GRATUIT L'ACTUALITÉ DE LA PROVINCE SUD www.sudmag.nc | #033 | Février 2026 RENTRÉE 2026 AGIR SUR TOUS LES FRONTS
ÉDITO RESPONSABLE DE LA PUBLICATION : Sonia Backès | RÉDACTEUR EN CHEF : Nicolas Pannier | RÉDACTION : Direction de la communication de la province Sud. PHOTOS : Antoine Duguy, Fabrice Wenger, Nicolas Petit | MONTAGE : Com'Kris. IMPRESSION : 35 000 exemplaires - EIP Éditions & Impressions du Pacifique, sur du papier géré durablement FSC | ISSN 2497-6903. RETROUVEZ-NOUS EN LIGNE Toute l’actualité de la province Sud à tout moment, disponible sur votre ordinateur, tablette et smartphone : sudmag.nc Dites-nous ce que vous en pensez ! Donnez-nous votre avis sur le SudMag que vous avez entre les mains afin que les prochains numéros répondent toujours à vos attentes. Formulaire en ligne : province-sud.nc/form/suggestion-sudmag Février 2026 | SUD'MAG #33| 3 Chaque rentrée scolaire est l’opportunité de consolider notre ambition pour la réussite des élèves. Celle de 2026 confirme une priorité claire : investir dans la jeunesse, lui permettre de réussir et s’épanouir pour préparer l’avenir de la Province et de la Nouvelle-Calédonie. Dans un contexte économique et social exigeant, l’école demeure le premier levier d’égalité et de cohésion. Renforcer l’accompagnement des élèves fragiles, permettre aux meilleurs d’exprimer leur potentiel, sécuriser les établissements, améliorer le confort thermique, soutenir l’enseignement bilingue ou fonder les pratiques d’enseignement sur la recherche pour amélioré l’acquisition des savoirs : ces décisions traduisent une ambition forte, celle de garantir à chaque élève un cadre d’apprentissage serein, exigeant et adapté à ses besoins. Mais préparer l’avenir ne s’arrête pas aux portes de l’école. La transition vers le monde du travail constitue un enjeu tout aussi déterminant. L’accès à l’emploi est aujourd’hui plus complexe. La province Sud agit sur plusieurs fronts : accompagnement renforcé des jeunes en difficulté d’insertion, ateliers de construction de projet professionnel, immersions en entreprise, dispositifs d’aide à l’embauche, partenariats avec les employeurs. L’objectif est clair : éviter les ruptures de parcours et transformer la formation en véritable tremplin vers l’activité. Il ne s’agit pas de promettre un emploi à chacun, mais de structurer des trajectoires, de rapprocher les compétences des besoins réels du territoire et de sécuriser les premières expériences professionnelles. Investir dans la jeunesse, c’est assumer une vision de long terme. C’est considérer que chaque élève accompagné, chaque jeune inséré, chaque parcours consolidé participe à la solidité collective et à la perpétuation de l’esprit pionnier qui nous est si cher. La rentrée 2026 n’est pas seulement un point de départ scolaire. Elle est une étape dans la reconstruction d’un territoire qui mise sur sa jeunesse pour se projeter avec lucidité et confiance vers l’avenir : un avenir plus prospère. La présidente de l’assemblée de la province Sud. Demain se prépare aujourd’hui
#33La lettre d’information de la province Sud pour rester informé chaque semaine Abonnez-vous en suivant le lien : province-sud.nc/mon-compte SOMMAIRE 4 | SUD'MAG #33 | Février 2026 Décryptage 5. ZOOM SUR 6. APS : 25,2 milliards en soutien aux familles 8. GRAND ANGLE Rentrée scolaire 2026, agir sur tous les fronts 10. Réussite scolaire, la province Sud mise sur l’accompagnement 12. DÉCRYPTAGE La DEL, un accompagnement vers l'emploi pour tous 14. Employeurs, un partenariat devenu stratégique 17. ACTUALITÉS Logement en province Sud, l’AFAPS désormais ouverte aux logements anciens 18. Brèves 22. VIVRE MA PROVINCE Le mois de mars, Zoom sur les droits des femmes 23. DAOVI plante la tente au Centre d’Accueil de Poé 24. Le portrait : Estelle, médecin accueillie au dispensaire de Païta 25. La rencontre : Le jardin d'eden, grandir avec confiance et engagement 26. Ramsar : protéger les zones humides, préserver l’avenir du Grand Sud 28. LES PHOTOS DU MOIS 30. LES VIDÉOS DU MOIS Vivre ma Province Grand angle La DEL, un accompagnement vers l'emploi pour tous Le mois de mars, Zoom sur les droits des femmes Rentrée scolaire 2026, agir sur tous les fronts 8. 12. 22.
