Avril - Mai 2026 | SUD'MAG #35 | 11 GRAND ANGLE le marché de logements vacants, la réalité actuelle est toute autre. Le modèle reposait alors sur un équilibre entre logements libres, accession aidée, locatif social et logements spécifiques, avec une forte concentration dans le Grand Nouméa. Aujourd’hui, les indicateurs ont basculé. Le taux de vacance atteint des niveaux élevés, y compris dans le parc social. Les prix de l’immobilier ancien reculent, et la demande diminue sous l’effet des départs de population et d’une précarisation accrue. Dans ce contexte, continuer à construire au même rythme reviendrait à alimenter un déséquilibre déjà installé. Un cadrage strict. La programmation transitoire pour 2026-2027 acte donc un ralentissement assumé. Dans les communes du Grand Nouméa, aucune nouvelle opération de logements locatifs publics n’est prévue. Dans d’autres secteurs, notamment enbrousse, unplafond est fixé à dix logements par an et par commune. Ce cadrage strict traduit une approche pragmatique : ajuster l’offre à la réalité du terrain plutôt que poursuivre une logique de volume. La gouvernance du dispositif se veut également plus structurée. Le comité de l’habitat de la province Sud est associé pour avis, tandis que les collectivités et les opérateurs sont intégrés dans la définition des volumes. La programmation est ensuite validée par l’assemblée, avec la possibilité d’ajustements annuels pour tenir compte des évolutions. Ajustements techniques. Au-delà du pilotage de la production, des ajustements techniques viennent compléter l’ensemble. Le cadre des aides à l’accession est précisé, notamment pour les dispositifs liés à la rénovation, avec des délais encadrés pour le dépôt des demandes et des exigences en matière d’assurance. En creux, c’est une nouvelle philosophie qui s’installe. Moins quantitative, plus ciblée, et surtout plus réactive. La production de logements sociaux n’est plus envisagée comme une réponse automatique, mais comme un levier à manier avec précision. Dans un contexte incertain, la province Sud choisit de resserrer les lignes. Reste désormais à mesurer, dans les prochaines années, l’impact de cette stratégie sur l’équilibre du marché et sur les parcours résidentiels des ménages. Christophe Bergery, secrétaire général adjoint de la province Sud en charge du pôle développement et épanouissement de la personne Pourquoi renforcer le cadre des opérations de logement social ? Jusqu’à présent, la stratégie habitat ne s’appliquait pas à toutes les étapes des projets, notamment lors de la reconnaissance du caractère social. Cela limitait la capacité de pilotage. Désormais, l’ensemble des opérations devra s’inscrire dans une programmation validée, ce qui permet d’assurer une cohérence globale entre les besoins identifiés et les projets engagés. Quel rôle joue la programmation territorialisée ? Elle permet de raisonner à l’échelle des communes, en tenant compte de leurs spécificités. L’objectif est de fixer des volumes de production en concertation avec les collectivités et les opérateurs, puis de partager ces orientations au sein du comité de l’habitat. Ce travail collectif garantit une meilleure adaptation des décisions aux réalités locales. Quelles évolutions pour les aides à l’habitat ? Les dispositifs sont ajustés pour gagner en clarté et en efficacité. Par exemple, pour l’accession-rénovation, les délais de dépôt des demandes sont désormais encadrés et des garanties supplémentaires sont demandées. 3 QUESTIONS À... Avant 2024, une logique de production soutenue Le plan provincial du logement et de l’habitat adopté en 2022 estimait les besoins en moyenne à 1 000 logements à construire chaque année, complété par une part issue de la remise sur le marché de biens vacants. La répartition prévoyait 40 % de logements privés libres, 30 % en accession aidée, 20 % de locatif aidé et 10 % de logements spécifiques. La majorité de la production était concentrée dans le Grand Nouméa, avec une part largement majoritaire dans l’agglomération. Une programmation désormais encadrée La nouvelle programmation pluriannuelle repose sur une logique territorialisée. Elle fixe les besoins par commune, détermine les volumes en concertation avec les acteurs locaux et impose que toute opération de logement aidé respecte ce cadre. Le comité de l’habitat est consulté à chaque étape, et l’assemblée de la province Sud valide les orientations, avec des ajustements possibles chaque année. Des règles ajustées pour les aides Le dispositif d’aide à l’accession évolue. Pour les projets en accession-rénovation, les ménages doivent désormais déposer leur demande dans un délai de 15 jours après la signature du compromis de vente et fournir les garanties d’assurance nécessaires.
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