SudMag #35 Avril-Mai 2026

Avril - Mai 2026 | SUD'MAG #35 | 25 VIVRE MA PROVINCE Lever les freins à la pratique du vélo. L’association œuvre à lever les freins à l’usage du vélo en sensibilisant les acteurs publics en charge de l’aménagement du territoire. Elle mène des campagnes de comptages des cyclistes afin de disposer des données fiables et déploie l’enquête nationale Baromètre Vélo sur le territoire. Plusieurs aménagements proposés par Droit au Vélo et ses partenaires ont été lauréats du budget participatif de la province Sud : sécurisation du rond-point de l’Eau Vive, liaison entre Doniambo et Ducos, raccourci vélo entre Poé et Deva, passerelle vélo sur la traversée de la Dumbéa, ou encore piste cyclable entre l’ancien péage de Tina et l’échangeur de Normandie. Pour lever les appréhensions, l’association organise des ateliers de remise en selle et des programmes comme « Elles en Selle », lauréat de l’appel à projets « Objectif égalité » lancé par la province sud. Elle intervient aussi dans les établissements scolaires avec le dispositif « Savoir rouler dans les écoles ». Sur le plan économique, les initiatives ne manquent pas : « Nous proposons des ateliers d’autoréparation pour les réparations simples, nous apprenons aux personnes à entretenir leur vélo et organisons des bourses aux vélos pour s’équiper à moindre coût ». « Elles en Selle ». En Nouvelle-Calédonie, 28% des foyers du Grand Nouméa n’ont pas de véhicules, une proportion qui peut atteindre 50% dans certains quartiers. Carole Antoine précise : « Derrière ces chiffres, ce sont majoritairement des femmes : moins motorisées, plus dépendantes de transports collectif, plus exposées au harcèlement dans l’espace public. Lorsqu’il s’agit de se lancer à vélo sans infrastructures sécurisées, ce sont elles qui renoncent en premier. Ce n’est pas un manque de courage, c’est une réponse rationnelle à un environnement inadapté. Résultat : entre 15 et 20% des cyclistes du quotidien sont des femmes ». C’est ce constat qui a donné naissance en 2024 au projet « Elles en Selle ». « Parce que le vélo n’est pas qu’un moyen de transport : c’est un outil d’émancipation, d’autonomie, d’accès à l’emploi et aux droits ». Les ateliers proposent une remise en selle, autoréparation et temps d’échanges. Cet espace permet aux femmes de reprendre confiance, de se réapproprier l’espace public et de découvrir une liberté de mouvement souvent inédite. Au-delà, l’association revendique une démarche plus large : « C’est une démarche politique, au sens noble du terme : ouvrir le débat, interpeller et convaincre les décideurs d’intégrer le genre dans leurs politiques publiques de mobilité. Là où les femmes pédalent librement, c’est que la société a changé. Nous voulons contribuer à ce changement, à notre échelle ».

RkJQdWJsaXNoZXIy MjE1NDI=