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 5 ZOOM SUR LA PROVINCE SUD de retour au salon de l'agriculture Pendant 9 jours, 1 200 exposants ont fait la plus grande ferme de France à Paris Expo – Porte de Versailles. Le Salon international de l’agriculture demeure l’un des rendez-vous majeurs des agricultures françaises. Chaque année, il réunit les filières de l’Hexagone et des Outre-mer, offrant une visibilité nationale à des territoires souvent éloignés des grands circuits de distribution. Pour la Nouvelle-Calédonie, il constitue une vitrine essentielle pour valoriser ses productions, renforcer son image et affirmer la singularité de son modèle agricole. Éleveurs, agriculteurs, pêcheurs, apiculteurs et artisans ont représenté la diversité des filières calédoniennes. Sur le stand, les visiteurs ont pu découvrir viandes de bœuf et de cerf, charcuteries, achards, miel, poissons fumés, vanille, tisanes, confitures ou encore sirops. Autant de produits qui racontent un territoire, ses paysages, ses contraintes climatiques et l’engagement quotidien des femmes et des hommes qui y travaillent. Notoriété. Au-delà de la dégustation, la présence au SIA répond à plusieurs objectifs. Il s’agit d’abord de consolider la notoriété des productions calédoniennes auprès du public métropolitain. Il s’agit aussi de créer des opportunités commerciales, d’ouvrir des perspectives de partenariat et de positionner les filières locales dans une logique demontée en gamme et de valorisation de l’origine. Dans un contexte économique exigeant, marqué par des tensions sur les coûts de production et les débouchés, la visibilité offerte par le Salon représente un levier concret. Elle permet de rappeler que l’agriculture calédonienne repose sur des savoir-faire reconnus, sur une traçabilité maîtrisée et sur une capacité d’adaptation constante. Elle participe également à renforcer l’attractivité du territoire. La collectivité affirme ainsi son soutien aux filières agricoles et agroalimentaires en accompagnant les producteurs dans cette opération collective. L’enjeu dépasse la seule participation à un salon : il s’agit de soutenir la structuration des filières, d’encourager l’innovation et de promouvoir une production locale identifiée et assumée. En retrouvant le Salon international de l’agriculture en 2026, la Nouvelle-Calédonie choisit de se rendre visible, de défendre ses produits et de rappeler que derrière chaque spécialité présentée à Paris, il y a une terre, un climat et un savoir-faire qui méritent d’être reconnus. Après une année d’absence, la Nouvelle-Calédonie a retrouvé les allées du Salon international de l’agriculture de Paris du 21 février au 1er mars 2026. Pour cette 62e édition, la province Sud, en partenariat avec la Chambre d’agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie, a accompagné près d’une vingtaine de producteurs. Un retour attendu, à la fois symbolique et stratégique. Le « Village du Pacifique », une vitrine collective Grâce aux contacts noués depuis 2023 lors des précédentes éditions du SIA, les trois territoires français du Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française et Wallis-et-Futuna, sous l’égide de la Fédération des Chambres d’Agriculture et de la Pêche du Pacifique (FED-CAPP), regroupés au sein du « Village du Pacifique », ont uni leurs forces pour accroître la visibilité de leurs territoires à travers leurs richesses et leur diversité afin de mettre en lumière le travail des femmes et des hommes qui contribuent chaque jour à produire pour nourrir leurs populations. Véritable espace de découverte gustative et d’animation pour faire connaître nos savoir-faire, le Village du Pacifique a réservé une place particulière à la province Sud et ses partenaires afin de présenter les produits de ses territoires, échanger avec les acteurs des différentes filières et promouvoir la destination auprès des visiteurs. Liste producteurs et éleveurs qui parti‑ cipent au SIA : Captain Ricky, Nature Plus NC, The Safe Garden, Choup Shop, Le Farino, LB Vanille, Cerf d’Élevage Gilles (CEG), L’Assiette du Broussard, Distillerie de Boulouparis, Le Rucher Sauvage, Le Vieux Sage, Charcuterie de Nessadiou, Pacifique Fumoir, élevage Tony Gilles, Agrical – élevage Ballande, élevage Puech Agropac, élevage FJ9, élevage Many, SCA Best et la Station provinciale zootechnique de Port-Laguerre.
6 | SUD'MAG #33 | Février 2026 Enseignement, santé et protection sociale : voici les trois axes jugés prioritaires par la province Sud pour cette rentrée 2026. Au cours de l’APS, l’engagement et le soutien auprès des familles ont nourri les débats. Pour cette rentrée scolaire, l’exécutif a affirmé son soutien aux familles et à leurs enfants dans un contexte encore marqué par les conséquences des émeutes de mai 2024. Ainsi, la collectivité fait le choix de placer la jeunesse et l’humain au cœur de ses priorités. Parce que préparer l’avenir des jeunes, c’est préparer celui de la Nouvelle-Calédonie, 54 % du budget provincial 2026, soit 25,2 milliards de francs, sont consacrés à l’enseignement, à la santé et à la protection sociale. Une action renforcée par la dotation républicaine de solidarité de l’État qui traduit une orientation forte et assumée : soutenir les familles, accompagner l’insertion des jeunes et garantir leur protection ainsi que l’accès aux services essentiels. Solidarité républicaine. Grâce à la dotation de solidarité républicaine accordée par l’État dans le cadre du prêt garanti, la province Sud bénéficiera de près de 473,5 millions de francs en 2026 pour financer des actions ciblées, dont la prolongation du Programme provincial de réinsertion citoyenne (PPRIC) et l’attribution d’une enveloppe exceptionnelle de 6000 francs par enfant de la crèche au lycée. Saluée par l’ensemble des élus, cette enveloppe strictement encadrée permettra de « soutenir les dépenses liées à la rentrée scolaire, mais également de réduire les frais de cantine », a rappelé la présidente. « Une aide directe » et « un soutien large et concret pour faire face à l’augmentation du coût de la vie », ont souligné les présidentes de la commission de l’enseignement et de la commission de la santé et de l’action sociale : « Pour une famille de deux, trois ou quatre enfants, l’impact sera très concret. Ce dispositif concerne 44640 jeunes en province Sud. C’est un choix responsable que d’utiliser une recette exceptionnelle pour un soutien exceptionnel Assemblée de Province du 12 février 25,2 MILLIARDS en soutien aux familles ,, AIDER SANS CONTREPARTIE CEUX QUI CONNAISSENT DES DIFFICULTÉS.
