23 graisses que les femelles pondeuses pour participer à une saison de reproduction (Kwan 1994). De nombreux facteurs environnementaux (paramètres physico-chimiques, événements climatiques extrêmes, houle, prédation) peuvent nuire au développement normal du nid et impacter négativement les processus d’embryogenèse et d’émergence. Si le nid n’est pas détruit, le développement des œufs va se poursuivre durant environ 60 jours (40-70 jours) avant l’éclosion (Miller 1997). Chez les tortues marines, le sexe des nouveau-nés n’est pas déterminé génétiquement, mais dépend de la température au cours de l’incubation (Standora and Spotila 1985). Il existe un température pivot en dessous de laquelle une majorité de mâles seront produits, et au-delà de laquelle une majorité de femelles seront produites (Mrosovsky and Yntema 1980). La phase d’émergence, qui voit les nouveau-nés sortir du nid en groupe, peut alors durer plusieurs jours. Périodiquement, les nouveau-nés se débattent et font tomber le sable des parois de la cheminée du nid vers le fond, dont la profondeur est ainsi progressivement réduite. Ils remontent ainsi la totalité de la colonne de sable et émergent en groupe (Figure 4), généralement de nuit et dans des conditions de températures favorables (Neville et al. 1988; Drake and Spotila 2002). Les nouveau-nés s’élancent ensuite vers la mer et nagent frénétiquement vers le large. Ils sont alors exposés à une intense prédation. La nage frénétique dure environ 24 heures indépendamment de l’espèce concernée (Wyneken and Salmon 1992; Gatto and Reina 2020), avant d’atteindre les courants majeurs qui vont les entraîner dans une dérive océanique de plusieurs années. Peu d’informations sont disponibles sur ces années où les jeunes tortues évoluent au large ; c’est pourquoi on les appelle les « années perdues » (Carr 1987; Hammer 1988). On suppose que les individus mènent une vie pélagique, dérivant passivement sur de longues distances, le plus souvent sur des radeaux d’algues qui leur servent de refuge (Carr 1987; Gatto and Reina 2020). Il est à noter que Walker and Parmenter (1990) ont suggéré que les tortues à dos plat (Natator depressus) ne présentaient pas de phase de dispersion océanique et pélagique. Certaines études ont plus récemment mis en évidence des déplacements actifs des jeunes tortues, permettant ainsi de mieux comprendre les schémas de distributions spatiales (Putman and Mansfield 2015; Mansfield et al. 2017).
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