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LaboPro : quand les produits du jardin deviennent des projets d’avenir

  • 28/08/2026
Se former, transformer, produire, vendre… et surtout, donner de la valeur à ce qui pousse dans nos jardins. C’est toute l’ambition du LaboPro, porté par l’association APSANC, qui vient d’ouvrir un nouvel espace entièrement dédié à l’agro-transformation : « Au LaboPro, les Calédoniens pourront se former à la transformation alimentaire et s’essayer avant de lancer leur projet, pour une consommation de produits 100 % locaux », souligne Miri Convert, ingénieure en agro-transformation au sein de l’APSANC. Un projet imaginé comme une véritable pépinière pour les porteurs de projets, mais aussi comme un outil au service d’une alimentation plus locale, plus accessible et moins chers pour les Calédoniens ! Le premier vice-président de la province Sud, Gil Brial, accompagné des élus provinciaux, Léa Tripodi, Amandine Bui-Duyet et Xavier Rossard, est venu découvrir ce projet novateur, tourné vers l’autonomie alimentaire et la valorisation de nos produits locaux.
  • Économie et emploi

Avant d’investir dans le LaboPro, Miri Convert a beaucoup hésité par peur, par manque de sécurité : « Il fallait le vouloir pour se lancer après les émeutes. Puis je me suis rendu compte que les services et les pouvoirs publics, dont la province Sud, faisaient leur travail. On a donc décidé de se lancer et d’investir 17 millions de francs sur fonds privés », confie-t-elle. Mais pour elle, ce laboratoire avait toutes les raisons de fonctionner : « Je crois profondément en ce projet parce qu’il touche les cœurs. »

Farine de patate douce, farine de coco, farine d’arbre à pain… « les produits qui poussent sur nos terres, nos produits du jardin, c’est de l’or à portée de main ! Ils peuvent devenir de véritables ressources économiques », souligne Miri Convert.

Le LaboPro pour passer de l’idée au produit

Véritable outil opérationnel, le LaboPro est pensé pour permettre aux entrepreneurs de tester, expérimenter et perfectionner leurs produits avant de se lancer. Il met à disposition six box entièrement équipés, avec légumerie, cuisine, plonge, machines, équipements et produits de désinfection.

Le principe est simple : « le porteur de projet loue un box et n’apporte que sa matière première. Il dispose de cinq heures pour travailler et repartir avec son produit. » explique Miri. Électricité, équipements et nettoyage sont compris dans la location. « Après chaque utilisation, le box est intégralement nettoyé par une société spécialisée. Tout est fait pour optimiser le temps de travail et de production. Il n’y a pas de flux croisés et la confidentialité de chaque professionnel est préservée », ajoute Miri Convert.

Apprendre et avoir le droit de se tromper

Le LaboPro ne se résume pas à un simple espace de production. C’est aussi un lieu de formation et de transmission. L’APSANC propose notamment cinq micro-modules et des cours semi-professionnels en agro-transformation, permettant de se former à la transformation de produits locaux jusqu’à leur vente.

Pour les porteurs de projets, mais aussi pour les personnes en réinsertion ou en reconversion professionnelle, le laboratoire devient ainsi un lieu où l’on apprend, où l’on échange, où l’on crée son réseau et surtout, où l’on expérimente avant de se lancer : « Cela permet aux personnes de s’insérer, de se reconvertir et de tester, parce que c’est essentiel de se tromper avant de lancer un projet », insiste Miri Convert.

Consommer et rendre le local plus accessible

L’ambition du LaboPro est aussi de répondre à un enjeu majeur pour le territoire : augmenter la part des produits locaux dans nos assiettes. Aujourd’hui, rappelle Gil Brial, « seulement 20 % de ce que l’on retrouve dans nos assiettes est local ». Pour le premier vice-président de la province Sud, le LaboPro constitue « un projet novateur et structurant pour la filière de l’agro-transformation ».

L’objectif est clair : « Vendre moins cher que l’importé », affirme Miri Convert, et permettre à davantage de Calédoniens d’accéder à des produits locaux, tout en maîtrisant les coûts.

Les familles calédoniennes et les cantines figurent ainsi parmi les premiers publics visés. « Car produire localement, transformer localement et consommer localement peut aussi contribuer à réduire les coûts et créer de l’activité sur le territoire. » souligne Miri.

Faire pousser les idées avec les produits du pays

Pour la présidente de l’APSANC, Samantha Stuart, cette dynamique ne pourra se développer qu’avec l’accompagnement de tous les acteurs. « On est soucieux de développer et consommer local. Notre association porte des projets autour de l’agroalimentaire et notre objectif est de permettre aux personnes de se former sur nos produits locaux, pour être en mesure de cuisiner, de vendre et de maîtriser la partie commerciale. »

Pour aller plus loin, l’association aura besoin du soutien essentiel des pouvoirs publics. C’ets en ce sens que l’association a vivement remercié la délégation provinciale qui s’est montrée attentive et soucieuse de connaitre ce projet qui transforme ce qui pousse sur nos terres en une véritable richesse accessible à tous.


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