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 7 GRAND ANGLE aux populations. » Remerciant l’État pour cette aide exceptionnelle, la présidente a souligné que cette enveloppe permettra « d’aider sans contrepartie ceux qui connaissent des difficultés suite à la crise de 2024 ». Accès garanti. Garantir l’accès aux centres de vacances et de loisirs était également à l’ordre des décisions à prendre. L’assemblée a donc également voté un renforcement du soutien aux centres de vacances et de loisirs (CVL), qui accueillent chaque année près de 30000 enfants et jouent un rôle éducatif et social majeur. Les mesures adoptées prévoient notamment la revalorisation de l’aide provinciale à 550 francs par jour et par enfant (+100 francs), mais également une majoration supplémentaire de 50 francs par jour pour les enfants en situation de handicap. L’âge d’accès au forfait complémentaire a été abaissé à 11 ans et le dispositif va être simplifié pour plus de lisibilité. Offre de soins renforcée. Les élus ont également approuvé la formalisation de la participation provinciale à la mise en œuvre d’une équipe soignante itinérante de l’Ordre deMalte France, en coordination avec l’État et la Nouvelle-Calédonie. Signée le 22 août 2025, la convention-cadre prévoit l’intervention de trois à cinq professionnels de santé dans les trois provinces. En province Sud, les équipes interviendront dans les centres médicosociaux désignés. La présidente a précisé que la Province accompagnera concrètement l’intégration de ces professionnels au sein des dispensaires provinciaux, tout en veillant à une utilisation efficace des moyens mobilisés. Pour la présidente de la commission de la santé et de l’action sociale, c’était aussi l’occasion de saluer « un partenariat équilibré et encadré », qui constitue « une réponse concrète sans remettre en cause l’organisation existante des soins, dans une logique de solidarité et de complémentarité ». Renforcer la protection du littoral et des espèces protégées L’assemblée a également adopté un dispositif de coopération avec la Marine nationale afin de renforcer la police de l’environnement et la surveillance maritime. Cette collaboration permettra d’appuyer la prévention, la sensibilisation des usagers et la remontée de signalements, notamment en matière de pêche irrégulière. Par ailleurs, la province Sud a formalisé la participation des vétérinaires du territoire via une convention avec le Groupement technique vétérinaire de Nouvelle-Calédonie (GTVNC), dans le cadre du réseau d’échouage des espèces protégées. Une collaboration avec l’Aquarium des Lagons est également consolidée afin d’améliorer la prise en charge des espèces menacées. Pêche illégale : un partenariat pour valoriser les prises saisies Face à la hausse des infractions liées à la pêche irrégulière constatée depuis 2024, la province Sud encadre désormais la gestion des produits de la mer remis aux gardes nature lors des contrôles. Une convention formalise un partenariat avec l’Aquarium des lagons de Nouvelle-Calédonie afin que les prises mortes puissent être utilisées pour nourrir les animaux marins. Jusqu’ici, la gestion de ces produits posait plusieurs difficultés. La réglementation liée au risque requin interdit le rejet de déchets organiques à moins de 500 mètres des côtes. La redistribution à des associations présentait des risques sanitaires, notamment en matière de respect de la chaîne du froid ou de ciguatera. Certaines saisies, par ailleurs, ne peuvent intervenir que sur instruction du procureur de la République dans un cadre juridique spécifique. Le nouveau dispositif voté en Bureau de l’Assemblée prévoit le dépôt systématique des produits de la mer morts à l’aquarium, en tenant compte de ses capacités de stockage. Courses hippiques, la Province sécurise 2026 La collectivité a accordé une subvention de 12 millions de francs à la Fédération des Courses Hippiques de Nouvelle-Calédonie afin de garantir la tenue de la saison 2026. La décision intervient dans un contexte de trésorerie particulièrement tendu pour la Fédération, dont les fonds disponibles en fin d’année 2025 ne permettaient pas de couvrir les charges incompressibles du début d’exercice. Le budget prévisionnel 2026, fondé sur huit réunions hippiques, s’élève à près de 29 millions de francs. Les charges de personnel représentent une part importante des dépenses. Sans soutien rapide, la Fédération indiquait ne pas pouvoir assurer la planification de la saison ni honorer ses engagements contractuels, notamment en matière de contrôle antidopage et de services vétérinaires. Par cette décision prise en Bureau de l’Assemblée, la province Sud sécurise la continuité de l’activité hippique et le maintien de la filière pour l’année 2026. L'info en+
8 | SUD'MAG #33 | Février 2026 La rentrée scolaire 2026 s’inscrit dans une ambition claire de la province Sud : faire de l’école un espace de bien-être, de confiance et de réussite pour tous les élèves, tout en soutenant pleinement celles et ceux qui les accompagnent au quotidien. Dans un contexte éducatif exigeant, marqué par l’hétérogénéité croissante des publics et l’évolution des besoins des élèves, la province Sud a fait le choix de priorités pragmatiques axées sur trois leviers : investir dans la formation et l’accompagnement des personnels, renforcer le soutien des élèves les plus fragiles et améliorer durablement les conditions d’accueil et d’apprentissage dans les établissements. « Le bien-être n’est pas un objectif périphérique, rappelle Florence Seytres de la DERES (Direction de l’éducation et de la réussite). Il constitue même une condition essentielle des apprentissages et de la réussite scolaire. La province Sud a fait le choix d’une approche globale, qui articule conditions de travail des personnels, accompagnement des élèves et soutien aux équipes éducatives et renforcement du lien avec les parents ». Cette approche globale irrigue l’ensemble des axes prioritaires portés en 2026, qu’il s’agisse de formation, d’innovation pédagogique, d’inclusion scolaire, de sécurité ou de prévention. Sécurisation. Compétente pour la construction et l’entretien des 20 collèges publics de la province Sud, la collectivité a engagé depuis 2020 un plan structuré de sécurisation des établissements, face à la recrudescence des intrusions, dégradations et atteintes aux personnes. Ce plan repose sur RENTRÉE SCOLAIRE 2026, agir sur tous les fronts Tenue commune La tenue commune, obligatoire dans les écoles primaires publiques de la province Sud, constitue un marqueur fort de la politique éducative provinciale en faveur de l’égalité et de la cohésion sociale. Au‑delà de l’aspect vestimentaire, la tenue commune contribue à limiter les phénomènes de discrimination, à renforcer le sentiment d’appartenance à l’école et à apaiser le climat scolaire. À la rentrée 2026, les 16 665 élèves sont concernés par ce dispositif. Le kit complet de tenue commune est proposé à un tarif inchangé de 5 250 F. La tenue est disponible à la boutique de Ducos, et une distribution spécifique en brousse est organisée à compter du 20 mars, afin de garantir l’équité territoriale et l’accessibilité du dispositif.
