38 Girondot 2017, 2018; Fretey et al. 2023), et à moindre mesure sur les îlots de BeautempsBeaupré à Ouvéa, avec une estimation de 100 à 500 femelles adultes par saison (ASBO 2016). Fretey et al. (2023a) ont récemment souligné que ces estimations dépassent le nombre estimé de pontes de tortues vertes à l’échelle de l’océan Pacifique, plaçant la NouvelleCalédonie parmi les plus grandes zones de ponte pour l’espèce à l’échelle du bassin océanique (Pilcher 2021). Globalement, les plages de ponte de tortues vertes sont situées sur des sites éloignés de la Grande-Terre et des zones occupées par l’Humain. Les densités de ponte maximales sont en effet essentiellement enregistrées sur des îlots distants de plusieurs centaines de kilomètres de toute habitation. La consommation historique de viande de tortue verte et de prélèvement des œufs comme source d’alimentation pour les populations locales (Liardet and Auzon 2004; Pilcher 2021; Oremus 2023) pourraient être à l’origine de cette distribution singulière, bien que peu de données historiques permettent de statuer précisément sur ce point. Les tortues caouannes présentent, elles, un statut de conservation beaucoup plus précaire auquel il convient de prêter une attention toute particulière. Si à l’échelle mondiale, la tortue caouanne a été classée « Vulnérable » sur la Liste Rouge de l’UICN (Casale and Tucker 2015, 2017) (Tableau 2), les individus qui se reproduisent en Nouvelle-Calédonie appartiennent eux à la sous-population du Pacifique Sud (Figure 12-A), qui a été classée en « Danger Critique d’Extinction » sur la Liste Rouge de l’UICN en 2015 selon le critère A2b (Limpus and Casale 2015). Ce statut découle de l’observation d’une baisse de l’ordre de 80 % des effectifs de femelles reproductrices sur les sites de ponte de la côte Est australienne au cours des trois dernières générations. La Nouvelle-Calédonie porte une grande responsabilité pour la préservation de l’espèce dans le Pacifique Sud car elle concentre, avec l’Australie, la totalité des sites de ponte référencés (Limpus and Casale 2015). Si d’importants efforts de suivis et de recherches ont été déployés de longue date sur les principaux sites de ponte de la côte Est australienne (Limpus 1973, 1985a; Sim et al. 2015), les connaissances demeurent à ce jour largement fragmentaires en Nouvelle-Calédonie. L’absence de séries de données standardisées à long terme et de données dynamiques temporelles sur ce territoire a d’ailleurs été soulignée comme une source d’incertitude concernant l’évaluation de la sous-population du Pacifique Sud (Limpus and Casale 2015). Au lancement de ce travail de thèse en 2021, l’essentiel des études qui ont fait l’objet d’une publication sur les sites de ponte de tortues caouannes en Nouvelle-Calédonie se sont déroulées sur la plage de la Roche Percée à Bourail (Limpus et al. 2005b; Boyle et al. 2009; Read et al. 2013, 2019a; Magnan et al. 2021) (Figure 11). Elle est identifiée comme un site de reproduction significatif pour la tortue caouanne à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie et à celle du Pacifique Sud (Limpus et al. 2005b; Limpus and Casale 2015). Elle bénéficie d’actions de
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