
Après le renouvellement de votre mandat, quelles seront les trois priorités concrètes de la province Sud pour les cinq prochaines années ?
Notre première priorité sera la relance de l’économie et de l’emploi. Sans économie forte, il n’y a ni pouvoir d’achat, ni services publics de qualité, ni avenir pour notre jeunesse. Nous continuerons donc à accompagner les entreprises, soutenir les investissements et favoriser la création d’emplois, notamment avec la pérennisation des dispositifs comme Sud Pro ou Sud Relance, qui ont déjà démontré leur efficacité.
Je souhaite souligner qu’il est essentiel que la Nouvelle-Calédonie redevienne attractive. Nos objectifs ne seront atteignables qu’à la condition que de nouvelles personnes viennent s’installer sur le territoire. Nous travaillerons donc en ce sens.
La deuxième priorité sera la sécurité. Les événements de 2024 ont profondément marqué les Calédoniens. Nous poursuivrons le renforcement de la vidéoprotection, de l’éclairage public, de la prévention et de nos dispositifs de proximité afin que chacun puisse vivre sereinement.
Enfin, notre troisième priorité sera l’amélioration de la qualité de vie. Cela passe par une meilleure offre de santé, un soutien renforcé aux familles, à la jeunesse, au monde associatif, au logement et à l’environnement.
Notre ambition est simple : faire de la province Sud un territoire où chacun peut vivre, travailler et s’épanouir.
Avec les difficultés économiques traversées depuis 2024, comment la Province entend-elle passer d’une logique d’urgence à une stratégie durable de développement économique et de création d’emplois ?
L’urgence était indispensable. Après les événements de 2024, il fallait sauver les entreprises, préserver les emplois et éviter un effondrement économique. C’est ce que nous avons fait avec des dispositifs de soutien exceptionnels.
Aujourd’hui, notre objectif est désormais de reconstruire une économie stable et plus attractive. Cela suppose d’accompagner les entreprises dans leurs investissements, de favoriser l’innovation, de soutenir les filières d’avenir, mais aussi de simplifier les démarches administratives et de créer un environnement plus favorable aux entrepreneurs.
Nous voulons également attirer de nouvelles activités économiques et de nouveaux habitants. La province Sud dispose d’atouts considérables : une qualité de vie exceptionnelle, des infrastructures modernes, un environnement remarquable et une position stratégique dans le Pacifique. Il nous appartient désormais de mieux valoriser ces atouts.
Quels changements sont à attendre en matière de politiques sociales ?
Les politiques sociales demeureront l’une de mes priorités. Aujourd’hui, près de 60 % du budget de fonctionnement de la province Sud est consacré à l’action sociale. C’est un choix politique fort, qui traduit notre volonté de protéger les plus fragiles tout en encourageant celles et ceux qui font des efforts.
Nous voulons des politiques sociales qui accompagnent, qui émancipent et qui récompensent le mérite. Aider ceux qui travaillent, qui cherchent un emploi, qui élèvent leurs enfants ou qui entreprennent des démarches pour s’en sortir est, à nos yeux, la meilleure manière de construire une société plus juste. La solidarité est un devoir, mais elle doit toujours aller de pair avec la responsabilité.
L’éducation restera une priorité absolue, car c’est elle qui permet de briser les inégalités et de préparer l’avenir. Nous poursuivrons nos investissements dans les établissements scolaires, nous continuerons à développer des approches pédagogiques innovantes, notamment avec l’ouverture de nouvelles écoles bilingues, et nous renforcerons l’accompagnement des élèves en difficulté grâce à des dispositifs comme Bien avec mon école.
En matière de santé, notre objectif est tout aussi clair : garantir à chaque Calédonien un accès à des soins de qualité. Malgré un contexte financier particulièrement contraint, nous continuerons à soutenir notre offre de soins de proximité et à renforcer les dispositifs qui ont démontré leur efficacité.
Que va changer concrètement cette nouvelle vague du plan de relance de l’État pour les habitants de la province Sud ?
Je souhaite d’abord remercier l’État pour son engagement aux côtés de la Nouvelle-Calédonie. Ce soutien est indispensable. Il rappelle une réalité simple : sans le soutien de la France, notre territoire aurait sombré depuis longtemps.
Cette nouvelle étape du plan de relance représente une opportunité majeure pour accélérer la reconstruction et préparer l’avenir. Concrètement, ce sont 50 projets portés par la province Sud qui bénéficieront d’un financement de l’État, pour un montant total de plus de 10 milliards de francs.
Ces investissements auront des retombées très concrètes pour les Calédoniens. Ils permettront notamment de reconstruire et de moderniser des équipements publics, comme la rénovation complète du collège de Boulari, de renforcer la sécurité de nos établissements scolaires, de soutenir le développement économique avec des projets innovants, comme la création d’un abattoir mobile pour les cerfs, ou encore d’améliorer les infrastructures au service des habitants.
L’une des grandes forces de cette deuxième vague de financement est qu’elle bénéficiera beaucoup plus directement au tissu économique local. Alors que la première phase était principalement consacrée à de grands chantiers d’infrastructures routières, cette nouvelle programmation privilégie un grand nombre d’opérations de taille plus modeste, réparties sur l’ensemble du territoire. Ce choix permettra de faire travailler davantage de petites et moyennes entreprises calédoniennes, de soutenir l’emploi local et de diffuser plus largement les retombées économiques.
Notre responsabilité est désormais d’utiliser ces financements avec efficacité et rapidité. Chaque franc investi devra produire des résultats concrets pour les habitants.
Au terme de ces cinq années, quelle réalisation ou quelle évolution vous ferait dire que ce nouveau mandat a véritablement amélioré la vie quotidienne des habitants ?
Si, dans cinq ans, les Calédoniens nous disent qu’ils vivent dans une province plus sûre, plus dynamique et plus agréable à vivre, alors nous aurons rempli notre mission.
Je souhaite que les habitants puissent constater très concrètement que leur quotidien s’est amélioré : une vie économique plus prospère, des quartiers plus sécurisés, un meilleur accès aux soins, des écoles qui continuent de faire réussir nos enfants ou encore des démarches administratives plus simples.
Mais au-delà des réalisations visibles, je voudrais surtout que les familles retrouvent confiance. Depuis plusieurs années, notre territoire traverse des crises successives qui ont fragilisé les entreprises, les emplois et le moral de nombreux Calédoniens. Si nous parvenons à recréer des perspectives, à redonner envie d’investir, d’entreprendre et de construire son avenir ici, alors ce mandat aura véritablement changé les choses.