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 9 GRAND ANGLE Numérique éducatif : expérimentation tablette Dans le cadre de sa stratégie de modernisation des outils pédagogiques, la province Sud conduit depuis 2024 une expérimentation d’équipement numérique individuel au collège Jean-Fayard à Katiramona. À la rentrée 2026, ce dispositif concerne 230 élèves et 39 enseignants, équipés de tablettes configurées pour un usage strictement pédagogique. L’expérimentation vise plusieurs objectifs : • Fiabiliser les équipements et réduire les pertes de temps liées aux dysfonctionnements techniques ; • Diversifier les pratiques pédagogiques et favoriser l’autonomie des élèves ; • Renforcer l’égalité d’accès aux ressources numériques. Les premiers retours font état d’une meilleure continuité des apprentissages, d’un engagement accru des élèves et d’une appropriation progressive des outils par les équipes pédagogiques. Le wallisien à l’école L’enseignement de la langue et de la culture wallisiennes s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine culturel et linguistique du territoire. Selon le nombre d’élèves volontaires, une organisation adaptée sera déployée au sein de deux écoles maternelles afin de garantir des conditions d’apprentissage optimales. Cet enseignement pourra être assuré en partenariat avec des intervenants issus du tissu associatif local. trois axes complémentaires : une sécurisation passive (clôtures, contrôles d’accès, sas), une sécurisation active (vidéosurveillance, alarmes, éclairage) et la présence humaine (vigiles, coordination avec les forces de l’ordre). À la suite de la crise survenue en 2024, un programme accéléré d’investissements et de travaux a été mis en œuvre, en particulier dans les collèges François-Ollivaud et Jean-Lèques à Nouméa. En parallèle, la province Sud poursuit le déploiement et la généralisation des Plans Particuliers de Mise en Sûreté (PPMS) afin de renforcer la capacité de réponse des établissements face aux situations d’urgence. La sécurité des élèves et des personnels est une priorité absolue. En 2026, la province Sud renforce ses investissements pour faire des collèges des espaces protégés, où chacun peut apprendre et travailler en toute sérénité. Une convention avec la sécurité civile et la caisse des écoles de Nouméa sera également mise en œuvre dès 2026 pour former les personnels, perfectionner les PPMS et sensibiliser les élèves aux risques. Ce partenariat vise à former les personnels des écoles à la mise en œuvre des actions de sensibilisation sur les risques de sécurité civile, de sûreté et aux procédures d’évacuation. Il permettra également de mettre en œuvre et perfectionner les Plans Particuliers de Mise en Sécurité (PPMS) et sensibiliser les élèves aux risques spécifiques à leur environnement et aux comportements à adopter en situation d’urgence. Les pochettes anti‑ondes. Face à l’usage intensif des smartphones chez les adolescents, identifié comme un facteur de perturbation de la concentration et du bien‑être, la province Sud a financé pour la rentrée 2026, 453 pochettes anti‑ondes qui seront distribuées en expérimentation au collège Georges-Baudoux. Ce dispositif vise à instaurer des temps de déconnexion pendant le temps scolaire afin d’améliorer l’attention en classe, apaiser le climat scolaire et favoriser les interactions sociales. Il repose sur une pochette isolante dans laquelle l’élève dépose son téléphone, conservé en sa possession mais rendu inaccessible. Fondée sur la responsabilisation plutôt que sur l’interdiction, cette démarche innovante est menée en partenariat avec le gouvernement, le vice‑rectorat et la communauté éducative du collège. Elle s’accompagne d’actions de sensibilisation à destination des familles. L’impact du dispositif fera l’objet d’une évaluation en vue d’une éventuelle extension à d’autres établissements volontaires.
10 | SUD'MAG #33 | Février 2026 Malgré une baisse démographique, la province Sud choisit de maintenir des effectifs maîtrisés, de renforcer l’accompagnement des élèves fragiles et d’anticiper les restructurations. Objectif affiché : sécuriser les parcours et garantir à chaque élève un cadre d’apprentissage serein. Àla rentrée 2026, 16 665 élèves sont scolarisés dans les 91 écoles primaires publiques de la province Sud : 10 594 en élémentaire, 5 827 en maternelle et 244 en CLIS. La démographie recule de 2,5 % par rapport à 2025. Pourtant, seules 10 fermetures de classes ont été décidées. « Un choix assumé qui permet de maintenir des effectifs moyens inférieurs à 25 élèves par classe, explique Florence Seytres, directrice de la DERES (Direction de l’éducation et de la réussite). Derrière ces chiffres, il s’agit de préserver un climat de classe favorable aux apprentissages, en particulier dans les établissements accueillant des publics plus fragiles. Stabiliser les effectifs, c’est investir dans la qualité de l’encadrement. C’est aussi refuser une gestion purement comptable de la carte scolaire ». L’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers constitue une autre priorité majeure. Les situations de grandes difficultés d’adaptation scolaire appellent des réponses collectives, coordonnées et bienveillantes. La communauté éducative renforce son travail d’analyse des situations et de recherche de solutions adaptées. L’enjeu est double : sécuriser les parcours des élèves et prévenir l’isolement professionnel des enseignants. L’accompagnement devient une responsabilité partagée. Prévention. L’année 2026 est également placée sous le signe de la prévention. Les situations de souffrance à l’école et de violences entre pairs font l’objet d’une vigilance renforcée. Des actions ciblées de sensibilisation et d’accompagnement sont déployées. Chaque situation est investiguée et un retour est systématiquement fait à l’élève et aux parents. La province Sud appelle à une vigilance collective face aux signaux faibles de mal-être. Agir tôt, favoriser la parole des élèves et mobiliser rapidement les ressources compétentes : le cap est posé pour garantir un cadre scolaire sécurisant et bienveillant. Cette approche se traduit aussi par des expérimentations ciblées. En 2026, un dispositif sera déployé dans plusieurs écoles prioritaires. L’objectif est de renforcer l’accompagnement global des élèves et des équipes en tenant compte des réalités locales. Carte scolaire. Enfin, la province Sud anticipe les évolutions de la carte scolaire. À Thio, commune d’environ 2 500 habitants, les effectifs en baisse ont conduit à la fermeture du collège privé Francis-Rougé à compter de la rentrée 2026. Le collège public « La Colline » accueillera désormais l’ensemble des collégiens. Plus de 25 millions de francs ont été engagés pour remettre en état les bâtiments, renforcer la sécurité et adapter les capacités d’accueil. L’objectif est clair : garantir de bonnes conditions d’apprentissage pour tous les élèves, y compris ceux issus de l’enseignement privé. À La Foa, la fermeture récente de l’internat privé Savio a conduit la province Sud à ouvrir en urgence un dortoir supplémentaire dans son internat provincial. Tous les collégiens sans solution d’hébergement ont ainsi pu être accueillis à une semaine de la rentrée. RÉUSSITE SCOLAIRE, la province Sud mise sur l’accompagnement La rentrée des directeurs permet de fixer les objectifs de l'année.
