14 | SUD'MAG #33 | Février 2026 DÉCRYPTAGE Marie Benzaglou, directrice de la DEL Comment la DEL s’adapte-t-elle à l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi ? Nous faisons face à un volume d’inscriptions plus important et à des parcours plus complexes. Nous avons donc renforcé la segmentation de notre accompagnement. Tous les demandeurs ne relèvent pas du même niveau de suivi. Certains sont immédiatement mobilisables, d’autres ont besoin d’un accompagnement structuré, voire global. Notre organisation repose sur cette adaptation permanente aux profils et aux freins identifiés. La DEL est souvent perçue comme un lieu de pointage. Que répondez-vous ? Lepointageest uneobligationadministrative pour certains publics, mais il ne résume pas notre mission. Nous accueillons, nous orientons, nous accompagnons. Ateliers, bilans, aides à la formation, dispositifs d’insertion, soutien aux employeurs : notre offre de services est large. L’inscription est une porte d’entrée vers un parcours, pas une simple formalité. Quels sont les principaux défis à court terme ? Le déséquilibre entre l’offre et la demande reste notre défi majeur. Nous devons améliorer le rapprochement entre les profils disponibles et les besoins des entreprises, tout en accompagnant des publics fragilisés par la crise. Cela suppose de moderniser nos outils, de renforcer nos partenariats et de maintenir un suivi individualisé malgré la pression sur nos équipes. 3 QUESTIONS À... un plan de formation interne et un tutorat, avec des aides financières en contrepartie. L’objectif est double : sécuriser le parcours du salarié et soutenir l’employeur dans la prise de risque que représente un recrutement dans un contexte incertain. « L’inscription à la DEL en tant que demandeur d’emploi n’est pas une finalité. C’est le point de départ d’un parcours que nous devons construire avec la personne », rappelle Marie Benzaglou. Parcours spécifiques. Certains dispositifs ciblent des profils particuliers. Les brigades vertes et urbaines constituent des chantiers d’insertion associant activité professionnelle, formation et accompagnement social. En 2025, 78 bénéficiaires ont intégré ces équipes intervenant sur l’entretien d’espaces verts, la sécurisation de sites ou la rénovation d’espaces d’accueil. Le dispositif d’insertion par l’emploi combine emploi, logement et accompagnement social pour des personnes en situation de précarité, et en priorité celles qui ont été impactées par la crise. Plus de 800 personnes ont été suivies dans ce cadre en 2025. Un coaching spécifique a également été mis en place pour les cadres et assimilés, avec un parcours individualisé alternant accompagnement personnalisé, ateliers et mise en réseau. Les demandeurs de plus de 45 ans représentent désormais environ un quart des actifs inscrits. Leur repositionnement constitue un enjeu identifié, compte tenu de leur expérience mais aussi de la concurrence accrue sur certains secteurs. Adéquation offre-demande. Tous les parcours spécifiques précités ont été créés ou ajustés après les émeutes. « Le Plan provincial de l’emploi et de l’insertion a été adapté afin de tenir compte de l’évolution du marché, précise Christophe Bergery, secrétaire général adjoint de la collectivité. Plusieurs actions ont été réajustées, d’autres créées ». De même, l’espace BOOSTE Emploi a été créé afin d’améliorer l’accueil desdemandeursd’emploi et lagestion des flux. La DEL renforce également ses liens avec les entreprises : prospection, organisation de jobdatings ciblés, recours à la méthode de recrutement par simulation pour sélectionner les candidats sur leurs habiletés plutôt que sur le seul CV. Dans un contexte marqué par la précarité économique et sociale, l’objectif reste pragmatique : structurer les parcours, fluidifier les recrutements et maintenir un accompagnement individualisé, sans promettre ce que le marché ne peut offrir. ,, UN COACHING SPÉCIFIQUE A ÉGALEMENT ÉTÉ MIS EN PLACE POUR LES CADRES ET ASSIMILÉS, AVEC UN PARCOURS INDIVIDUALISÉ
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