These2024HugoBourgogne

39 conservation ainsi que d’un suivi des activités de ponte et des femelles reproductrices menés par l’association locale Bwärä Tortues Marines depuis la saison de ponte 2006-2007 (Barbier et al. 2023; Bardet 2023). Sur les dix-sept années de présence sur la plage, l’association a rapporté une moyenne annuelle de 253,3 ± 58,8 nids (Bardet 2023). La Roche Percée a également été classée Réserve Naturelle par la Province Sud en 2009 (décret provincial 252009/APS, 2009) et fait partie des cinq aires marines protégée du Parc de la Zone Côtière Ouest (ZCO), inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 (Figure 9). D’autres études ont été réalisées localement, rédigées en français et rattachées à la littérature grise, les rendant de ce fait moins accessibles pour la communauté internationale (Etaix-Bonnin et al. 2011; Fourniere et al. 2015; Oremus and Mattei 2017; Oremus 2019; Bourgogne 2020; Bourgogne and Oremus 2020). Une campagne de survols aériens menée en 2006 par le Fond Mondial pour la Nature France (WWF-France) a cependant permis de mettre en évidence l’existence d’une cinquantaine d’autres plages de ponte pour l’espèce en Nouvelle-Calédonie, en majorité situées sur de petits îlots coralliens et uniquement distribués dans le lagon de la Grande-Terre (Mounier 2007) (Figure 11). D’importantes concentrations de ces sites d’intérêt ont notamment été observées dans le lagon Nord-Ouest de la Grande-Terre (sur les îlots des communes de Koumac et de Poum), ainsi que dans la zone du Grand Lagon Sud (GLS), à laquelle nous accordons un focus particulier dans l’exercice de cette thèse. Il s’agit d’une zone récifo-lagonaire de plus de 3 000 km2, classée parc provincial marin en 2009 (Figure 13). La biodiversité qui y est retrouvée est exceptionnelle et revêt un fort intérêt écologique et patrimonial, comme en atteste l’inscription de la zone au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 (UNESCO 2009). La zone est caractérisée par une diversité corallienne importante, de larges communautés d’algues et d’herbiers sous-marins ainsi que par la singularité de présenter une barrière corallienne fragmentée avec la présence de nombreuses passes (Andréfouët and Torres-Pulizza 2004). On note la présence de l’Ile des Pins sur la partie est de la zone, ainsi que la Réserve Yves Merlet au nord-est qui bénéficie d’un statut de Réserve Naturelle Intégrale depuis 1970 (délibération n°825-2023/BAPS/DDDT du 14 novembre 2023 du Code de l’environnement de la Province Sud). Une quarantaine d’îlots coralliens à récifs frangeants sont également distribués inégalement sur la zone, avec une concentration plus forte dans la partie sud-ouest de la zone, appelée « corne sud » (Figure 13, Figure 14).

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