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 11 GRAND ANGLE Le confort thermique dans les écoles primaires La province Sud, en lien étroit avec les communes – propriétaires des bâtiments scolaires du premier degré – a engagé depuis 2021 un programme ambitieux d’aide en matière d’amélioration du confort thermique, phonique et de la qualité de l’air dans les écoles primaires publiques. À la rentrée 2026, 443 classes sur 828 sont déjà climatisées, soit 54 %. Les travaux en cours permettront d’atteindre 93 % de classes climatisées d’ici la fin de l’année 2026. Huit communes ont bénéficié de ce dispositif de soutien financier. Entre 2021 et 2026, 500 millions de francs ont été investis par la collectivité pour accompagner les communes, avec une prise en charge pouvant aller jusqu’à 75 % du coût des travaux, dans une logique alliant bien-être des élèves, amélioration des conditions de travail des enseignants et transition énergétique. La projection à fin 2026 marque une accélération décisive. Nouméa, Mont-Dore, La Foa, Sarraméa, Moindou et Boulouparis atteindront un taux d’équipement de 100 % de leurs classes. Bourail sera quasiment au terme du programme avec 96 % de classes climatisées. Païta atteindra 35 % d’équipement et Dumbéa 30 %, avec des investissements significatifs déjà engagés pour poursuivre le déploiement. Au total, l’objectif affiché est clair : généraliser la climatisation dans l’ensemble des écoles primaires publiques du territoire et résorber progressivement les disparités communales. En 2026, les travaux se concentreront donc sur les communes encore partiellement équipées, avec une programmation priorisée en fonction des effectifs, de l’exposition thermique des bâtiments et des capacités techniques des sites. Cette montée en puissance traduit une volonté politique assumée : faire du confort thermique non pas un luxe, mais une condition normale d’apprentissage dans un territoire confronté à des épisodes de chaleur de plus en plus intenses. Stabilité des effectifs, accompagnement renforcé, prévention, anticipation : derrière ces mesures, une même logique de soutien. Assurer à chaque élève un parcours sécurisé, et à chaque équipe éducative les moyens de remplir sa mission. Ecoles bilingues. La province Sud compte 12 écoles bilingues, environ 14% des élèves de la province Sud : Dans ce cadre, la province Sud, la Nouvelle-Calédonie et le Vice‑Rectorat ont établi une convention de partenariat portant sur l’organisation et le fonctionnement de l’enseignement bilingue français‑anglais en province Sud. Cette convention vise à structurer durablement le dispositif, à en garantir la qualité et à assurer une continuité des apprentissages en langue anglaise tout au long du parcours scolaire des élèves. Dans le prolongement de sa politique en faveur de l’enseignement bilingue françaisanglais, la province Sud a développé des partenariats structurants avec l’Australie, notamment avec l’AAFEBS (Australian Association of French-English Bilingual Schools) et le ministère de l’Éducation de l’État de Victoria. Ces partenariats ont permis la mise en œuvre de stages d’immersion pédagogique au sein d’écoles australiennes, offrant aux enseignants calédoniens l’opportunité de consolider leur maîtrise linguistique, d’observer d’autres approches pédagogiques et d’enrichir leurs pratiques professionnelles. Après une interruption liée au contexte de 2024, le programme d’immersion reprendra en 2026, avec l’ambition d’élargir progressivement les coopérations à d’autres États australiens, notamment le Queensland. La venue probable d’enseignants et d’élèves australiens renforcera la réciprocité des échanges. Partenariat AMPIRIC : fonder les pratiques sur la recherche La province Sud a engagé une collaboration étroite avec le centre de recherche en psychologie et neurosciences du pôle AMPIRIC (Aix-Marseille – Pôle d’Innovation, de Recherche, d’enseIgnement pour l’éduCation), afin de rapprocher les pratiques enseignantes des avancées scientifiques. Suite aux résultats prometteurs de l’expérimentation menée sur l’apprentissage de la lecture (Graphogame) en 2025, 20 classes poursuivent leurs travaux avec le chercheur français Johannes Ziegler. En étroite collaboration avec la DENC, 10 classes exploreront un nouveau support pédagogique numérique appelé Adaptiv’Math qui constitue une aide à la différenciation en mathématiques, avec un parcours d’apprentissage personnalisé élaboré pour adapter les activités au niveau réel de chaque élève. Partenariat avec le Québec : promouvoir le bien-être au travail La province Sud a également engagé une réflexion de fond sur le bien-être au travail des enseignants, en partenariat avec des chercheurs québécois et belges. Des formations à la psychopédagogie du bien-être et une enquête menée en 2025 permettent de mieux comprendre le vécu professionnel des enseignants et d’adapter les politiques publiques en conséquence, permettant de d’accroitre le bien-être au travail.
