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14 Crise de l’effondrement de la biodiversité, enjeu majeur de conservation du vivant On estime que 99% des quatre milliards d’espèces qui ont évoluées sur notre planète depuis l’apparition de la vie, il y a 3,5 milliards d’années, se sont éteintes (Novacek 2001). Ce chiffre illustre à quel point l’extinction d’espèces est un processus commun qui est normalement équilibré par la spéciation. L’équilibre naturel fluctue de telle sorte qu’à plusieurs reprises de l’histoire de la vie, les taux d’extinction ont pu atteindre des niveaux élevés, mais n’ont atteint un seuil critique qu’à cinq occasions (Barnosky et al. 2011). Ces cinq crises d’intense déplétion du vivant sont qualifiées d’extinction de masse (Bambach 2006), et ont été datées par les paléontologues aux périodes correspondant à la fin de l’Ordovicien, au Dévonien, au Permien, au Trias-Jurassique et au Crétacé-Paléogène (Raup and Sepkoski 1982; Jablonski 1994). Différentes causalités menant à ces extinctions de masse ont été proposées (Barnosky et al. 2011), et bien que les estimations de l’intensité de l’effondrement du vivant varient d’un modèle prédictif à l’autre, un consensus se dégage sur une perte d’au moins 75% des espèces en présence pour chaque épisode de crise (Jablonski 1994). Aujourd’hui, nous assistons à une nouvelle crise de la biodiversité sur notre planète (IPBES 2019; Purvis et al. 2019; Damiani et al. 2023), avec une estimation moyenne de 30% des espèces (16-50%) qui sont actuellement menacées d’extinction ou éteintes depuis l’an 1500 (Isbell et al. 2023). Avec un déclin moyen de 69% des populations de vertébrés sauvages suivies entre 1970 et 2018 (WWF 2022), cette crise du vivant n’affecte pas seulement les espèces mais des groupes taxonomiques supérieurs entiers. Elle présente la particularité d’être extrêmement rapide, intense et globale (Pimm et al. 1995, 2014; Dirzo and Raven 2003; Isbell et al. 2023) mais également d’être essentiellement le fait d’une seule espèce : l’Humain Homo sapiens sapiens (Boivin et al., 2016; Braje and Erlandson, 2013; Erlandson and Braje, 2013; IPBES, 2019; Smith and Zeder, 2013). A travers l’exploitation massive de ressources, la fragmentation des écosystèmes, l’introduction d’espèces invasives, la propagation de pathogènes, en tuant directement des espèces ou en modifiant de manière profonde le climat planétaire, l’Humain est directement responsable de ce qui est aujourd’hui en passe de devenir la sixième extinction de masse du vivant (Barnosky et al. 2011). De nombreuses sources s’inquiètent de la magnitude des taux d’extinction observés, mille fois supérieurs à la valeur de base de référence et estimés supérieurs à ceux des autres extinctions de masse (Pimm et al. 2014). Elles alertent également sur les impacts absolus et irréversibles que l’effondrement de la biodiversité engendre pour la survie de notre espèce (Cardinale et al. 2012; Mendenhall et al. 2012; Purvis et al. 2019; Pörtner et al. 2023). Des outils ont été développés par des scientifiques et gestionnaires pour informer sur le risque encouru par différents groupes

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