Avril - Mai 2026 | SUD'MAG #35 | 13 SUR LE TERRAIN Un dispositif renforcé contre la désertification La province Sud poursuit l’adaptation de ses outils pour répondre à la raréfaction des professionnels de santé. Depuis 2023, sur plus de 70 dossiers de demandes d’aides traitées, c’est plus d’une vingtaine de cabinets de praticiens médicaux ou paramédicaux qui ont pu bénéficier d’une aide à l’installation (ou réinstallation suite aux émeutes de mai 2024) ; ou d’aides à de l’équipement, ou rééquipement médical, dans un contexte où réinvestir dans la qualité des soins se réfléchit économiquement à deux fois. L’effort financier pour la province Sud s’élève à près de 52 millions CFP. Face à ces enjeux, les élus ont voté le 24 avril dernier lors de l’Assemblée de province un renforcement de l’aide à l’installation et à l’équipement des praticiens libéraux, avec un objectif affiché : consolider l’offre et maintenir la qualité des soins sur l’ensemble du territoire. Première évolution, l’élargissement du périmètre. Désormais, presque toute la Province devient éligible aux aides, à l’exception du sud de Nouméa, moins concerné par les tensions. Deuxième changement, l’ouverture à un plus large éventail de professionnels, y compris ceux exerçant en nom propre, afin de mieux coller aux réalités du terrain. En parallèle, les conditions d’attribution sont resserrées. Installation effective, volume d’activité minimum, respect des obligations sociales et fiscales, prise en charge de certains publics : les bénéficiaires devront répondre à des critères précis. En cas de manquement, des mécanismes de remboursement sont prévus ». Se former au métier d’infirmier, une indemnité pour reprendre le chemin des études Reprendre des études en santé après 28 ans relève souvent du pari financier. Pour lever cet obstacle, la province Sud propose une indemnité destinée aux aides-soignants en reconversion et aux demandeurs d’emploi engagés dans une formation infirmière à l’IFPSS-NC. Une aide ciblée, qui vise à sécuriser des parcours de formation longs, tout en répondant aux besoins du territoire. Le dispositif s’adresse aux personnes résidant en province Sud depuis au moins six mois, inscrites en formation en soins infirmiers. Les aides-soignants en reconversion échappent à l’obligation d’inscription comme demandeur d’emploi. Tous bénéficient du statut de stagiaire de la formation professionnelle continue, avec une couverture sociale associée. L’indemnité mensuelle est fixée à 38 % du SMG. Elle est versée pendant toute la durée de la formation, dans la limite de trois ans, avec possibilité d’une année supplémentaire en cas de redoublement. Elle n’est pas cumulable avec une allocation chômage ou une autre aide à la formation. Le versement repose sur l’assiduité, contrôlée chaque mois par l’IFPSS : absences non justifiées, abandon ou changement d’orientation entraînent l’arrêt immédiat de l’indemnisation. L’accès au dispositif est encadré. Il faut notamment justifier d’un refus d’aide du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, ne pas avoir déjà bénéficié de 36 mois de prise en charge, et s’engager à exercer en province Sud pendant au moins deux ans après l’obtention du diplôme. Derrière ce mécanisme, une logique simple : permettre à des profils déjà engagés dans le soin de franchir une étape supplémentaire, sans que la question financière ne vienne tout arrêter. Valable jusqu’au 31 décembre 2027 du diplôme. Valable jusqu’au 31 décembre 2027, cette aide se veut simple d’accès, avec une demande possible à tout moment. Un coup de pouce assumé, pour transformer un stage en installation durable. Mathilde, infirmière à l’unité de néphrologie de Nouvelle-Calédonie, fait partie des soignants venus s’installer en province Sud avec l’appui du dispositif d’aide à l’installation. Originaire de la région parisienne, elle a construit son parcours entre psychiatrie, médecine générale, gériatrie, puis plusieurs expériences ultramarines, de La Réunion à Mayotte, en passant par Madagascar et la Guyane. Son arrivée en Nouvelle-Calédonie s’inscrit dans cette trajectoire de mobilité et d’engagement. À l’U2NC, où elle se forme à la dialyse, l’accompagnement de la province Sud a constitué un appui concret pour franchir le cap de l’installation. « Ce dispositif a joué un rôle déterminant dans mon installation. J’ai rencontré beaucoup de personnes qui étaient venues avec un billet aller… et qui sont encore là plusieurs années après. Bienvenue à tous les soignants. Ici, chacun peut trouver sa place et son équilibre ». KIT attractivité, attirer des soignants, concrètement. Dans un contexte de pénurie de personnels de santé, la province Sud mise sur un levier direct : faciliter l’installation des infirmiers recrutés hors territoire. Avec le KIT attractivité, elle cible un moment clé, souvent décisif, celui de l’arrivée. Objectif : transformer une prise de poste en installation durable. Le dispositif s’adresse aux infirmiers diplômés recrutés dans un établissement privé de la province Sud, n’ayant pas résidé en Nouvelle-Calédonie au cours des deux dernières années. En contrepartie, ils s’engagent à exercer sur le territoire pendant au moins 18 mois. Deux formules sont proposées. Le kit individuel comprend une aide au transport de 150000 francs, une prise en charge du loyer de 130000 francs par mois pendant trois mois, ainsi qu’une prime d’installation de 190000 francs. À cela s’ajoutent trois cartes cadeaux dédiées aux activités de loisirs. Le kit famille prévoit un accompagnement renforcé : 450000 francs pour le transport, 200000 francs de loyer mensuel sur trois mois, la même prime d’installation et quatre cartes cadeaux. Maëlle est infirmière en dialyse à l’unité de néphrologie de NouvelleCalédonie. Le kit l’a « aidé sur l’installation, notamment pour l’achat des meubles, la voiture, tout ce qu’ondoitmettre enplace quand on arrive. Lors de l’entretien d’embauche, on nous a parlé des émeutes, de la situation sur le territoire. Rien n’est caché, on sait où onmet les pieds. On a une formation sur la culture locale, sur les codes, le tutoiement, le vouvoiement… Ça aide vraiment à mieux comprendre les patients ». Le dispositif intègre également une prime complémentaire de 500000 francs pour les infirmiers recrutés dans deux spécialités identifiées en tension : bloc opératoire et anesthésie.Derrièrecesmontants,unelogique opérationnelle : lever les freins immédiats à l’installation — logement, équipement, coût du déplacement — et sécuriser les premiers mois. Un investissement ciblé, dans un secteur où chaque recrutement compte. Ces dispositifs sont applicables jusqu'au 31 décembre 2027. ,, ATTIRER DES SOIGNANTS LÀ OÙ ILS MANQUENT, C’EST TOUT L’ENJEU DE CETTE AIDE À LA MOBILITÉ PORTÉE PAR LA PROVINCE SUD.
RkJQdWJsaXNoZXIy MjE1NDI=