12 | SUD'MAG #33 | Février 2026 Face à un déséquilibre durable entre le nombre de demandeurs d’emploi et le volume d’offres disponibles, la Direction de l’Emploi et du Logement (DEL) de la Province adapte son organisation et diversifie ses dispositifs. Loin de se limiter à l’inscription et au pointage, elle déploie une offre de services graduée, territorialisée et segmentée selon les profils. Dans un contexte économique fragilisé, l’enjeu consiste à accompagner des parcours de plus en plus complexes, tout en soutenant les entreprises dans leurs recrutements. Plus de 24 000 demandeurs d’emploi distincts ont été recensés sur l’année 2025, pour moins de 6 400 postes disponibles. Certains mois, le ratio moyen atteint jusqu’à treize demandeurs pour un poste. La contraction de l’offre est nette par rapport aux années précédentes, et la concurrence s’intensifie sur les emplois peu qualifiés. Dans le même temps, près d’un poste sur deux exige un niveau de qualification supérieur au bac, ce qui accentue le décalage entre profils disponibles et attentes des employeurs. Les contrats à durée déterminée représentent plus de la moitié des offres publiées. À ces tensions s’ajoute une évolution des publics : augmentation des seniors, reconversions contraintes, profils marqués par la crise économique récente. Le taux de placement demeure historiquement faible, reflet d’un contexte structurel difficile. Dans ce contexte, la DEL entend répondre à tous. « Nous avons davantage de demandeurs et moins d’offres. Notre rôle est d’organiser l’accompagnement dans ce déséquilibre », souligne Marie Benzaglou, directrice de la DEL. LA DEL, un accompagnement vers l'emploi pour tous ,, LES DEMANDEURS DE PLUS DE 45 ANS REPRÉSENTENT DÉSORMAIS ENVIRON UN QUART DES ACTIFS INSCRITS
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 13 DÉCRYPTAGE Organisation graduée. La DEL s’appuie sur des équipes réparties sur l’ensemble de la province Sud, avec un siège à Ducos et des antennes dans l’agglomération et les communes de l’intérieur. L’accompagnement vers l’empoi mobilise chaque jour 45 conseillers emploi/logement et trois conseillers insertion. En moyenne, « un conseiller suit près de 200 demandeurs en file active, ce qui impose une priorisation des situations, explique la directrice. Dès l’inscription validée, un entretien permet d’évaluer les besoins et de déterminer le niveau d’accompagnement. Trois catégories structurent le suivi : mise en relation directe sur des offres d’emploi pour les publics autonomes, accompagnement à la recherche d’emploi avec entretiens et ateliers, ou accompagnement global renforcé lorsque plusieurs freins – professionnels, sociaux ou liés au logement – sont identifiés. » Cette segmentation vise à adapter l’intensité et la durée du suivi en fonction des besoins des personnes, et à éviter une réponse uniforme. Offre élargie. L’action de la DEL ne se limite pas au pointage et à la diffusion d’offres d’emploi. Elle repose sur une « boîte à outils » diversifiée. Ateliers collectifs consacrés aux techniques de recherche d’emploi, travail sur la confiance en soi, construction du projet professionnel, bilans de compétences ou de reclassement complètent les entretiens individuels. Des aides à la formation individuelle ou au permis de conduire peuvent être mobilisées sous conditions. Parallèlement, des mesures d’aide à l’embauche incitent les entreprises à recruter des demandeurs orientés par la DEL. Ces dispositifs prévoient notamment Les bureaux de la DEL ont été spécifiquement repensés pour accueillir tous les publics de manière personnalisé. Après une étude de votre profil et de vos besoins, un parcours personnalisé peut-être proposé. La DEL dispose de nombreux outils pour accompagner tous les profils dans leur recherche d'emploi. C'est à Ducos que la DEL accueille chaque jour les demandeurs d'emploi. Depuis l'année dernière, un espace dédié, BOOSTE Emploi, permet d'améliorer la gestion des flux, et de renforcer également les liens avec les entreprises.
14 | SUD'MAG #33 | Février 2026 DÉCRYPTAGE Marie Benzaglou, directrice de la DEL Comment la DEL s’adapte-t-elle à l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi ? Nous faisons face à un volume d’inscriptions plus important et à des parcours plus complexes. Nous avons donc renforcé la segmentation de notre accompagnement. Tous les demandeurs ne relèvent pas du même niveau de suivi. Certains sont immédiatement mobilisables, d’autres ont besoin d’un accompagnement structuré, voire global. Notre organisation repose sur cette adaptation permanente aux profils et aux freins identifiés. La DEL est souvent perçue comme un lieu de pointage. Que répondez-vous ? Lepointageest uneobligationadministrative pour certains publics, mais il ne résume pas notre mission. Nous accueillons, nous orientons, nous accompagnons. Ateliers, bilans, aides à la formation, dispositifs d’insertion, soutien aux employeurs : notre offre de services est large. L’inscription est une porte d’entrée vers un parcours, pas une simple formalité. Quels sont les principaux défis à court terme ? Le déséquilibre entre l’offre et la demande reste notre défi majeur. Nous devons améliorer le rapprochement entre les profils disponibles et les besoins des entreprises, tout en accompagnant des publics fragilisés par la crise. Cela suppose de moderniser nos outils, de renforcer nos partenariats et de maintenir un suivi individualisé malgré la pression sur nos équipes. 3 QUESTIONS À... un plan de formation interne et un tutorat, avec des aides financières en contrepartie. L’objectif est double : sécuriser le parcours du salarié et soutenir l’employeur dans la prise de risque que représente un recrutement dans un contexte incertain. « L’inscription à la DEL en tant que demandeur d’emploi n’est pas une finalité. C’est le point de départ d’un parcours que nous devons construire avec la personne », rappelle Marie Benzaglou. Parcours spécifiques. Certains dispositifs ciblent des profils particuliers. Les brigades vertes et urbaines constituent des chantiers d’insertion associant activité professionnelle, formation et accompagnement social. En 2025, 78 bénéficiaires ont intégré ces équipes intervenant sur l’entretien d’espaces verts, la sécurisation de sites ou la rénovation d’espaces d’accueil. Le dispositif d’insertion par l’emploi combine emploi, logement et accompagnement social pour des personnes en situation de précarité, et en priorité celles qui ont été impactées par la crise. Plus de 800 personnes ont été suivies dans ce cadre en 2025. Un coaching spécifique a également été mis en place pour les cadres et assimilés, avec un parcours individualisé alternant accompagnement personnalisé, ateliers