These2024HugoBourgogne

151 de générer des connaissances scientifiques robustes sur la zone de ponte de tortues caouannes de la province Sud, et du Grand Lagon Sud en particulier, à travers une série d’études visant à (1) caractériser l’intensité de l’activité de ponte retrouvée sur la zone chaque année, (2) à préciser l’intensité de ses échanges démographiques avec une autre population reproductrice recensée à l’échelle provinciale, (3) à évaluer la résilience de son habitat de ponte face au réchauffement climatique, et enfin (4) à identifier les zones et actions de conservation prioritaires. La complémentarité des chapitres et l’articulation des collaborations nous ont permis de proposer une dynamique d’acquisition de connaissances cohérente autour de ces quatre axes de recherche. De plus, l’approche de conservation fondée sur la science adoptée dans le cadre de ce travail nous a permis de décliner les résultats obtenus en éclairages et recommandations de gestion concrets. Plusieurs axes de travail ont ainsi pu être identifiés. Le premier consiste à pérenniser le suivi des activités de ponte annuel, ce qui permet de suivre la trajectoire démographique de la population reproductrice sur le long terme ainsi que d’évaluer la pertinence des outils de gestion mis en œuvre. Le second axe préconise l’instauration de restrictions d’accès sur une sélection d’îlots concentrant le plus de pontes. Les livrables de conservation développés présentent également un intérêt national et international du fait de leur grand potentiel de réplicabilité à d’autres géographies présentant des configurations semblables. Plusieurs perspectives de recherche découlent également des résultats acquis. Elles pourraient faire l’objet de nouvelles études complémentaires à l’avenir, nécessaires pour le renforcement de la qualité des analyses et des outils méthodologiques développés, ou encore à l’amélioration de nos connaissances sur les processus écologiques mis en lumière. En qualité d’espèce parapluie, la protection des tortues marines et de leurs habitats de ponte préconisée dans ce travail pourrait permettre in fine la protection de l’écosystème « îlot corallien ». Celui-ci abrite une biodiversité riche et complexe, composée d’espèces culturellement moins considérées par l’humain, mais pour autant tout aussi essentielles au bon fonctionnement de l’écosystème, comme les oiseaux marins ou les serpents marins qui fréquentent également les habitats de ponte du GLS (Briand et al. 2014; Read et al. 2020; Berr 2023). Il existe donc des parallèles évidents et des pistes de réflexions communes à développer pour concevoir des stratégies de conservation communes à l’ensemble de ces cohortes biologiques.

RkJQdWJsaXNoZXIy MjE1NDI=