intime à la nature. • Echo-impressions de Alejandra Del Rio Mol, du 27 novembre au 6 février 2027, explore les liens profonds entre l’humain et la nature grâce à une série de photographies réalisées directement sur des feuilles végétales. SAISON CULTURELLE 2026, une année de création et de renouveau
6 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 De l’enfance à l’entrée dans la vie active, l’action menée en faveur des jeunes en province Sud repose sur une logique de continuité. Elle s’appuie sur un ensemble de dispositifs qui interviennent à différents moments du parcours, en fonction des besoins, qu’ils relèvent du cadre familial, de la santé, de la scolarité ou de l’insertion. Elle s’appuie sur un ensemble de dispositifs qui interviennent à différents moments du parcours, en fonction des besoins, qu’ils relèvent du cadre familial, de la santé, de la scolarité ou de l’insertion : mesures d’aides aux familles à domicile, Clic & Mouv', Sud Jeunes, Mineurs en errance, service civique... Le premier niveau d’intervention concerne la cellule familiale. Des aides à domicile peuvent être mobilisées à la demande des parents lorsque des difficultés apparaissent dans l’organisation du quotidien ou dans l’accompagnement éducatif. D’autres dispositifs ciblent des situations plus spécifiques, comme l’errance de mineurs ou lesmesures encadrées par l’autorité judiciaire. En parallèle, des actions de prévention sont proposées en amont, à travers des ateliers ou des temps d’échange avec les familles, autour de thématiques comme le langage, les addictions ou la relation parent-enfant. La prévention sanitaire constitue un autre axe structurant. Elle repose sur des espaces d’accueil et d’écoute dédiés aux jeunes, où peuvent être abordées des questions liées à la santé, au bien-être ou aux difficultés personnelles. Ces dispositifs s’inscrivent dans une approche plus large, qui mobilise différents partenaires et s’appuie sur des actions régulières de sensibilisation. Les enjeux liés à la santé mentale prennent une place croissante, avec le développement d’initiatives visant à favoriser l’expression, l’écoute et l’accompagnement. La prévention du décrochage scolaire s’inscrit dans un travail coordonné avec les établissements et les communes. Elle intervient dès le premier degré, à travers des actions sur le climat scolaire et l’environnement éducatif. Au collège et au lycée, des dispositifs d’engagement permettent de maintenir le lien avec l’école, en valorisant les projets collectifs, les compétences sociales et l’implication des élèves. Lorsque les difficultés s’installent, des dispositifs de suivi et de veille éducative peuvent être mobilisés. L’accès à l’emploi est aussi un levier important. Plusieurs dispositifs permettent aux jeunes de découvrir le monde professionnel, d’acquérir une première expérience ou de construire un projet d’insertion. Certains s’adressent à un large public, notamment à travers des opportunités d’emploi ponctuelles, tandis que d’autres ciblent des jeunes plus éloignés de l’emploi, avec un accompagnement renforcé combinant formation, immersion et suivi individualisé. La transition vers l’autonomie fait également l’objet d’un accompagnement spécifique, en particulier pour les jeunes issus de parcours plus fragiles. Des solutions de logement peuvent être proposées, ainsi qu’un suivi visant à sécuriser les premières étapes vers l’indépendance. Le retour sur le territoire après des études à l’extérieur peut également être accompagné, afin de faciliter l’insertion professionnelle. Enfin, l’engagement et les pratiques culturelles participent à cet accompagnement global. Des dispositifs permettent aux jeunes de s’impliquer dans des projets collectifs, qu’ils soient liés à l’environnement, à la culture ou à la citoyenneté. D’autres actions favorisent l’accès aux pratiques artistiques et aux espaces de loisirs, en lien avec les établissements scolaires ou les structures associatives. Pris dans leur ensemble, ces dispositifs couvrent un large spectre de situations. Ils s’inscrivent dans une logique d’intervention progressive, avec un objectif commun : accompagner les jeunes à chaque étape, en tenant compte de leurs réalités et de leurs parcours. JEUNESSE, accompagner les parcours sans rupture
Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 7 GRAND ANGLE Mieux comprendre les adolescents pour ajuster les politiques publiques. C’est l’objectif de l’enquête « Bien dans mes claquettes », menée auprès des élèves de 3e de la province Sud. En 2025, 2323 jeunes ont participé à cette seconde édition, avec un taux de réponse de 85 %, confirmant la solidité de ce baromètre lancé en 2022, qui avait déjà couvert plus de 80 % des collégiens concernés. Premier enseignement : plusieurs indicateurs sont orientés à la baisse. Les consommations d’alcool, de tabac et de cannabis reculent, tout comme certains faits de violence déclarés. Des tendances déjà observées en 2022 et qui se confirment, suggérant un effet des actions de prévention menées sur le territoire. Pour autant, ces comportements n’ont pas disparu. L’enquête montre qu’ils restent présents dans le quotidien d’une partie des jeunes, notamment à travers des usages occasionnels, mais