et mise en réseau. Les demandeurs de plus de 45 ans représentent désormais environ un quart des actifs inscrits. Leur repositionnement constitue un enjeu identifié, compte tenu de leur expérience mais aussi de la concurrence accrue sur certains secteurs. Adéquation offre-demande. Tous les parcours spécifiques précités ont été créés ou ajustés après les émeutes. « Le Plan provincial de l’emploi et de l’insertion a été adapté afin de tenir compte de l’évolution du marché, précise Christophe Bergery, secrétaire général adjoint de la collectivité. Plusieurs actions ont été réajustées, d’autres créées ». De même, l’espace BOOSTE Emploi a été créé afin d’améliorer l’accueil desdemandeursd’emploi et lagestion des flux. La DEL renforce également ses liens avec les entreprises : prospection, organisation de jobdatings ciblés, recours à la méthode de recrutement par simulation pour sélectionner les candidats sur leurs habiletés plutôt que sur le seul CV. Dans un contexte marqué par la précarité économique et sociale, l’objectif reste pragmatique : structurer les parcours, fluidifier les recrutements et maintenir un accompagnement individualisé, sans promettre ce que le marché ne peut offrir. ,, UN COACHING SPÉCIFIQUE A ÉGALEMENT ÉTÉ MIS EN PLACE POUR LES CADRES ET ASSIMILÉS, AVEC UN PARCOURS INDIVIDUALISÉ
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 15 Accompagnement des jeunes Dans le cadre du Plan provincial emploi insertion, des actions spécifiques sont déployées en direction des jeunes. L’objectif est de faciliter leur entrée sur le marché du travail et de structurer leur projet professionnel. Le public visé comprend notamment les jeunes en fin de cursus scolaire ou en difficulté d’insertion. L’accompagnement peut inclure des ateliers collectifs, un suivi individualisé, des immersions en entreprise ou l’orientation vers des dispositifs de formation. L’enjeu consiste à éviter les ruptures de parcours et à proposer des solutions adaptées à des profils parfois sans qualification ou sans expérience professionnelle significative. Dans un marché où l’offre d’emploi se contracte et où la concurrence entre candidats s’intensifie, le travail avec les employeurs est devenu un axe central de la stratégie de la Direction de l’Emploi et du Logement (DEL). L’enjeu ne consiste plus seulement à accompagner des demandeurs d’emploi, mais à fluidifier les recrutements et à sécuriser les décisions d’embauche. La DEL se positionne désormais comme un partenaire opérationnel des entreprises, au plus près de leurs besoins. Lorsque plusieurs dizaines de candidatures répondent à une seule offre, la qualité du rapprochement entre l’offre et la demande devient déterminante. C’est dans cette logique que le « Pôle Employeurs » structure son action. « Les conseillers interviennent dès la formulation du besoin : analyse du poste, clarification des compétences attendues, aide à la rédaction et au calibrage de l’offre, explique Marie Benzaglou. Cette étape conditionne la pertinence des candidatures reçues et la rapidité du recrutement. L’espace employeur en ligne permet ensuite de déposer, gérer et suivre les offres publiées, de consulter les candidatures et de visualiser les mises en relation réalisées par les conseillers ». Mais le partenariat ne se limite pas à la gestion administrative des offres. La DEL a relancé la prospection entreprise et met en place des rendez-vous réguliers d’échanges, les « Cafés de la DEL », afin de créer un dialogue direct avec les acteurs économiques. L’objectif est de mieux identifier les besoins émergents, d’anticiper les tensions sectorielles et de co-construire certains services avec un panel d’employeurs volontaires. « Nous devons comprendre finement les attentes des entreprises. C’est à cette condition que nous pouvons adapter nos outils et préparer les candidats », explique Marie Benzaglou. EMPLOYEURS, un partenariat devenu stratégique
16 | SUD'MAG #33 | Février 2026 DÉCRYPTAGE Duo Day Le Duo Day repose sur un principe de mise en situation. Le temps d’une journée, une personne en situation de handicap forme un binôme avec un professionnel volontaire au sein d’une entreprise ou d’une administration. L’objectif est double : permettre au participant de découvrir un environnement de travail réel et offrir à l’employeur l’occasion de mieux appréhender les compétences et le potentiel du candidat. Ce dispositif s’inscrit dans une logique plus large d’accompagnement des publics en situation de handicap, qui comprend un diagnostic individualisé, l’élaboration d’un projet professionnel, un plan d’action personnalisé et, le cas échéant, des stages ou immersions en entreprise. Il vise à favoriser l’inclusion professionnelle en dépassant les représentations et en créant un contact direct avec le monde du travail. Sécuriser. Dans un contexte économique incertain, recruter engage. Pour certaines entreprises, la prise de décision peut être freinée par le risque financier ou par l’incertitude sur l’adéquation du profil. La DEL mobilise plusieurs dispositifs destinés à sécuriser cet engagement : aide à la première embauche, aide au recrutement, stages préalables à l’embauche ou participation au financement de formations internes. L’entreprise s’engage sur un contrat et prévoit un plan de formation avec tutorat ; en contrepartie, une aide financière peut être accordée. Au-delà des aides, ce travail repose sur un suivi étroit des mises en relation, par les conseillers, entre les candidats inscrits à la DEL et les offres d’emploi qui y sont déposées. En 2025, plusieurs dizaines de milliers de candidatures ont été déposées et plus de 17 000 mises en relation réalisées. Dans ce volume, la capacité à affiner la sélection devient un enjeu opérationnel majeur. Coaching cadres. La transformation du marché affecte également les profils expérimentés. Les cadres et assimilés représentent une part significative des demandeurs, avec des parcours souvent longs et qualifiés, mais confrontés à une contraction des opportunités. Le dispositif de coaching cadres a été conçu pour répondre à cette réalité. Il repose sur un parcours individualisé d’une durée maximale de six mois, combinant accompagnement personnalisé, ateliers collectifs, formation et mise en réseau avec des intervenants spécialisés. Le budget alloué en 2025 s’élève à 17,7 millions de francs pour 60 bénéficiaires, soit un investissement ciblé sur ces profils. Le travail porte sur le positionnement professionnel, l’élargissement du champ de recherche, l’adaptation aux attentes du marché et la stratégie de mobilité. Il ne s’agit pas seulement de retrouver un poste équivalent, mais d’envisager des trajectoires réalistes au regard du contexte économique. « Ces