These2024HugoBourgogne

26 Comme les autres Testudines, les tortues marines disposent d’un système respiratoire pulmonaire qui correspondait à une adaptation à la vie terrestre (Girard 2014). Passant la majorité de leur temps en immersion dans l’eau pour se nourrir, se déplacer ou dormir, elles pratiquent des apnées et doivent régulièrement faire surface pour respirer. Elles peuvent alors rapidement remplir leurs poumons avec une seule expiration explosive et une inspiration rapide avant de replonger. La durée des apnées dépend grandement de l’activité pratiquée. Elles peuvent durer de 5 à 40 minutes lorsque la tortue se nourrit, et de 4 à 7 heures lorsqu’elle est endormie. Les records d’apnée ont été enregistrés chez la tortue caouanne, avec une plongée longue de 614 minutes, soit plus de 10 heures, pour une tortue en repos (Hochscheid 2014). Lors des plongées de longue durée, la circulation sanguine des tortues marines est modifiée (Girard 2014). Les tissus qui tolèrent une faible oxygénation sont shuntés au profit du cœur et du système nerveux central (Sapsford 1978). Elles présentent des concentrations élevées de globules rouges, ce qui leur permet de retenir plus d’oxygène dans le sang, et de hautes concentrations de myoglobine dans les muscles qui leur permettent de faire d’importantes réserves de cet oxygène dans les tissus musculaires. Les études menées chez la tortue verte montrent que la capacité d’échange du poumon au cours d’un cycle respiratoire est supérieure à 50% (Girard 2014). De plus, leur métabolisme est capable de supporter de fortes concentrations de CO2 lors des plongées profondes. Hochscheid (2014) indique que les profils de plongée sont influencés par la température de l’eau, les courants océaniques et par la taille des individus. Un record de plongée a été enregistré à 1 250 m de profondeur chez la tortue luth (Hochscheid 2014). Cette capacité à évoluer en profondeur leur permet d’exploiter également des habitats océaniques et néritiques. La vitesse de nage moyenne est comprise entre 2 et 9 km.h-1, mais elles peuvent faire preuve de grande vélocité si nécessaire, et plusieurs espèces sont capables d’atteindre des pointes de vitesse de l’ordre de 35 km.h-1 (Wyneken 1996). Elles ont développé de nombreuses adaptations à la vie marine. A la différence des tortues d’eau douce, elles avancent dans le milieu aquatique par l’action simultanée des membres antérieurs, appelés palettes natatoires pectorales, par mouvements verticaux selon un axe incliné de 40° à 70° par rapport au plan horizontal (Walker 1971). Les palettes natatoires postérieures, courtes et larges, sont utilisées pour adapter et maintenir des trajectoires de déplacement à la manière d’un gouvernail. Leur carapace aplatie leur confère de meilleures caractéristiques hydrodynamiques (Bang et al. 2016) et joue un rôle évident de protection (Hounslow et al. 2021). Elles pourraient également servir à emmagasiner la chaleur. Cette adaptation, acquise après leur retour dans le milieu marin, leur permet de descendre très profondément, dans des eaux froides (Bonin et al. 1996). Elles ont en revanche perdu leur capacité d’y rétracter entièrement leurs membres et leur tête. Comme les autres tortues, elles

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