banalisés. Autre signal plus préoccupant : la progression de l’inactivité. Une part importante des adolescents déclare ne pratiquer aucune activité régulière en dehors du temps scolaire. Le phénomène touche davantage les filles, déjà moins engagées dans les activités sportives ou de loisirs. Les freins sont identifiés : coût des activités, manque d’offres à proximité ou difficultés de transport. Des facteurs qui pèsent directement sur l’accès aux loisirs et sur l’équilibre de vie des jeunes. Écrans et isolement. Le temps passé devant les écrans reste élevé. Il occupe une place centrale dans le quotidien des adolescents, au détriment d’autres activités. Par exemple, 32% des jeunes déclarent un temps d'écran d'au moins 5h par jour, et ce, lors des jours d'école. Les chiffres grimpent encore davantage lors des vacances scolaires, où 38% des jeunes déclarent passer au moins 8h derrière leurs écrans. Cette exposition importante s’accompagne parfois d’un repli sur soi ou d’une diminution des interactions sociales hors cadre scolaire. Dans ce contexte, l’accès à des espaces de socialisation encadrés apparaît comme un enjeu clé. L’enquête met en évidence des vulnérabilités liées à l’environnement des jeunes. Le lien familial, la confiance en soi ou encore le sentiment d’utilité jouent un rôle déterminant. À l’inverse, l’isolement ou le manque de repères peuvent accentuer les difficultés. La santé mentale s’impose également comme un sujet majeur. Fatigue, stress, difficultés de concentration oumal-être sont régulièrement évoqués par les élèves interrogés. Un outil d’aide à la décision. Au-delà du constat, «Biendansmes claquettes»constitue un levier pour orienter les actions publiques. Développement des activités sportives et culturelles, amélioration de leur accessibilité, renforcement de la prévention et du soutien aux familles : autant de pistes identifiées pour répondre aux besoins exprimés. En creux, l’enquête dessine le portrait d’une jeunesse contrastée : moins exposée à certains risques, mais plus fragile sur d’autres fronts. Un équilibre instable, qui impose de regarder les chiffres en face. BIEN DANS MES CLAQUETTES, une radiographie inédite de la jeunesse
8 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 Le 17 mars dernier, il y avait de l’ambiance au Centre des Activités Nautiques de la province Sud ! À l’occasion de la soirée de lancement de la 4e saison de Clic & Mouv ', les partenaires, les institutions et quelques jeunes bénéficiaires étaient réunis afin de dresser le bilan des saisons précédentes et dévoiler les nouvelles ambitions du dispositif. Animée par Simane, la soirée était divisée en plusieurs temps forts, notamment des performances musicales de jeunes bénéficiaires, formés grâce aux activités financées par Clic & Mouv’ ! Présent lors de cet événement, le 2e viceprésident de la province Sud a rappelé que Clic & Mouv’ s’inscrivait dans une réflexion plus large sur la jeunesse. En effet, le dispositif s’inspire notamment des enseignements d’une étude islandaise démontrant que l’oisivetépouvait favoriserdescomportements à risque. À l’inverse, le fait de pratiquer des activités sportives, culturelles ou artistiques constituerait un levier puissant de prévention et d’épanouissement. C’est dans cette logique que la province Sud a fait le choix, dès 2023, de soutenir concrètement les jeunes en leur donnant les moyens d’accéder à ce type d’activités. Un dispositif concret au service des jeunes et des familles. Clic &Mouv’ repose sur un principe simple : chaque jeune a accès à un portefeuille de 15000 francs, offert par la province Sud, lui permettant de financer des activités sportives, culturelles ou artistiques. Accessible via une application mobile et un portail web, le jeune – ou ses parents – peut rechercher, réserver et payer ses activités, sans engagement pour les familles. Au-delà CLIC & MOUV', un dispositif qui grandit Écoles bilingues : un parcours renforcé dès le primaire Lancé en 2020, le dispositif des écoles bilingues en province Sud poursuit son déploiement avec un objectif clair : renforcer l’apprentissage de l’anglais dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, 12 écoles réparties sur plusieurs communes du territoire sont engagées dans ce programme, mobilisant plus d’une centaine d’enseignants formés à un enseignement renforcé de la langue. On retrouve des écoles de Nouméa, de Païta, de Dumbéa, du Mont-Dore et de Boulouparis. Le dispositif s’appuie à la fois sur des pratiques pédagogiques adaptées et sur un accompagnement des enseignants. Plusieurs d’entre eux ont bénéficié d’immersions professionnelles en Australie, leur permettant de renforcer leurs compétences linguistiques et pédagogiques, avant de les partager au sein des équipes éducatives. Après une pause en 2025, ces échanges doivent reprendre en 2026, dans une logique de montée en compétence continue. Parallèlement, un partenariat avec les institutions éducatives vise à assurer une meilleure continuité entre le primaire et le secondaire. L’ambition est de structurer un parcours bilingue cohérent, permettant aux élèves d’acquérir des compétences linguistiques solides et durables, en phase avec leur environnement régional. Et aussi...
Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 9 GRAND ANGLE de l’aide individuelle, Clic & Mouv’ agit comme un véritable écosystème : il soutient le pouvoir d’achat des familles, génère des recettes pour les structures locales et contribue à structurer l’offre de loisirs sur l’ensemble du territoire provincial. Du neuf pour la saison 4. Pour cette nouvelle saison, la province Sud a choisi d’ajuster le dispositif pour le recentrer sur les collégiens et lycéens, avec une volonté de toucher un public adolescent plus large. L’accès au portefeuille numérique a été simplifié grâce à la distribution de QR codes dans les établissements scolaires. La saison 4 s’accompagne également d’une nouvelle identité visuelle, et d’un enrichissement de l’offre d’activités : stages de vacances, activités adaptées aux personnes en situation de handicap, activités familiales… Le dispositif change pour devenir plus inclusif et plus en phase avec les attentes des jeunes et des familles. Les objectifs sont ainsi revus à la hausse : 21000 jeunes, 400 partenaires, mais également un accompagnement renforcé pour les publics spécifiques et l’adaptation des offres aux réalités du terrain, notamment dans les zones les moins dotées. Au-delà des chiffres, la soirée du 17 mars a surtout mis en lumière une réussite collective. Celle d’un dispositif qui rassemble institutions, partenaires et jeunes autour d’un objectif commun : favoriser l’épanouissement de la jeunesse calédonienne. Bon de 6000 F : une dotation exceptionnelle Jeudi 12 février, l’assemblée de la province Sud a voté à l’unanimité une aide de 6000 francs par enfant, de la crèche à la terminale. Financée par la dotation exceptionnelle de l’État français en 2025, elle soutiendra les familles via la cantine ou un bon d’achat (hors alcool et tabac). Dans un contexte encore difficile, cette mesure apportera un appui concret aux parents. Une large communication sera faite au moment du déploiement très prochainement. Rentrée scolaire : un suivi santé structuré dès l’école À chaque rentrée, la province Sud déploie un dispositif de médecine scolaire destiné à assurer le suivi et la prévention auprès des élèves. Des consultations sont organisées à des étapes clés de la scolarité, notamment en grande section de maternelle, en CE1 et en 6e. En 2025, près de 5 000 enfants ont bénéficié d’une visite médicale en maternelle et en primaire, et environ 2 000 élèves de 6e dans le cadre d’un dispositif étendu à l’ensemble du niveau. Ces bilans portent sur le développement global de l’enfant : vision, audition, croissance, langage et comportement. Ils permettent d’identifier d’éventuelles difficultés et, le cas échéant, d’orienter vers des professionnels adaptés. Parallèlement, les centres médico-sociaux assurent un accompagnement de proximité pour les familles, avec des actions de prévention sur la nutrition, le sommeil, les écrans ou l’activité physique. Ce dispositif s’inscrit dans une logique de repérage précoce et d’accompagnement continu des enfants sur l’ensemble du territoire. Bon à savoir Des résultats qui confirment l’utilité du dispositif Depuis son lancement, Clic & Mouv’ a connu une montée en puissance significative. • Saison 1 (2023-2024) : 6244 jeunes ont bénéficié du dispositif, générant plus de 81,6 millions de francs pour 213 partenaires. • Saison 2 (2024-2025, écourtée après 2 mois et demi en raison des émeutes) : 4733 jeunes ont bénéficié du dispositif pour 38,3 millions de francs. • Saison 3 (2025-2026) : 9221 jeunes et plus de 106,8 millions de francs injectés dans l’économie locale au profit de 283 partenaires. Ces chiffres traduisent à la fois l’adhésion des jeunes et la pertinence d’un dispositif qui répond à un besoin réel, dans un contexte où plus de 32 % des jeunes déclarent ne pratiquer aucune activité.