profils ne sont pas éloignés de l’emploi. En revanche, ils doivent souvent adapter leur stratégie et parfois redéfinir leur projet », souligne la directrice. Cette approche traduit une évolution des publics accompagnés : plus âgés, plus expérimentés, parfois issus de secteurs en contraction, ils nécessitent un accompagnement spécifique et intensif. Moderniser sans déconnecter. La modernisation de l’adéquation entre l’offre et la demande constitue un autre axe de travail. L’espace employeur en ligne, le développement en projet d’une cvthèque et l’amélioration des outils de rapprochement visent à fluidifier les échanges. Mais la stratégie ne repose pas uniquement sur le numérique. Elle s’appuie sur un suivi humain constant : entretiens, ateliers, immersions en entreprise, travail sur la posture professionnelle. Lorsque la situation l’exige, un accompagnement global peut être mobilisé afin de lever les freins périphériques à l’emploi.Dans un marché déséquilibré, la DEL ne crée pas les postes. Elle organise les passerelles. Le partenariat employeur s’inscrit désormais comme un levier structurant de son action. Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) La Méthode de Recrutement par Simulation constitue une alternative au tri classique des candidatures sur CV. Le principe est simple : évaluer les habiletés nécessaires pour occuper un poste, sans exiger de diplôme ou d’expérience préalable dans le secteur concerné. Les exercices proposés ne demandent aucune connaissance technique spécifique. Ils reproduisent des situations de travail afin d’identifier des compétences transférables : logique, concentration, respect des consignes, capacité d’adaptation. Dix secteurs d’activité sont aujourd’hui concernés, avec 19 kits d’évaluation disponibles. À l’issue de la sélection, les candidats retenus sont présentés à l’entreprise. Cette approche permet d’élargir le vivier, notamment lorsque les offres reçoivent un nombre important de candidatures peu différenciées, ou lorsque les employeurs peinent à recruter sur certains métiers. ,, EN 2025, PLUSIEURS DIZAINES DE MILLIERS DE CANDIDATURES ONT ÉTÉ DÉPOSÉES ET PLUS DE 17 000 MISES EN RELATION AVEC DES OFFRES D'EMPLOI RÉALISÉES.
Février 2026 | SUD'MAG #33 | 17 ACTUALITÉS La province Sud élargit le champ d’application de l’Aide Financière à l’Accession en province Sud (AFAPS). Désormais, le dispositif est ouvert à l’acquisition de logements anciens. Cette évolution marque une étape importante dans la politique provinciale de l’habitat, en combinant soutien à l’accession à la propriété et encouragement à la rénovation du parc existant. Jusqu’à présent, l’AFAPS accompagnait principalement des projets d’acquisition dans le neuf. Or, une part importante des biens disponibles sur le marché immobilier concerne désormais des logements anciens nécessitant des travaux de remise aux normes ou de modernisation. En élargissant le dispositif, la collectivité répond à une réalité économique et sociale : permettre aux ménages d’accéder à la propriété à un coût maîtrisé tout en améliorant la qualité du parc immobilier. Concrètement, l’aide prévoit l’attribution d’une subvention de 1,5 million de francs, sous réserve de la réalisation d’un minimum de 2 millions de francs de travaux de rénovation. Cette condition vise à garantir que l’intervention publique produise un effet structurant : amélioration de la qualité du logement, du confort et de la performance du logement. Les travaux peuvent concerner la toiture, l’isolation, les installations électriques ou sanitaires, la mise aux normes, ou encore des aménagements intérieurs destinés à adapter le bien aux besoins du ménage. Impact économique. Pour les futurs propriétaires, l’intérêt est tangible. Le prix d’achat d’un logement ancien a nettement diminué et est souvent inférieur à celui d’un bien neuf. En intégrant la subvention provinciale, le projet global va permettre à un plus grand nombre de ménages de devenir propriétaire. L’aide permet également d’envisager des rénovations qui, sans accompagnement, auraient pu être différées ou limitées. Le dispositif sécurise ainsi le parcours résidentiel et contribue à transformer un bien existant en résidence principale conforme aux normes de confort. Au-delà des ménages, l’impact est aussi économique. Chaque projet soutenu génère de l’activité pour les entreprises locales du BTP, les artisans et les fournisseurs de matériaux. Dans un contexte où le secteur du bâtiment connaît des tensions liées au ralentissement de la construction neuve, la rénovation constitue un levier d’activité concret. L’ouverture de l’AFAPS aux logements anciens participe à cette dynamique en orientant les investissements vers des travaux structurants. La mesure répond également à un enjeu d’aménagement du territoire. En favorisant la réhabilitation plutôt que l’extension urbaine, la province Sud encourage une utilisation plus efficiente du foncier déjà urbanisé. Elle contribue à limiter la vacance de certains biens, à préserver le patrimoine bâti et à renforcer la qualité de vie dans les quartiers existants. Cette approche s’inscrit dans une logique de développement plus durable, où l’amélioration du parc existant devient un axe prioritaire. L’AFAPS élargie constitue ainsi un outil transversal : social, économique et urbain. Social, parce qu’elle facilite l’accession à la propriété pour des ménages éligibles. Économique, parce qu’elle soutient l’activité des entreprises locales. Urbain, parce qu’elle encourage la rénovation et la valorisation du bâti existant. LOGEMENT EN PROVINCE SUD, l’AFAPS désormais ouverte aux logements anciens AFAPS : les principales conditions Aide destinée à l’acquisition d’un logement ancien en vue d’en faire sa résidence principale. • Subvention de 1,5 million de francs CFP accordée par la province Sud. • Obligation de réaliser au minimum 2 millions de francs CFP de travaux de rénovation par des professionnels. • Respect des critères d’éligibilité fixés par la province Sud, notamment en matière de ressources et de situation du ménage. • Dépôt d’un dossier auprès des services provinciaux et validation avant le démarrage des travaux. Les conditions détaillées d’éligibilité, les plafonds de ressources ainsi que les démarches à suivre sont disponibles sur le site internet de la province Sud. En ouvrant l’AFAPS aux logements anciens, la province Sud affirme une orientation claire : soutenir l’accession à la propriété tout en donnant une seconde vie au parc immobilier existant. Une mesure qui associe responsabilité budgétaire, efficacité économique et amélioration durable de l’habitat sur le territoire. Pour en savoir plus :
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