These2024HugoBourgogne

27 ne muent pas et connaissent une exfoliation superficielle partielle des plaques cornées du squelette. Il est fréquent de retrouver différentes espèces fixées sur la carapace des tortues marines, sans que l’on sache précisément si ces relations épibiontiques sont symbiotiques ou non (Frazier et al. 1992). Enfin, des glandes localisées à proximité de leurs yeux leur permettent d’expulser les excédents de sel de la circulation sanguine (Hudson and Lutz 1986). Menaces et enjeux de conservation associés aux tortues marines Les populations de tortues de mer semblent avoir été autrefois très denses et importantes, mais connaissent un effondrement drastique depuis le début de leurs interactions avec l’Humain (Bjorndal and Jackson 2003; Allen 2007). Leur chasse à grande échelle pour leur viande, graisse ou carapace ainsi que la consommation traditionnelle d’œufs par les populations côtières semblent anciennes (Committee on Sea Turtle Conservation et al. 1990; Bjorndal and Jackson 2003; Godley et al. 2020). Aujourd’hui, les tortues marines apparaissent comme l’un des groupes de vertébrés les plus menacés au monde (Wallace et al. 2011; Lovich et al. 2018; Purvis et al. 2019). Si les constats d’effondrement des populations se multiplient à travers le monde et les espèces (Hamann et al. 2010; Wallace et al. 2010b, 2011, 2023), il reste cependant difficile d’estimer précisément les densités et abondances des populations de tortues (Omeyer et al. 2022). Plusieurs raisons peuvent expliquer ce constat, d’une part de par leur comportement migrateur qui ne permet pas de déduire le nombre de tortues d’observations localisées dans le temps et l’espace (Carr 1980; Laran et al. 2023), et d’autre part parce qu’il est difficile de déduire le nombre d’individus d’une population en se basant uniquement sur le suivi des activités de ponte sur les littoraux, car le choix du site, la fréquence et le nombre de pontes des femelles varient fortement en fonction des populations, des individus ou encore des conditions environnementales retrouvées localement (Miller 1997; Troëng and Chaloupka 2007; Chaloupka et al. 2008; Esteban et al. 2017; Fretey et al. 2023). Les études ethnologiques et archéologiques ont cependant permis de mettre en évidence une évolution des types et des niveaux de menaces anthropiques dans le temps. Autrefois, elles consistaient principalement à la capture directe et à la collecte d’œufs sur les plages (Bjorndal and Jackson 2003; Allen 2007). Si ces pratiques subsistent toujours actuellement dans certaines régions du monde (Lopes et al. 2022; Hamilton et al. 2023), elles ont considérablement diminué de par l’adoption de statuts de protection internationaux et nationaux depuis les années 1970, les prises de consciences et campagnes d’éducation sur l’effondrement des populations sauvages, ou encore par la raréfaction des ressources qui en résulte.

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