10 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 L’accès à l’emploi des moins de 30 ans reste un enjeu central en province Sud. Début 2025, ils représentent environ 35 % des demandeurs d’emploi, soit plus de 4000 jeunes inscrits. Une proportion élevée qui reflète des difficultés d’insertion durables, notamment pour les profils peu qualifiés ou en début de parcours professionnel. Le niveau de qualification des jeunes demandeurs d’emploi reste hétérogène. Une majorité se situe autour du niveau bac, avec une part significative de titulaires de CAP ou BEP. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont moins nombreux, mais aussi concernés par des difficultés d’accès à l’emploi, notamment en début de carrière. « Cette diversité de profils implique des réponses adaptées, à la fois en termes d’accompagnement et d’accès direct à l’emploi », explique Marie Benzaglou, directrice de la Direction de l’emploi et du logement de la Province. Pour répondre à cette situation, les dispositifs s’articulent autour de trois axes complémentaires : l’aide à l’embauche, l’accompagnement vers l’emploi et la préparation en amont. Les aides à l’embauche visent à lever les freins côté employeurs. Elles permettent de réduire le coût d’un recrutement, en particulier pour les jeunes. Plusieurs dispositifs existent, allant de l’aide à la première embauche à des mesures ciblées sur certains publics. Le dispositif Sud Jeunes s’inscrit dans cette logique. Lancé en 2025, il prend en charge une partie du salaire sur les premiers mois du contrat, jusqu’à trois mois pour un CDI, dans la limite de 2 millions de francs. « En quelques mois, plusieurs dizaines de jeunes ont ainsi accédé à un emploi grâce à ce dispositif, majoritairement en contrat durable, dans des secteurs variés comme le commerce, les services, la santé ou l’artisanat », se félicite la directrice. Sécuriser les parcours. L’aide financière ne suffit pas toujours. Une partie des jeunes rencontre des freins plus profonds à l’emploi : manque d’expérience, difficultés de mobilité, problématiques sociales ou absence de projet professionnel structuré. Des dispositifs d’accompagnement socio-professionnel sont mobilisés pour répondre à ces situations. Ils permettent d’agir en amont du recrutement, EMPLOI DES JEUNES, des dispositifs pour répondre à une pression persistante Études supérieures : le guide pour ne pas se perdre en route Véritable boussole pour les étudiants et leurs familles, le guide des aides aux études supérieures de la province Sud dresse un panorama complet des dispositifs existants pour accompagner les jeunes dans leur parcours. Il détaille l’ensemble des aides financières et des mesures d’accompagnement, que les études se déroulent en Nouvelle-Calédonie, en métropole, à l’étranger ou dans la zone régionale. Bourses, aides annuelles, primes d’installation, prise en charge des transports ou encore dispositifs spécifiques comme la Bourse d’Accès aux Grandes Écoles : le document couvre tous les cas de figure et précise les conditions d’éligibilité, les montants et les démarches à suivre. Au-delà des financements, ce guide met en lumière une stratégie globale : sécuriser les parcours, lever les freins économiques et accompagner concrètement les étudiants, depuis l’inscription jusqu’à leur installation. Un outil opérationnel, mais aussi un signal clair : investir dans la jeunesse reste une priorité structurante pour la province Sud. Revivre en Nouvelle-Calédonie Le dispositif «Revivre en Nouvelle-Calédonie» accompagne les jeunes ayant poursuivi leurs études hors du territoire dans leur retour et leur insertion professionnelle. Il propose un appui à la recherche d’emploi et favorise la mise en relation avec les entreprises locales. En 2023, 9 jeunes ont été accompagnés dans ce cadre, dont 5 ont été intégrés en entreprise. Le dispositif s’inscrit dans une logique de valorisation des compétences acquises à l’extérieur. Bon à savoir
Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 11 GRAND ANGLE en travaillant sur les compétences, la posture professionnelle et la définition du projet. Ces parcours peuvent inclure des immersions en entreprise, des stages d’insertion, des ateliers de recherche d’emploi ou des accompagnements plus complets combinant formation, coaching et suivi individualisé. Ils s’adressent en priorité aux jeunes les plus éloignés de l’emploi, mais restent accessibles à un public plus large. L’objectif est de renforcer l’employabilité et de sécuriser les trajectoires, en évitant les entrées et sorties répétées du marché du travail. Préparer l’entrée dans l’emploi avec « job d’été ». L’intervention ne se limite pas aux jeunes déjà inscrits comme demandeurs d’emploi. Des dispositifs sont également proposés aux publics en formation, afin de faciliter le passage vers la vie active. Le «job d’été» permet ainsi aux jeunes scolarisés d’accéder à une première expérience professionnelle sur une période courte. D’autres aides accompagnent les étudiants dans leurs stages de fin d’études, en soutenant leur insertion dans le monde du travail. Ces premières expériences jouent un rôle clé. Elles permettent de découvrir les attentes des employeurs, d’acquérir des compétences concrètes et de commencer à construire un réseau professionnel. Une réponse à plusieurs niveaux. L’ensemble de ces dispositifs forme une architecture d’intervention progressive. Elle vise à agir à différents moments du parcours : en amont, pendant la recherche d’emploi et aumoment du recrutement. Cette approche combine soutien aux entreprises et accompagnement des jeunes, avec une attention particulière portée aux publics les plus fragiles. Elle repose sur une logique simple : multiplier les points d’entrée vers l’emploi, plutôt que de