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Fiche thématique
Fiche thématique

Les tortues marines

Présentation

Les tortues marines peuplent les océans depuis près de 100 millions d’années.  Il existe 7 espèces de tortues marines dans le monde. 6 d’entre elles sont en voie de disparition.

Trois espèces fréquentent les eaux calédoniennes : la tortue imbriquée, la tortue verte et la tortue grosse tête. Elles sont toutes protégées par le code de l’Environnement de la province Sud.

Si vous voyez une tortue morte ou en détresse, appelez le 16 (COSS NC = secours en mer).

1. Des dinosaures aux tortues marines

2. Les espèces de tortues marines en Nouvelle-Calédonie

Tortue verte (Chelonia mydas) – Vulnérable (VU)

Photo Pauline Fey

La tortue verte pèse en moyenne 120 kg et mesure 1,10 m. Elle vit dans les eaux tropicales et subtropicales. Elle se reproduit en Nouvelle-Calédonie qui compte parmi les sites de ponte les plus importants à ce jour.

Son régime alimentaire passe d’omnivore (herbes marines et petits crustacés) à herbivore (herbiers) lorsqu’elle quitte les eaux pélagiques pour venir s’installer définitivement dans le lagon (vers l’âge de 5 ans). Ce changement d’alimentation est une période à risque pour la tortue avec un risque d’occlusion important. Son bec arrondi lui permet de brouter les herbiers marins. Son régime alimentaire est d’ailleurs à l’origine de son nom, puisque sa graisse est de couleur verte.

En 2025, son statut est passé de « En Danger » à « Vulnérable » (VU) sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ce qui montre une augmentation de sa population ces dernières années grâce aux protections dont elle bénéficie.

Voir le poster de cette espece


Tortue grosse tête (Caretta caretta) – En danger critique d’extinction (CR) dans le Pacifique Sud

Photo Plichon

La tortue grosse tête pèse en moyenne 120 kg et mesure 1 m. Elle vit dans les eaux tropicales, subtropicales et tempérées. La Nouvelle-Calédonie et notamment les sites de ponte de la Roche Percée et de la Baie de Tortues sont des lieux très importants pour la survie de l’espèce.

Elle se nourrit de crustacés, de mollusque et d’échinodermes (étoiles de mer, oursins, holothuries…)

La population du Pacifique est classée « en danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). En 40 ans, les effectifs de tortues grosse tête ont chuté de 80% dans cette zone.

Voir le poster de cette espece


Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) – En danger critique d’extinction (CR)

Photo Pauline Fey

La tortue imbriquée pèse en moyenne 70 kg et mesure 90 cm. Elle vit dans les eaux tropicales et subtropicales. Elle ne se reproduit pas en Nouvelle-Calédonie.

Chez les jeunes, le régime alimentaire est plutôt herbivore tandis que les adultes sont omnivores (poissons, coraux, algues et herbes).

La tortue imbriquée doit son nom à la superposition des écailles de sa carapace. On l’appelle aussi tortue bonne écaille car sa carapace est ornée de superbes écailles autrefois recherchées pour la fabrication d’objets usuels ou décoratifs.

Elle est classée « en danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) car la population mondiale a enregistré une chute d’effectif de l’ordre de 80% au cours du siècle dernier.

3. Le mode de vie des tortues marines

Une tortue peut vivre jusqu’à environ 70 ans. Après l’éclosion, les juvéniles restent plusieurs années en mer pour se nourrir et se développer. Lorsque les femelles atteignent la maturité sexuelle vers 30 ans, elles retournent sur leur îlot de naissance pour pondre à leur tour. Les mâles ne retournent jamais sur terre.

Les tortues marines peuvent plonger très profondément. Le record revient à la tortue luth avec 1200 m de profondeur !

Elles peuvent emmagasiner une importante quantité d’oxygène qu’elles viennent chercher à la surface. Une inspiration de 2 à 3 secondes leur permet de réaliser des apnées d’environ 20 minutes voire de plusieurs heures lorsqu’elles sont au repos !

Les tortues sont d’incroyables voyageuses. Elles parcourent des milliers de km tout au long de leur vie entre leur lieu de ponte et leurs zones d’alimentation. Par exemple, une tortue qui se reproduit en Nouvelle-Calédonie aura sa zone d’alimentation en Australie, en Papouasie ou à Fidji. Cela peut représenter un voyage de près de 3 000 km !

Les zones d’alimentation sont encore peu connues. La province Sud invite les usagers de la mer à participer à l’amélioration des connaissances en photographiant les individus rencontrés sous l’eau et en les identifiant dans l’application INaturalist.

4. Les menaces

Seul un bébé tortue sur 1 000 atteint l’âge adulte.

Tout au long de leur vie, les tortues sont confrontées à de nombreuses menaces.

En mer :

  • Les collisions avec les bateaux
  • Les prises dans les filets de pêche
  • Le braconnage
  • Les déchets qui peuvent être ingérés et les tuer
  • Les prédateurs
  • La lumière ou le bruit qui peut les empêcher de monter sur la plage pour pondre

Sur terre :

  • Les chiens qui mangent les œufs et parfois attaquent les adultes sur la plage
  • Le réchauffement climatique (au-dessus de 29°, les bébés sont uniquement des femelles, au-dessus de 34°, les œufs ne sont plus viables)
  • La lumière (feux, lampes torche) qui désoriente les bébés tortues après l’éclosion
  • Le braconnage sur les œufs

Si les tortues n’arrivent pas à trouver le calme nécessaire à la ponte, elles largueront leurs œufs en mer, ce qui revient à condamner la centaine de tortues qui aurait dû constituer le nid. 

5. La réglementation

Afin de s’assurer que les tortues marines puissent continuer à vivre et à se reproduire en Nouvelle-Calédonie, la province Sud a, via son code de l’Environnement, adopté des mesures pour les protéger. Lors de vos déplacements en mer ou sur les îlots, merci de toujours respecter ces consignes :

  • N’emmenez pas votre chien sur un îlot en période estivale.
  • Il est interdit de camper sur les îlots quand le mât triangulaire blanc est dressé ; Cela signifie que des pontes sont en cours.
  • Restez à plus de 10 mètres des tortues sur la plage.
  • Restez à plus 3 mètres des tortues dans l’eau. 
  • Les pétards, musique et feux d’artifices sont interdits.
  • Ne produisez pas de lumière sur la plage.
  • Ne nourrissez pas les tortues.
  • Ne jetez pas vos déchets en mer.
  • Limitez votre vitesse à l’approche d’un herbier et au sein des aires marines protégées (9 nœuds).

La province Sud a mis en œuvre un « réseau d’échouage » qui réunit et forme les acteurs de la protection de l’environnement aux bons gestes pour venir plus rapidement au secours des animaux marins échoués ou en détresse.

6. Les partenaires de la province Sud

Bwara tortues marines : Gestion des sites de ponte de la Roche Percée et de la Baie des Tortues.

WWF : Balisage des tortues et suivi des sites de reproduction dans le Grand Lagon Sud et à d’Entrecasteaux.

ANCB : Pilotage du plan d’action tortue depuis 2017 en lien avec les collectivités locales et les associations dans l’objectif d’élaborer et mettre en œuvre une stratégie de conservation pour les différentes espèces de tortues marines fréquentant les eaux calédoniennes et leurs milieux associés. Le plan comprend 23 objectifs et 86 actions concrètes. La 1ère phase s’est déroulée de 2018 à 2023.

7. Documentation