These2024HugoBourgogne

16 taxonomique et morphologique, les espèces composant la mégafaune marine partagent un certain nombre de traits d’histoire de vie et remplissent des fonctions écologiques majeures au sein des écosystèmes marins et côtiers (Estes et al. 2016; Tavares et al. 2019), notamment de par leur capacité à assurer des transferts d’importantes biomasses entre et dans les habitats à travers leur alimentation et excrétion (Pimiento et al. 2020; Huang et al. 2022). Enfin, la mégafaune comprend de nombreuses espèces « charismatiques », qui revêtent une grande importance sur le plan social, économique et culturel (Mazzoldi et al. 2019; Sabinot et al. 2021). Celles-ci bénéficient à ce titre d’une attention particulière dans la conception de politiques de protection qui, par effet cascade, assurent également la protection des autres espèces animales et végétales avec lesquelles elles cohabitent au sein des écosystèmes marins. C’est la notion d’espèces « parapluies » (Fleishman et al. 2000, 2001; Branton and Richardson 2011). Pour ces différentes raisons, la mégafaune marine est souvent placée au cœur des stratégies de conservation et de gestion des milieux marins et océaniques (Velarde et al. 2019) et de nombreux règlements, moratoires, traités internationaux ou grandes aires marines protégées visent spécifiquement la préservation de ces espèces. Pour autant, malgré ces importants efforts de conservation, de nombreuses espèces de la mégafaune marine continuent de décliner et actuellement un quart des espèces de mammifères marins (Davidson et al. 2012), un quart des requins et des raies (Dulvy et al. 2014), un tiers des oiseaux marins (Dias et al. 2019) et plus de 80% des espèces de tortues marines (Wallace et al. 2011) sont considérées comme menacées d’extinction au niveau mondial au sens des critères de l’UICN. Ce constat, qui peut sembler paradoxal, révèle sans doute et avant tout l’immense complexité et variabilité des socio- et anthropo-écosystèmes dans lesquels doivent impérativement se placer les stratégies de conservation et d’étude de ces espèces sans cesse en mouvement, tant du point de vue des processus impliqués, des échelles spatiales et temporelles à considérer, que des méthodologies, approches et outils de recherche à mettre en œuvre (Sequeira et al. 2019; Nelms et al. 2021; Alves et al. 2022; Grémillet et al. 2022). En zone intertropicale et singulièrement dans les océans Pacifique et Indien, s’ajoutent les difficultés liées à la plus grande rareté des études et aux moindres moyens de recherche, d’observation et de conservation mobilisables. Les tortues marines Les Tortues, aussi appelés Testudines ou Chéloniens (Linnaeus, 1758), forment un ordre de reptiles (vertébrés tétrapodes) apparus sur Terre au cours du Trias, il y a plus de 200 millions d’années (Holley et al. 2020; Scheyer and Cerda 2021; Pérez-García 2022). Elles se distinguent des autres reptiles par la présence d’une « carapace » constituée d’un plastron au niveau du ventre et d’une dossière sur le dessus, reliés par deux ponts sur les côtés du corps

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