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SudMag, l'actualité de la province Sud.

« Je crois encore en l’avenir »

  • 28/07/2026
Quand ses magasins sont partis en fumée en mai 2024, Anthony Lavergne aurait pu baisser les bras. Deux ans plus tard, le gérant d’Aléa et Confort du Logis prépare au contraire leur renaissance. Un parcours marqué par la solidarité de ses équipes, le soutien des Calédoniens et l’embauche d’une jeune salariée grâce au dispositif Sud Jeunes.
  • Économie et emploi

Lorsque les émeutes de mai 2024 ont ravagé les magasins Aléa et Confort du Logis, Anthony Lavergne n’a pas eu le temps de s’apitoyer. À peine les flammes éteintes, le dirigeant envisageait déjà demain. « Je me souviens que deux ou trois jours après, j’étais déjà en train de réfléchir à comment on allait reconstruire. C’était ma façon à moi de tenir le choc », explique-t-il.

Des aides décisives pour rebondir

À la tête des deux enseignes familiales spécialisées dans l’ameublement, la décoration et l’équipement de la maison, l’entrepreneur a vu partir en fumée des années de travail. Les deux magasins, implantés côte à côte, ont été entièrement détruits par les flammes. Une partie des stocks a pu être sauvée, mais l’essentiel de l’activité s’est retrouvé à l’arrêt. Pendant plusieurs mois, l’incertitude domine. Comment relancer l’entreprise ? Où s’installer ? Comment préserver les emplois ? « Je ne pouvais pas promettre à mes salariés que tout irait bien. Je ne savais pas moi-même où nous allions », admet le chef d’entreprise. Malgré les doutes, Anthony Lavergne refuse d’abandonner. Grâce aux dispositifs d’aide mis en place par l’État et la province Sud, mais aussi à une gestion prudente de l’entreprise avant la crise, il parvient à maintenir l’activité et surtout à conserver l’ensemble de ses équipes. « Clairement, sans ces aides, nous n’aurions pas pu faire ce que nous avons fait. Nous n’aurions pas pu garder tout le personnel », reconnaît-il.

La solidarité comme moteur

Après des mois d’incertitude, le dirigeant trouve une solution temporaire dans des locaux situés à proximité. Peinture, aménagements, pose de planchers : les salariés se retroussent les manches et participent eux-mêmes à l’installation du magasin provisoire. Pour Anthony Lavergne, cet engagement collectif a joué un rôle essentiel dans le redémarrage de l’entreprise. Mais ce qui marque le plus le chef d’entreprise reste sans doute la réaction des clients. Alors qu’il redoutait une grande baisse de la consommation, les Calédoniens répondent présents dès la réouverture. « Ils n’étaient pas là uniquement pour acheter. Ils étaient là pour nous soutenir. Ça nous a fait énormément de bien », confie-t-il. Pour Anthony Lavergne, cette mobilisation témoigne de la volonté des Calédoniens de voir leurs entreprises continuer à vivre et à se reconstruire. « On sentait que les gens voulaient que ça reparte », résume-t-il. Un soutien précieux qui lui redonne confiance dans l’avenir.

Du CDD au CDI grâce à Sud Jeunes

Aujourd’hui encore, l’entreprise évolue dans un contexte économique fragile, mais a choisi d’aller de l’avant en recrutant. Grâce au dispositif Sud Jeunes de la province Sud, Danielle a d’abord intégré l’équipe dans le cadre d’un contrat à durée déterminée. Son sérieux et son implication convainquent rapidement la direction. « Danielle a vite fait ses preuves, elle travaille bien. Avec l’aide de la province Sud, nous avons pu franchir le pas et lui proposer un CDI », raconte Anthony Lavergne. Pour la jeune salariée, cette stabilité change beaucoup de choses. « Ça permet de voir venir. Tous les mois, je sais que j’ai un salaire. Aujourd’hui, je peux travailler sur mon projet d’appartement », nous dit-elle. Une sécurité qui ouvre des perspectives et permet d’envisager l’avenir plus sereinement.

Bâtir demain

De son côté, Anthony Lavergne regarde déjà plus loin. Les travaux de reconstruction des magasins sont en cours et l’objectif est de réintégrer les nouveaux locaux au début de l’année prochaine. Une nouvelle page qui s’écrira avec des espaces entièrement repensés. « Je veux faire d’un mal un bien, ajoute-t-il. On va se renouveler, se réinventer. J’espère que lorsque les clients reviendront, ils se diront : « C’est génial » ».

Malgré les épreuves, l’entrepreneur conserve sa conviction : la Nouvelle-Calédonie a les ressources pour rebondir : « Je crois encore à l’avenir. C’est difficile, il y a beaucoup d’incertitudes, mais je pense sincèrement que nous avons les capacités de remonter la pente. Alors on avance, un pas après l’autre ».


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