24 | SUD'MAG #35 | Avril - Mai 2026 En Nouvelle-Calédonie, où la voiture reste le mode de transport de prédilection, d’autres alternatives plus respectueuses de l’environnement, comme le vélo, peinent à s’imposer. Depuis 2014, l’association Droit au Vélo s’engage à promouvoir cette pratique propre et économique. Moins cher que la voiture, le vélo pourrait être une solution pragmatique face aux difficultés économiques et contribuer à réduire certaines inégalités de genre. Avec l’opération « Elles en Selle », lancé dans le cadre de l’appel à projets « Objectif égalité » de la province Sud, l’association s’est donnée pour mission d’aider les femmes à se remettre en selle. Car plus qu’un moyen de transport, le vélo un outil d’émancipation, d’autonomie et d’accès à l’emploi et aux droits. «C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ». Cette phrase on l’entend souvent. Pourtant, une fois adultes, beaucoup ne se remettent qu’occasionnellement en selle, voire plus du tout. La voiture devient alors le mode de déplacement par défaut. « 80% des déplacements s’effectuent en voiture, alors que plus d’un trajet sur deux fait moins de 3 km », confirme Carole Antoine, administratrice de l’association Droit au Vélo. Certes, on voit chaque jour des vélos et quelques trottinettes électriques se faufiler entre les véhicules, mais ils sont encore peu à oser adopter un mode de déplacement doux. Si la sécurité routière reste le principal frein, d’autres obstacles persistent : le manque de confiance en ses capacités ou encore des aménagements jugés insuffisants. Une alternative économique et bénéfique pour la santé. Pourtant, le vélo pourrait constituer une alternative pertinente pour des trajets courts. D’autant plus que 30% Calédoniens n’ont pas le permis de conduire. La prédominance de la voiture engendre congestion, pollution et une inégalité d’accès, dans un contexte économique contraint où les transports en commun restent couteux pour une partie de la population. « Un vélo coûte environ cent fois moins cher qu’une voiture, ne consomme pas de carburant, se gare facilement et facilite l’accès à l’emploi, aux études et aux services, notamment pour les jeunes et les familles modestes », souligne Carole Antoine. Sans compter qu’il « contribue à la santé publique, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à un cadre de vie plus apaisé. C’est une alternative qui a fait ses preuves dans de nombreuses villes dans le monde. » Trente minutes de vélo par jour réduisent les risques cardiovasculaires et le surpoids, sans oublier les bénéfices pour la santé mentale. Reportage En selle vers plus d’autonomie AVEC DROIT AU VÉLO ,, L’ASSOCIATION OEUVRE À LEVER LES FREINS À L’USAGE DU VÉLO EN SENSIBILISANT LES ACTEURS PUBLICS.
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