miser sur un dispositif unique. Dans un contexte économique marqué par des tensions persistantes, cette stratégie cherche à répondre à un défi structurel : faciliter l’accèsdes jeunesàunemploi durable, malgré des parcours souvent fragmentés et des conditions d’insertion encore incertaines. Étudier en Australie. La mise en place d’un dispositif de mobilité en Australie ouvre les portes de deux universités prestigieuses : James Cook University et l’University of Queensland. Dans des domaines stratégiques comme les mines, l’énergie, la gestion des ressources naturelles, l’innovation ou les nouvelles technologies, les étudiants calédoniens peuvent désormais suivre des cursus de haut niveau, en lien direct avec les réalités économiques et environnementales de la région Pacifique. Le soutien de la Province prend la forme d’une prise en charge partielle des frais de scolarité (50 % avec un plafond de 2 millions de francs), complétée par une bourse mensuelle de 30000 francs et des réductions accordées par les universités partenaires sur les frais d’inscription. Ce montage financier vise à rendre accessibles des formations souvent coûteuses, tout en sécurisant le parcours des étudiants sur place. Au-delà de l’aspect académique, ce dispositif s’inscrit dans une logique plus large de mobilité régionale. L’Australie constitue un environnement universitaire attractif, avec des campus fortement connectés aux entreprises et aux centres de recherche. Les étudiants peuvent ainsi bénéficier d’enseignements ancrés dans des secteurs en tension, mais aussi d’opportunités de stages et d’expériences professionnelles valorisables à leur retour. La proximité géographique joue également un rôle déterminant. Elle permet de limiter les coûts de transport et de maintenir un lien régulier avec la Nouvelle-Calédonie, un facteur important pour des parcours souvent longs et exigeants. Cette dimension régionale facilite aussi les allers-retours et les perspectives de coopération entre institutions. À terme, ce dispositif vise à structurer un réseau d’établissements partenaires dans la zone Pacifique, afin de multiplier les passerelles entre formation, stage et emploi. L’enjeu est double : offrir aux étudiants des parcours d’excellence à l’international, tout en renforçant les compétences disponibles localement dans des secteurs stratégiques pour le territoire. Zoom sur... Sud Jeunes, un levier concret pour faciliter l’accès à l’emploi Faciliter l’entrée des jeunes dans le monde du travail reste un enjeu majeur en province Sud. Le dispositif Sud Jeunes s’inscrit dans cette dynamique en apportant un soutien direct aux entreprises qui recrutent des moins de 30 ans. L’objectif est clair : réduire les freins à l’embauche et favoriser des opportunités d’emploi durables pour les jeunes Calédoniens. Le principe repose sur une aide financière accordée à l’employeur. Celle-ci permet de prendre en charge une partie du salaire sur les premiers mois du contrat, période souvent décisive pour un recrutement. L’aide peut atteindre un mois et demi de salaire pour un contrat à durée déterminée de douze mois, et jusqu’à trois mois pour un contrat à durée indéterminée, dans la limite de deux millions de francs. Le dispositif s’adresse aux jeunes de moins de 30 ans, installés durablement sur le territoire, ainsi qu’aux entreprises implantées en province Sud, tous secteurs confondus. Il vise en priorité des recrutements inscrits dans la durée, avec une attention particulière portée aux profils qui peinent à accéder à un premier emploi. Au-delà de l’aide financière, Sud Jeunes s’inscrit dans une approche plus globale de l’insertion professionnelle. Il contribue à sécuriser les premiers pas dans l’emploi, à encourager les entreprises à franchir le cap du recrutement et à faciliter la rencontre entre les besoins du tissu économique local et les compétences des jeunes. En soutenant à la fois l’offre et la demande, le dispositif participe à structurer des parcours professionnels plus stables, tout en répondant aux enjeux d’emploi du territoire. L'info en+
12 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 Au cœur du stand calédonien, une génération en formation s’est imposée comme un maillon essentiel du dispositif. Quatre élèves du lycée professionnel Auguste Escoffier - Leïla Moglia, Nolwenn Marowitch, Seiko Treulue et Émile Ihage - ont participé activement à l’ensemble des temps forts du Salon, aux côtés de leurs enseignants, Bruno Barbié et Gilles Walter. De la préparation en cuisine dès les premières heures de la journée jusqu’au service et aux échanges avec le public, leur implication a été constante, dans un environnement exigeant, rythmé et très exposé. Mobilisés du matin au soir, ils ont enchaîné les services, assuré le dressage et pris part aux dégustations ouvertes aux visiteurs. Une expérience concrète, au plus près des conditions réelles du métier, où chaque geste compte. Face à un public nombreux, ils ont également présenté les produits et expliqué les recettes, développant à la fois leur aisance à l’oral et leur capacité à valoriser les savoir-faire calédoniens. Leur implication à cet évènement a même dépassé ce qui était prévu à l'origine, puisque les élèves ont participé à l'émissionTélématin sur France 2, et ont eu l'occasion demontrer leurs talents musicaux lors d'un concert improvisé sur la scène du village du Pacifique. Cette immersionne se limite pas à un exercice pédagogique. Elle constitue une mise en situation professionnelle complète, où les élèves doivent s’adapter aux contraintes du terrain : cadence soutenue, coordination avec les équipes, exigence de qualité et gestion du stress. Autant de compétences indispensables dans les métiers de la restauration et de l’hôtellerie, que ce type d’événement permet d’expérimenter grandeur nature. SALON INTERNATIONAL DE L’AGRICULTURE, la jeunesse calédonienne aux fourneaux
Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 13 SUR LE TERRAIN Leur présence s’inscrit dans une logique de formation ancrée dans le réel, au contact direct des acteurs du secteur et du public. Elle permet aussi de donner à voir une jeunesse engagée, déjà opérationnelle, capable de représenter son territoire à travers son travail. Sur lestand, lesproduitscalédoniensprennent une autre dimension lorsqu’ils sont portés par ceux qui se forment à les transformer et à les faire découvrir. Les visites du président de la République, de la ministre de l’Agriculture, de la ministre des Outre-mer et de nombreux autres officiels ont permis de souligner cette implication. Les élèves ont pu présenter leurs préparations, échanger sur leur parcours et témoigner de leur expérience dans un cadre officiel, valorisant leur engagement et leur formation. Une reconnaissance qui s’ajoute à celle du public, au fil des dégustations et des échanges. Au-delà de l’événement, cette participation illustre la place donnée à la jeunesse dans les actions de promotion du territoire. Elle met en lumière des parcours en construction, inscrits dans des filières professionnelles concrètes, et directement connectés aux enjeux économiques locaux. Le lycée Escoffier apparaît ainsi comme un acteur clé de cette dynamique, en formant des jeunes capables de s’insérer rapidement dans le monde professionnel tout en contribuant à la valorisation des productions locales. Sur le stand comme en cuisine, ces élèves n’ont pas seulement appris. Ils ont travaillé, représenté, expliqué, transmis. Une expérience dense, formatrice, qui dépasse le cadre scolaire et s’inscrit déjà dans une trajectoire professionnelle. Guillaume, produire sur le territoire Formé à l’ISTOM, Guillaume Demangeau fait le choix de revenir en NouvelleCalédonie pour y créer son activité. Avec The Safe Garden, il développe une production végétale locale fondée sur une idée simple : produire sur le territoire ce qui est encore largement importé, notamment les tisanes. « On importe beaucoup trop de choses que nous sommes pourtant capables de produire localement », résume-t-il. Installé au Mont-Dore, il cultive lui-même les plantes qu’il transforme ensuite sous la marque Infusions L’instant. De la récolte au conditionnement, chaque étape est maîtrisée : tri, lavage, séchage et mise en sachet. Une production artisanale qui valorise des plantes locales encore peu connues. Aujourd’hui, la gamme se compose de mélanges, de monoplantes et de produits issus du coco. « Ce qui m’anime, c’est de valoriser des ressources locales et de développer de nouveaux produits », explique-t-il. Sa participation au Salon international de l’agriculture s’inscrit dans cette logique de visibilité et de développement. Jordane, le savoir-faire artisanal À Boulouparis, la distillerie familiale portée par Jordane, ingénieure en biochimie, s’appuie sur une production artisanale centrée sur le niaouli, plante emblématique du paysage calédonien. Aux côtés de ses parents et de son mari, elle développe une activité fondée sur la transformation de ressources naturelles locales. Les feuilles, issues de cueillettes manuelles, sont récoltées au sabre puis distillées à basse pression. Ce procédé permet de préserver les propriétés de la plante et d’obtenir une huile essentielle complète. L’ensemble du processus est pensé pour garantir la qualité du produit tout en respectant les cycles naturels. La production repose également sur un travail en lien avec les tribus environnantes, impliquées dans la récolte. Ce partenariat s’inscrit dans une démarche locale et encadrée, associant valorisation économique et respect des pratiques. La présence de ce type de produit au Salon constitue une vitrine pour faire connaître ce savoir-faire, d'autant plus que le niaouli est emblématique de la culture calédonienne. Jérôme, l’élevage dans la peau À Moindou, l’élevage Forest s’inscrit dans une histoire familiale ancienne, transmise depuis plusieurs générations. Repris récemment par Jérôme Forest, il repose aujourd’hui sur une exploitation de plus de 300 hectares, complétée par une seconde propriété. À la tête d’un troupeau d’une centaine de bovins, l’éleveur a fait le choix d’un modèle orienté vers la qualité et le respect du vivant. Certifiée en agriculture biologique, l’exploitation fonctionne sans traitements sur les animaux ni sur les sols depuis plus de dix ans. Les animaux, issus de races rustiques comme le brahmane, sont élevés en plein air et nourris exclusivement à l’herbe. Ce mode d’élevage vise à concilier performance, bienêtre animal et pratiques durables. Pour Jérôme Forest, la participation au Salon international de l’agriculture répond à une volonté de valoriser l’image de l’agriculture calédonienne. « L’objectif est de montrer un travail sérieux, professionnel, tourné vers la qualité », explique-t-il. À travers cet élevage, c’est une agriculture ancrée dans ses racines mais tournée vers des pratiques responsables qui s’exprime. PORTRAITS EXPRESS 3 producteurs locaux exposés au SIA
