These2024HugoBourgogne

29 (Gilman et al. 2010; Himpson et al. 2023) (Figure 6), dont on estime que 640 000 tonnes sont abandonnées en mer chaque année (Wilcox et al. 2013). Outre les impacts directs ou indirects de la pêche, d’autres pressions anthropiques actuelles menacent la survie des tortues marines. La pollution chimique (Malarvannan et al. 2011; Camacho et al. 2017; Claro and Girard 2020; C. Muñoz and Vermeiren 2023) affecte toutes les espèces et tous les stades de vie, depuis le milieu terrestre où sont pondus les œufs, aux différents habitats marins pélagiques ou côtiers où elles évoluent au cours de leur développement ontogénique. Les tortues marines sont ainsi considérées comme des espèces bio-indicatrices de la pollution de l’environnement marin, pour les contaminants organiques et inorganiques (Andreani et al. 2008; Keller et al. 2012; Matiddi et al. 2019), mais aussi pour les déchets plastiques qu’elles ont une forte propension à ingérer et qui sont responsables de mortalité par étouffement, occlusions ou pathologies associées (Lazar and Gračan 2011; Ivar do Sul et al. 2011; Caron et al. 2018; Claro and Girard 2020). La destruction et la perturbation des habitats côtiers provoquées par l’urbanisation des littoraux (Salmon et al. 1995; Mazaris et al. 2009; Costa et al. 2023), la pollution lumineuse (Witherington and Bjorndal 1991; Kamrowski et al. 2013; Brei et al. 2016; Vandersteen et al. 2020; Di Bari et al. 2023) (Figure 7), l’introduction d’espèces invasives (Ruiz-Izaguirre et al. 2015; Engeman et al. 2019; Butler et al. 2020) ou le développement touristique sur les plages de ponte (Raymond 1984; Tisdell and Wilson 2002; Taylor and Cozens 2010) sont autant de menaces supplémentaires qui provoquent des mortalités et impactent l’écologie comportementale, l’alimentation et le succès reproducteur de ces espèces. Enfin, le dérèglement climatique a plus récemment été identifié comme une source de menaces émergentes et majeures pour les populations de tortues marines, amenées à impacter de plus en plus significativement le cycle biologique et le succès reproducteur de ces espèces dans le moyen et le long terme (Witt et al. 2010; Katselidis et al. 2014; Monsinjon et al. 2019b; Laloë et al. 2023). L’augmentation des températures est ainsi à l’origine d’un phénomène de féminisation des populations, compromettant durablement la capacité des populations à maintenir un succès reproducteur optimal (Santidrián Tomillo et al. 2015; Laloë et al. 2016; Jensen et al. 2018; Maurer et al. 2021; Patrício et al. 2021; Fuentes et al. 2024). L’élévation du niveau des mers impacte également le succès reproducteur des tortues, puisqu’il est responsable de la perte d’habitat de ponte et de destruction de nids lors des phénomènes d’érosion et de submersion marine (Fish et al. 2005; Mazaris et al. 2009; Von Holle et al. 2019). Ce phénomène est amplifié par l’augmentation du nombre et de l’intensité des évènements climatiques extrêmes comme les tempêtes tropicales induites par le réchauffement climatique (Pike and Stiner 2007; Fuentes and Abbs 2010).

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