These2024HugoBourgogne

132 Evaluation de l’intensité de ponte annuelle sur la zone du GLS (chap 1) Le manque de connaissances concernant la zone de ponte insulaire du GLS est essentiellement imputable à la difficulté à mettre en œuvre un suivi de terrain sur le long terme. Les contraintes logistiques et financières générées par la difficulté de se rendre sur les îlots de ponte (éloignement naturel à la côte, nécessité à mobiliser des moyens navigants, contraintes météorologiques), ainsi que l’absence d’outils analytiques adaptés aux zones de ponte composées d’une multitude de plages éloignées et dispersées, ont constitué autant d’entraves à la mise en œuvre d’un effort de suivi adapté et durable. En effet, en se référant à l’arbre décisionnel du manuel SWOT (SWOT Scientific Advisory Board 2011) qui doit éclairer le gestionnaire sur l’approche de suivi la plus adaptée aux caractéristiques de ses sites de ponte, aucun protocole ne permettait de satisfaire la complexité du contexte retrouvé dans le GLS. La concomitance de deux éléments en particulier amènent à une impasse méthodologique : une activité de ponte éclatée sur de multiples plages fréquentées par la même population reproductrice, et un éloignement géographique qui impose de lourdes contraintes logistiques pour se rendre sur les sites. Le premier objectif de ce programme doctoral a donc visé à développer un nouvel outil de suivi et d’analyse adapté au contexte du GLS. Le challenge méthodologique a consisté à établir une approche scientifiquement valide et logistiquement réalisable pour permettre de générer une estimation robuste de l’intensité de ponte à l’échelle de la zone chaque saison. La stratégie retenue a permis de combiner un effort de terrain réduit par rapport aux suivis plus classiques dans l’espace (on ne peut pas être partout) et dans le temps (on ne peut pas y être tout le temps), et l’utilisation de modèles prédictifs pour palier à la faiblesse du jeu de données ainsi collecté. Dans un premier temps, il a fallu déterminer l’effort de terrain optimal à développer pour être en mesure de produire une estimation robuste du nombre de pontes saisonnier sur les îlots étudiés. Deux éléments se dégagent des sources disponibles sur le sujet (Girondot 2010, 2017; Delcroix et al. 2013) : (1) l’utilisation de modèles prédictifs nécessitent une bonne connaissance des paramètres phénologiques de la population étudiée (date de début, de pic et de fin de la saison de ponte), et (2) une fois cette connaissance acquise, un effort de suivi intense au pic de la saison de ponte peut suffire à produire une estimation robuste du nombre de pontes annuel sur un site, grâce à l’utilisation des paramètres phénologiques déterminés au préalable.

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