These2024HugoBourgogne

21 sur les géographies traversées lors de leurs migrations ou sur des zones adjacentes aux plages de nidification, où ils continuent à se reproduire pendant au moins une partie de la saison de nidification (Fitzsimmons et al. 1997b; Stiebens et al. 2013; Fitzsimmons and Limpus 2014; Beal et al. 2022). Le sperme des mâles est conservé dans un organite interne de la femelle, appelé spermathèque, et il pourra être mobilisé pendant la totalité de la saison de ponte (Sakaoka et al. 2013; Phillips et al. 2014). Elles entreprennent alors de venir pondre sur les plages sableuses, essentiellement de nuit (Miller 1997), puis repartent à la mer pour une période intervalle de ponte intra-saisonnière, définie comme étant la période qui sépare deux pontes successives d’une même tortue au sein d’une même saison, et pouvant varier de 9 à 27 jours (Dodd 1988). Le déroulement et les étapes de la ponte sont ici aussi relativement identiques entre espèces (Miller 1997), et varient surtout sur la durée de chacune des étapes entre populations (Hirth 1980; Dodd 1988). Après avoir émergé de l’eau, les femelles montent sur les plages en se hissant vers les hauts de plage grâce à leurs palettes natatoires antérieures. Certaines espèces comme la tortue verte se déplacent par mouvements simultanés des membres droits et gauches, et d’autres comme la tortue caouanne par mouvements asymétriques (Pritchard and Mortimer 1999). Cette différence peut d’ailleurs être utilisée pour identifier les espèces en se basant sur les traces laissées dans le sable des plages de ponte (Pritchard and Mortimer 1999). Les processus de sélection du site de ponte sont encore mal connus (Miller et al. 2003), mais répondent tout ou en partie à un ensemble de facteurs environnementaux qui favorisent le succès reproducteur et la survie des œufs (Tucker 2010; Siqueira-Silva et al. 2020). La femelle commence alors à creuser le sable à la recherche d’un emplacement pour pondre ses œufs (Dodd 1988). A l’aide de ses quatre palettes qui s’efforcent à creuser énergétiquement le sable, elle forme ainsi une première dépression, appelée cuvette, dans laquelle elle s’enfonce en partie. Puis, si aucun élément extérieur n’a entravé sa progression, elle creuse ensuite le trou, appelé le puits, dans lequel elle déposera ses œufs à l’aide de ses palettes postérieures. Il est constitué d’une cheminée étroite de 15 à 20 cm, terminée par une chambre dans laquelle les œufs seront déposés, large d’environ 30 à 40 cm et située à 50 à 70 cm de profondeur (Marco et al. 2018). Les femelles déposent ensuite de 40 à 180 œufs (Eckert et al. 1999; Broderick et al. 2003; Sakaoka et al. 2013) qu’elles ont fécondés au préalable avec le sperme conservé du ou des mâle(s) (Figure 3). Enfin, elle rebouchera son nid, toujours avec ses palettes postérieures, puis effectuera une dernière étape, appelée le leurre, avant de regagner l’océan. Cette ultime étape lui permet de dissimuler la position exacte du nid en remuant un volume de sable important tout autour du puits à l’aide de ses quatre palettes natatoires. L’emplacement du nid est ainsi visuellement et olfactivement camouflé, ce qui permet de limiter la prédation des œufs.

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