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Handicap : Le Mouvement pour une Calédonie inclusive poursuit son combat

  • 30/07/2026
Depuis dix ans, le Mouvement pour une Calédonie inclusive (MCI) défend le droit des personnes en situation de handicap à trouver pleinement leur place dans la société. Si les mentalités évoluent, de nombreux freins persistent, notamment en matière d’accès à l’emploi. Pour les lever, l’association milite en faveur de la création d’entreprises adaptées, un projet aujourd’hui relancé après quelques mois d’interruption. Dans ce combat, le MCI peut compter sur le soutien de la province Sud, qui accompagne l’association dans ses actions en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
  • Santé et solidarité

Créé en 2016, le Mouvement pour une Calédonie inclusive (MCI) est né de la volonté de plusieurs associations et structures médico-sociales de disposer de leur propre instance de représentation, en alternative au Collectif Handicaps. Aujourd’hui, il fédère 27 associations et établissements engagés en faveur des personnes en situation de handicap.

Pour Philippe Roux, secrétaire du MCI, la persévérance est devenue un véritable moteur. Depuis plus de dix ans, il œuvre pour faire évoluer les politiques publiques et renforcer l’inclusion des personnes en situation de handicap. 

« Si l’on considère que chaque personne en situation de handicap a le droit de vivre avec les autres, comme les autres, alors c’est à la société de mettre en place les dispositifs qui lui permettront d’occuper pleinement sa place. »

Sur le terrain, Philippe Roux préside également Handijob, une association qui accompagne les personnes en situation de handicap vers l’emploi. Le MCI, lui, intervient davantage auprès des institutions.

 « Nous ne sommes pas une association de terrain, mais une association militante. Notre rôle est de sensibiliser les élus et d’alimenter les réflexions des institutions. Nous sommes régulièrement consultés lorsque des textes concernant le handicap sont en préparation », explique Frédéric Patane, trésorier du mouvement.

« Aujourd’hui, travailler peut faire perdre de l’argent »

C’est l’un des paradoxes que le MCI dénonce depuis plusieurs années. En Nouvelle-Calédonie, les employeurs publics et privés de plus de vingt salariés sont tenus d’employer au moins 2,5 % de travailleurs en situation de handicap. Pourtant, seuls 30 % d’entre eux remplissent cette obligation par des embauches effectives. Les autres préfèrent verser une contribution au Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

Mais, pour Philippe Roux, le principal frein est ailleurs. « Aujourd’hui, une personne qui perçoit une allocation handicap et accepte un petit emploi voit son allocation impactée à la baisse. Au final, travailler peut lui faire perdre de l’argent. »

Un travailleur en situation de handicap à la cantine de l’école Fernande Leriche entouré de ses deux collègues de travail.

 

Une situation que le MCI juge contre-productive

« Dans d’autres territoires, comme la Polynésie française, il est possible de cumuler le salaire avec l’allocation, jusqu’à 1,5 fois le SMG. Chez nous, cela fait quinze ans que nous dénonçons cette incohérence. »

Pour le mouvement, favoriser l’accès à l’emploi est pourtant un investissement.

« Une personne qui travaille, même à temps partiel, participe à la vie économique, gagne en autonomie et coûte moins à la collectivité qu’une personne durablement exclue du marché du travail. »

En 2026, 9 985 adultes sont reconnus en situation de handicap en Nouvelle-Calédonie. Parmi eux, 5 555 sont considérés comme aptes à exercer une activité professionnelle.

 

Atelier d’initiation professionnelle adaptée (AIPA) lors d’une prestation de service.

Un projet de loi très attendu

Autre priorité du MCI : faire aboutir le projet de loi sur les entreprises adaptées. Depuis 2009, les contributions des employeurs au Fonds pour l’insertion professionnelle représenteraient près de 3,5 milliards, selon les calculs du MCI. En théorie, cet argent est destiné à financer les actions favorisant l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, notamment l’adaptation des postes de travail. Pourtant, le fonds reste encore largement sous-utilisé. « Il a servi principalement à combler le déficit des prestations sociales de la CAFAT, à hauteur de 2,7 milliards, soit près de 80 % des sommes utilisées à autre chose que leur destination première. Ceci, malgré les propositions faites par les associations », souligne Philippe Roux.

En 2022, lors de la Journée de l’emploi inclusif, le MCI a participé à un important travail de concertation avec les acteurs impliqués dans cette démarche. Ces travaux ont ensuite été repris par le gouvernement, qui a élaboré un avant-projet de loi créant les entreprises adaptées calédoniennes.

Le texte prévoit un nouveau modèle d’entreprise conciliant activité économique et mission sociale d’insertion professionnelle. Les entreprises agréées auraient l’obligation d’accompagner durablement leurs salariés en situation de handicap : adaptation des postes, formation, suivi socioprofessionnel, accompagnement administratif ou encore aménagement des horaires lorsque cela est nécessaire. Des aides financières permettraient également de compenser les surcoûts liés à cet accompagnement.

« Ce texte n’est sans doute pas parfait, mais il nous donne enfin une base de travail. Si l’on crée un cadre adapté, on permettra l’émergence de nouvelles activités économiques et de nouveaux emplois. C’est un cercle vertueux, à la fois pour les personnes en situation de handicap et pour la société tout entière », conclut Philippe Roux.

Après plusieurs mois d’interruption, l’avant-projet de loi poursuit désormais son parcours institutionnel. Ayant recueilli les avis consultatifs des différentes instances concernées, il sera examiné par le Congrès une fois le 19ᵉ gouvernement de la Nouvelle-Calédonie installé.


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