Une chauve-souris parmi les plus rares au monde découverte au Parc provincial de la Rivière Bleue

C’est une découverte inédite pour les équipes du Parc provincial de la Rivière Bleue, et une avancée majeure pour la connaissance et la préservation de la biodiversité calédonienne : le nyctophile néo-calédonien (Nyctophilus nebulosus), une petite chauve-souris endémique classée « En danger critique d’extinction », a été détecté et capturé pour la première fois en ce mois d’octobre, dans les basses vallées du Parc provincial de la Rivière Bleue. Une avancée importante qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de cette espèce encore largement méconnue.
Une espèce extrêmement rare, longtemps restée mystérieuse
Protégé par le Code de l’environnement de la province Sud, le nyctophile néo-calédonien est la plus rare, le plus énigmatique, et la plus menacée des cinq espèces de chauves-souris insectivores présentes en Nouvelle-Calédonie. Il est classé « En danger critique d’extinction » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Décrite seulement en 2002, à la suite de captures près des monts Koghis et dans la Ni, cette espèce n’avait plus été observée que lors d’une capture réalisée en 2021 dans les hauteurs de la réserve de la Haute Dumbéa. Cette rareté a notamment conduit l’association Dumbéa Rivière Vivante à faire du nyctophile l’une de ses mascottes et l’emblème de son « Nebulobus », son bus pédagogique installé à l’entrée du Parc de la Dumbéa.
Deux années de recherches pour retrouver sa trace
Cette nouvelle découverte est le fruit de deux années de travail et de prospection menés par trois chiroptérologues bénévoles passionnés, Mélanie Boissenin, Damien Brouste et Thomas Duval, avec le soutien, cette année, des écovolontaires de l’association naturaliste Nature Novae Caledoniae.
Pour repérer cette chauve-souris particulièrement difficile à détecter, les naturalistes ont combiné deux techniques : des enregistreurs équipés de microphones à ultrasons, capables de capter et de visualiser les signaux acoustiques émis par les chauves-souris, et des tentatives de capture au filet.
La détection du nyctophile dans les basses vallées du Parc provincial de la Rivière Bleue constitue une avancée importante. Il s’agit en effet de la première localité relativement accessible où l’espèce a été retrouvée, alors qu’elle n’avait plus été observée aux monts Koghis depuis 2002.
Une chauve-souris « chuchoteuse » aux habitudes singulières
En Australie et en Nouvelle-Guinée, le nyctophile compte d’autres espèces qui se distinguent par leurs techniques de chasse. Contrairement à de nombreuses chauves-souris qui capturent leurs proies en vol, les nyctophiles sont généralement considérés comme des « glaneurs » : ils repèrent leurs proies posées sur l’écorce, la végétation ou le sol, puis les saisissent, les « cueillent », lors d’un vol lent, souvent à proximité immédiate de la végétation.
Leurs grandes oreilles leur permettent d’écouter et de détecter directement leurs proies. Ils utilisent également l’écholocation, à l’instar des autres chauves-souris.
Autre particularité : leurs émissions ultrasonores sont extrêmement discrètes. Ces chauves-souris sont ainsi parfois qualifiées de « chuchoteuses ». Cette caractéristique pourrait notamment limiter la détection de leurs signaux par leurs proies, mais rend aussi leur repérage particulièrement difficile, même à l’aide d’équipements spécialisés.
Mieux connaître l’espèce pour mieux la protéger
Cette découverte vient enrichir la longue liste des espèces patrimoniales présentes au Parc provincial de la Rivière Bleue et ouvre de nouvelles perspectives pour la conservation du nyctophile néo-calédonien.
De nombreuses questions restent en effet sans réponse : combien d’individus subsistent aujourd’hui ? Quelle est leur répartition sur le territoire ? Où se trouvent leurs gîtes de repos en journée ? Quelles menaces pèsent sur leur survie ?
Avec l’appui de la province Sud, notamment des agents du parc, les naturalistes bénévoles entendent poursuivre leurs recherches dans les années à venir afin de mieux comprendre cette espèce exceptionnelle et de contribuer à sa préservation.
En savoir plus sur les chauves-souris de Nouvelle-Calédonie :
Les chauves-souris : gestion et protection des microchiroptères en province Sud
Source : Province Sud – Info presse du 21 octobre 2026.
Crédit photo : Jonathan Bradley.
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