32 vers une valeur économique à travers le développement d’activités touristiques (Read et al. 2019b; Brander et al. 2021). Depuis plus de 40 ans, la nécessité de protéger les populations de tortues marines et donc de favoriser leur rétablissement suscite de plus en plus d’intérêt dans le monde (Hamann et al. 2010; Rhodin et al. 2018). Elle se traduit également par une attention accrue des acteurs de la recherche et de la science de la conservation qui se sont concentrés sur un large éventail de sujets liés à la biologie et à l’écologie de ces animaux, mais aussi aux impacts provoqués par leurs environnements naturels et anthropiques. Bien que les tortues marines soient très représentées dans la littérature scientifique, les mesures de gestion et leur évaluation sont souvent entravées par le manque de données sur la biologie des tortues, l’état des populations et des menaces qui pèsent sur elles (Hamann et al. 2010). Compte tenu de la nature migratoire des tortues marines, des zones géographiques d’application de mesures de gestion ont été définies, appelées Unités de Gestion Régionales (ou RMU pour Regional Management Units) (Wallace et al. 2010b, 2023). Cette délimitation spatiale prend en compte la complexité des cycles de vie des tortues, des habitats dans lesquels elles évoluent, la nature et l’intensité des menaces qu’elles y rencontrent, et une grande diversité de types de données : sites de pontes, groupes génétiques, distributions géographiques ou schémas de migration (Wallace et al. 2011). Elles ont ainsi été conçues pour fournir un cadre cohérent de gestion et contribuer à une protection efficace des espèces et populations, en regroupant au sein d’entités régionales des populations qui sont susceptibles de partager des trajectoires démographiques parce qu’elles évoluent dans des conditions environnementales et sociétales relativement similaires (Wallace et al. 2023). La Nouvelle-Calédonie : un hotspot régional pour la reproduction des tortues marines La Nouvelle-Calédonie (NC), aussi appelée Kanaky par le peuple autochtone, est un archipel français faisant partie de la Mélanésie, situé dans l’Océan Pacifique Sud, en mer de Corail, entre 18° et 23° de latitude Sud et entre 158° et 172° de longitude Est (Figure 8). Elle est à 1 210 km à l’est-nord-est de l’Australie et 1 447 km au nord-nord-ouest de la pointe septentrionale de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Le tropique du Capricorne traverse ses eaux territoriales au sud. Sa superficie terrestre totale est de 18 576 km2, et celle de sa Zone Economique Exclusive (ZEE) de 1 450 000 km2, soit à peu près la moitié de la superficie de la mer Méditerranée. L’archipel néo-calédonien comprend de nombreuses îles, mais les principales sont la Grande-Terre, qui est l’île la plus étendue avec une superficie de 16 360 km2, et les îles Loyauté, situées à environ 100 km à l’est de la Grande-Terre et comprenant
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