Mars 2026 | SUD'MAG #34 | 7 GRAND ANGLE Mieux comprendre les adolescents pour ajuster les politiques publiques. C’est l’objectif de l’enquête « Bien dans mes claquettes », menée auprès des élèves de 3e de la province Sud. En 2025, 2323 jeunes ont participé à cette seconde édition, avec un taux de réponse de 85 %, confirmant la solidité de ce baromètre lancé en 2022, qui avait déjà couvert plus de 80 % des collégiens concernés. Premier enseignement : plusieurs indicateurs sont orientés à la baisse. Les consommations d’alcool, de tabac et de cannabis reculent, tout comme certains faits de violence déclarés. Des tendances déjà observées en 2022 et qui se confirment, suggérant un effet des actions de prévention menées sur le territoire. Pour autant, ces comportements n’ont pas disparu. L’enquête montre qu’ils restent présents dans le quotidien d’une partie des jeunes, notamment à travers des usages occasionnels, mais banalisés. Autre signal plus préoccupant : la progression de l’inactivité. Une part importante des adolescents déclare ne pratiquer aucune activité régulière en dehors du temps scolaire. Le phénomène touche davantage les filles, déjà moins engagées dans les activités sportives ou de loisirs. Les freins sont identifiés : coût des activités, manque d’offres à proximité ou difficultés de transport. Des facteurs qui pèsent directement sur l’accès aux loisirs et sur l’équilibre de vie des jeunes. Écrans et isolement. Le temps passé devant les écrans reste élevé. Il occupe une place centrale dans le quotidien des adolescents, au détriment d’autres activités. Par exemple, 32% des jeunes déclarent un temps d'écran d'au moins 5h par jour, et ce, lors des jours d'école. Les chiffres grimpent encore davantage lors des vacances scolaires, où 38% des jeunes déclarent passer au moins 8h derrière leurs écrans. Cette exposition importante s’accompagne parfois d’un repli sur soi ou d’une diminution des interactions sociales hors cadre scolaire. Dans ce contexte, l’accès à des espaces de socialisation encadrés apparaît comme un enjeu clé. L’enquête met en évidence des vulnérabilités liées à l’environnement des jeunes. Le lien familial, la confiance en soi ou encore le sentiment d’utilité jouent un rôle déterminant. À l’inverse, l’isolement ou le manque de repères peuvent accentuer les difficultés. La santé mentale s’impose également comme un sujet majeur. Fatigue, stress, difficultés de concentration oumal-être sont régulièrement évoqués par les élèves interrogés. Un outil d’aide à la décision. Au-delà du constat, «Biendansmes claquettes»constitue un levier pour orienter les actions publiques. Développement des activités sportives et culturelles, amélioration de leur accessibilité, renforcement de la prévention et du soutien aux familles : autant de pistes identifiées pour répondre aux besoins exprimés. En creux, l’enquête dessine le portrait d’une jeunesse contrastée : moins exposée à certains risques, mais plus fragile sur d’autres fronts. Un équilibre instable, qui impose de regarder les chiffres en face. BIEN DANS MES CLAQUETTES, une radiographie inédite de la jeunesse
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