14 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 Reconduit après son succès massif, Sud Pro s’impose comme le pilier du soutien économique de la province Sud envers les patentés et les très petites entreprises. Un dispositif simple, rapide, pensé pour accompagner concrètement l’activité et soutenir l’investissement sur le territoire. C’est le cœur de la mécanique. Lors de l’assemblée de province du 19 mars, les élus ont acté la reconduction du dispositif Sud Pro, confirmant son rôle central dans la stratégie de soutien à l’économie locale. Un choix assumé dans un territoire encore fragilisé, où les très petites entreprises restent en première ligne. La présidente de l’assembléede laprovinceSuda indiquéque le dispositif serait rouvert à compter du 15 avril 2026. Il ne fonctionnera pas selon une logique de « premier arrivé, premier servi » : les entreprises disposeront du temps nécessaire pour identifier leurs besoins et sélectionner leurs prestataires. Le soutien prendra la forme d’un cofinancement à hauteur de 50 % des dépenses engagées, exclusivement orientées vers l’investissement, à l’exclusion des dépenses de fonctionnement. Lancé en 2025, Sud Pro visait une cible claire : les patentés et les structures demoins de deux salariés. Autrement dit, l’essentiel du tissu économique local, des entreprises souvent agiles, mais financièrement plus vulnérables. Un an plus tard, le dispositif affiche un bilan difficile à contester. Assemblée de Province SUD PRO 2026, une chance supplémentaire pour la relance ,, PLUS DE 7 800 ENTREPRISES ONT BÉNÉFICIÉ DU DISPOSITIF, POUR UN TOTAL DE 1,67 MILLIARD DE FRANCS MOBILISÉS.
Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 15 ACTUALITÉS Au total, 7 832 entreprises ont bénéficié de cette aide. Plus de 1,67 milliard de francs ont été injectés dans l’économie, permettant le règlement de 14 280 factures. Derrière ces chiffres, une réalité très concrète : des équipements achetés, des outils modernisés, des activités relancées. Simplicité. La clé du succès tient à la simplicité du dispositif. Chaque entreprise bénéficiaire reçoit des crédits-points, utilisables directement via une plateforme dédiée. Pas de circuit administratif complexe, pas de délais interminables : l’aide est mobilisable rapidement, ce qui change tout pour des structures souvent à flux tendu. Les secteurs bénéficiaires traduisent d’ailleurs la diversité de l’économie locale. Services, commerce, BTP dominent largement, suivis par l’agriculture, la pêche ou encore la production. Sud Pro n’a pas ciblé une filière en particulier : il a irrigué l’ensemble du tissu économique. Pour 2026, la province Sud ne se contente pas de reconduire le dispositif. Elle le fait évoluer. Le dispositif est élargi aux petites entreprises de moins de 5 salariés (au lieu de 2), avec une reconduction pour les entreprises qui en ont déjà bénéficié en 2025. Jusqu’ici, SudPro permettait aussi de soutenir des dépenses plus immédiates. Désormais, l’objectif est de pousser les entreprises à se projeter. Acheter du matériel, améliorer un outil de production, investir dans le numérique ou dans des aménagements durables. En clair, passer d’une logique de survie à une logique de développement. Les conditions d’accès restent strictement encadrées. Pour être éligible, l’entreprise doit être implantée en province Sud, compter au maximum cinq salariés et être inscrite au RIDET avant le 1er janvier 2026. Chaque bénéficiaire se verra attribuer 125 créditspoints, soit l’équivalent de 125 000 francs. Le calendrier est lui aussi balisé : ouverture de la plateforme le 15 avril, clôture le 31 octobre. Une temporalité volontairement resserrée pour maintenir une dynamique rapide et éviter l’effet d’étalement des dispositifs classiques. Soutien pour le secteur nautique après la restriction des activités en mer. Autre mesure forte adoptée lors de cette assemblée de la Province : la mise en place d’un plan de soutien exceptionnel à destination des entreprises touchées par les restrictions d’activités en mer, après l’attaque de requin survenue en février à Nouméa. Sont notamment concernés les hôtels situés sur les îlots, les restaurants en mer ou sur îlot, les entreprises de transport nautique touristique (taxi-boats), les prestataires de location de matériel nautique ou subaquatique et d’encadrement d’activités, les commerces spécialisés en matériel pour la pratique d’activités nautiques et les associations de loisirs nautiques employant des salariés. 33 structures ont été identifiées comme potentiellement impactées. Une aide à la trésorerie sera accordée pour couvrir leschargesd’exploitationsurplusieurs mois, avec un plafond fixé à 1,5 million de francs CFP par mois et par entreprise. L’objectif est d’amortir le choc économique et de préserver l’activité liée au lagon, d’autant que les restrictions des activités nautiques peuvent avoir des répercussions bien audelà de leur durée, en fragilisant l’ensemble d’une saison touristique, comme l’a rappelé la présidente de l’assemblée de Province. Quelques changements pour PROMOSUD et le code de l’environnement. L’assemblée a également validé un meilleur encadrement des orientations de PROMOSUD, afin de renforcer la transparence, le pilotage et l’évaluation des projets soutenus, dans la continuité des recommandations de la Chambre territoriale des comptes. La société concentrera son action sur plusieurs secteurs prioritaires : tourisme, logistique, numérique, ressources naturelles ou encore activités minières et métallurgiques.Lesprojetsdevrontdésormais démontrer leur impact économique et social, au-delà de leur seule rentabilité. Enfin, les élus ont adopté une série de modifications du code de l’environnement, en vigueur depuis 2009. L’objectif, adapter le cadre réglementaire aux évolutions scientifiques, aux nouvelles pratiques et aux enjeux actuels. Ces ajustements doivent permettre de concilier plus efficacement développement économique et préservation de la biodiversité. On le voit, à travers la majorité des décisions votées ce 19 mars, la province Sud continue de soutenir les entreprises locales, tout en structurant son action économique. Entre réponse aux urgences conjoncturelles et vision à plus long terme, la collectivité cherche à sécuriser l’activité et accompagner la transformation durable du territoire.
