These2024HugoBourgogne

15 taxonomiques. Par exemple, la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN évalue le risque relatif d’extinction d’une espèce. Plus de 140 000 espèces ont été évaluées à l’aide d’informations relatives à leurs cycles biologiques et à leurs populations (effectifs, structure, répartition et évolution dans le temps), pour les classer dans l’une des huit catégories renseignées, depuis le stade « préoccupation mineure » jusqu’à celui d’« éteinte » (IUCN 2001; WWF 2022). A ce jour, on recense près de 250 000 espèces marines, soit près de 13% de l’ensemble des espèces vivantes connues (Lotze 2021). Ce chiffre, qui peut paraître peu important, n’est qu’une vision étriquée des connaissances scientifiques, car les océans recouvrent 71% de la surface de notre planète et plus de 95% de son espace vital, mais les fonds marins n’ont été que peu explorés. Selon les dernières estimations, jusqu’à 90% des espèces marines n’ont pas encore été décrites (Sigwart et al. 2021). Cependant, la biodiversité marine connait elle aussi un effondrement massif et généralisé (Harnik et al. 2012; Herbert-Read et al. 2022). La surexploitation des ressources marines (pêcheries, exploitations minières et gazières), l’expansion des activités anthropiques à fort impact (pollutions, urbanisations côtières, dégradations des habitats naturels) et les effets du réchauffement climatique (réchauffement des eaux, adoucissement et acidification des océans, élévation du niveau des mers) ont récemment été identifiés comme étant les principales menaces responsables de cet effondrement (Levin et al. 2020; Díaz et al. 2020; Carr et al. 2020; Duarte et al. 2021; Sala et al. 2021; Herbert-Read et al. 2022; Jacquet and Pauly 2022; Friedman et al. 2022; Clark et al. 2023). On estime que les activités humaines ont déjà impacté 87-90% de la surface globale des océans (Halpern et al. 2015; Jones et al. 2018). La crise affecte tous les ensembles taxonomiques. L’abondance des téléostéens (« poissons ») a déclinée de 38% au niveau mondial depuis 1970 (Hutchings et al. 2010). La couverture mondiale des récifs coralliens a décliné de 50% depuis les années 1950 (Eddy et al. 2021). Même la populaire mégafaune marine est affectée, avec près d’un tiers des espèces qui la composent qui sont aujourd’hui menacées d’extinction (Dias et al. 2019; Pimiento et al. 2020; Alves et al. 2022). Bien que l’appellation « mégafaune marine » soit un terme abondamment utilisé dans la littérature scientifique depuis plusieurs décennies, celui-ci n’obéit pas à un consensus ni une définition unique (Moleón et al. 2020). Ici, ce terme est utilisé pour désigner un ensemble d’espèces marines de grande taille, incluant les grands poissons (en particulier les requins et les raies), les mammifères marins (cétacés, pinnipèdes et siréniens), les oiseaux marins ainsi que les tortues marines. Ces espèces, souvent longévives et positionnées au sommet des réseaux trophiques, occupent une large variété de niches écologiques, depuis les zones côtières et lagonaires jusqu’aux milieux pélagiques, dans lesquels elles effectuent souvent des déplacements de grande ampleur (Hays et al. 2016; Sequeira et al. 2018). Malgré leur diversité

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