
Originaire de Wallis, Malia Moleana s’installe en Nouvelle-Calédonie en 1994. Pendant longtemps, elle enchaîne les emplois chez des particuliers comme employée de maison. Des petits boulots qu’elle trouve le plus souvent grâce au bouche-à-oreille. « À l’époque, je ne connaissais pas les structures pour chercher du travail. Les amis m’appelaient quand quelqu’un cherchait une femme de ménage », explique-t-elle. Mais il y a neuf ans, sa vie bascule avec la disparition de son mari. Son plus jeune enfant n’a alors que six ans. Du jour au lendemain, elle se retrouve seule à porter la famille. « Ce n’était pas facile. Mais je n’avais pas le choix, je devais continuer pour mes enfants », confie-t-elle. À ces difficultés s’ajoute un handicap ancien. À dix ans, un accident de vélo à Wallis lui laisse une blessure durable à la cheville.
Une rencontre qui change les choses
C’est en cherchant du travail après la crise qu’elle pousse pour la première fois la porte de l’antenne de la DEL à Plum. Là, elle rencontre Glenda Paola, conseillère à l’emploi, qui l’oriente vers un parcours d’accompagnement avec la structure Hanvie. « C’est grâce à elle que j’ai pu entrer dans le dispositif », explique Malia. Pendant huit mois, elle participe à un programme d’insertion qui lui permet d’apprendre de nouvelles choses et de reprendre confiance. « J’ai appris à utiliser l’ordinateur, à envoyer des mails. Avant, je ne savais pas faire », nous dit-elle en souriant.
Mais au-delà des compétences techniques, ce parcours lui apporte aussi quelque chose de précieux : un collectif. « Quand on travaille dans une maison, on est seule. Là, on était ensemble, avec des collègues, un chef. On a créé des liens… À la fin du parcours, c’était dur de se quitter ! », précise-t-elle.
Une nouvelle étape professionnelle
Depuis novembre 2025, Malia travaille dans une entreprise de production alimentaire. Elle y emballe des produits comme des hamburgers ou des paninis. Un poste adapté à ses capacités, mais qui demande tout de même de l’endurance : son service commence à 19h et se termine à 2h du matin. « Au début, c’était difficile, reconnaît-elle. Mais maintenant, j’ai pris le rythme ! ».
Un CDI, la clé de la stabilité
Aujourd’hui, Malia regarde vers l’avenir avec détermination. « Mon projet, c’est d’avoir un CDI », explique-t-elle. Un contrat stable lui permettrait notamment de concrétiser un rêve : acheter son appartement : « car pour obtenir un prêt à la banque, il faut le CDI ! » rappelle-t-elle. Mais au-delà de sa situation personnelle, elle souhaite aussi faire passer un message : « J’aimerais que les entreprises n’aient pas peur d’embaucher des personnes en situation de handicap. Nous aussi, on peut travailler. Il faut juste nous laisser une chance ».

« Une femme peut même soulever des montagnes »
Si Malia se décrit volontiers comme « combattante » et « courageuse », elle n’en reste pas moins profondément reconnaissante envers celles qui l’ont accompagnée sur ce chemin. Elle tient ainsi à remercier Glenda Paola, conseillère à l’emploi à la DEL, ainsi que Rebecca, directrice de Hanvie, et Angéline, pour leur soutien et leur accompagnement déterminants.
Une conviction la guide depuis longtemps : « Une femme peut tout faire. Une femme peut même soulever des montagnes ». Une phrase qui résume sa manière d’avancer, malgré les épreuves. Son parcours rappelle aussi le rôle essentiel de l’accompagnement proposé par la Direction de l’Emploi et du Logement, qui permet à des demandeurs d’emploi de retrouver confiance et d’accéder à de nouvelles perspectives professionnelles.