16 | SUD'MAG #34 | Mars 2026 Lancé officiellement le 23 février, ce nouveau soutien provincial vise à redonner de l’oxygène et de la trésorerie aux petites et moyennes entreprises Dans un territoire qui n’a pas fini d’être marqué par les répercussions de mai 2024, la province Sud propose avec « Sud Relance » d’aider à relancer une catégorie particulièrement touchée. Le dispositif repose sur un prêt participatif, sans exigence de garanties sur les actifs ou le patrimoine du dirigeant. Concrètement, Sud Relance vise à renforcer la trésorerie des entreprises, ce nerf de la guerre trop souvent à sec. Reconstituer des stocks, embaucher, investir dans du matériel ou rénover un outil de production : le prêt couvre des besoins très opérationnels. Il va même plus loin en finançant des investissements immatériels, comme la formation, le développement commercial ou les mises aux normes. « Autrement dit, tout ce qui prépare l’entreprise à exister demain, pas seulement à survivre aujourd’hui », explique Raphaël Larvor, directeur de la Direction du développement économique et du tourisme (DDET). Attractivité. Sur le plan financier, le dispositif joue la carte de l’attractivité. Le taux, compris entre 2,5 % et 3,7 %, est inférieur à celui du marché. La durée peut aller jusqu’à sept ans, avec un différé de remboursement pouvant atteindre deux ans. Traduction : on laisse aux entreprises le temps de respirer avant de rembourser. Une évidence économique, rarement appliquée avec autant de clarté. Sud Relance repose sur un partenariat avec Bpifrance, qui démultiplie l’impact des fonds publics. Pour un franc engagé par la province Sud, 2,4 francs supplémentaires sont injectés. Et avec les financements complémentaires exigés (banques ou fonds propres), chaque franc public peut générer jusqu’à 6,8 francs de financement total. Un effet de levier assumé, presque offensif, dans un contexte où chaque investissement compte. Cadrage. Ce montage n’est pas qu’un simple outil financier. En mobilisant un milliard de francs, la collectivité accepte de prendre une part du risque aux côtés des entrepreneurs. Un message implicite mais limpide : la relance est une affaire collective, et l’institution ne restera pas sur le bord du terrain. Reste la question de l’accès. Le dispositif cible les TPE et PME implantées en province Sud, âgées de plus de trois ans, à jour de leurs obligations fiscales et sociales. Certaines activités sont exclues, notamment l’immobilier, l’agriculture ou la pêche, car ce sont des secteurs ciblés par d'autres dispositifs. Pour les entreprises éligibles, deux portes d’entrée : Bpifrance ou leur banque habituelle. La DDET joue, elle, un rôle d’accompagnement. Sur le papier, le parcours est balisé. Tout dépendra ensuite de la capacité des entreprises à monter des dossiers solides, avec bilans, prévisionnels et stratégie claire. La relance, oui. Mais pas sans méthode. Sud Relance dit quelque chose de plus large sur l’économie calédonienne. Elle entre dans une phase où la survie ne suffit plus. Il faut investir, se transformer, parfois se réinventer. Et pour cela, il faut du capital, mais aussi du temps et de la confiance. La province Sud a choisi de jouer sur les trois tableaux. Tout est fait pour aider les entreprises à retrouver leur dynamisme grâce à cette nouvelle opportunité SUD RELANCE pour remettre l’économie en mouvement ,, LA RELANCE EST UNE AFFAIRE COLLECTIVE : LA COLLECTIVITÉ CHOISIT DE PRENDRE SA PART DU RISQUE AUX CÔTÉS DES ENTREPRISES.
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