
« Il est important de ne pas juger les victimes, mais d’essayer de comprendre la situation qu’elles vivent, la précarité dans laquelle elles peuvent se trouver, les enjeux d’une séparation ou d’une procédure judiciaire, et tout ce que cela implique », explique Tania Alaverdov, responsable de l’ADAVI.
Un constat qui inquiète
Depuis plusieurs années, l’association observe une hausse des violences intrafamiliales. Une évolution qui inquiète ses équipes. « C’est comme si certaines limites avaient encore reculé. Les victimes endurent des situations toujours plus graves avant d’entamer une première démarche, tandis que les auteurs font preuve d’une violence accrue », constate Tania Alaverdov.
Le silence reste pourtant tenace. Il s’enracine dans des réalités complexes, où s’entremêlent liens familiaux, dépendance financière et pressions sociales. « Beaucoup préfèrent se taire pour préserver la famille ou la communauté », poursuit-elle.
À cela s’ajoute l’isolement géographique. Dans certaines zones de brousse ou des îles, l’accès aux structures d’accompagnement demeure plus limité. L’ADAVI s’appuie alors sur les relais locaux existants, notamment les associations de femmes et les groupes de parole présents sur le territoire.

Un accompagnement sur mesure
L’association peut intervenir dès les premiers questionnements, parfois avant même qu’une plainte ne soit déposée.
Le premier entretien permet avant tout à la victime d’être écoutée dans un cadre sécurisé et bienveillant. Vient ensuite l’évaluation de ses besoins immédiats, mise en sécurité, hébergement d’urgence, accompagnement juridique ou soutien psychologique.
« Les besoins sont importants et les solutions d’hébergement restent insuffisantes. Heureusement, des structures existent, notamment celles soutenues par la province Sud, mais la demande demeure forte », souligne la responsable.
L’ADAVI accompagne également les victimes dans leurs démarches judiciaires, dépôt de plainte, constitution de partie civile, compréhension des procédures, recherche d’un avocat ou encore demande d’indemnisation.
Pour mener à bien ses missions, l’association s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire composée de juristes, psychologues, intervenantes sociales et personnels d’accueil.
Deux intervenantes sociales au sein de la gendarmerie
Pour renforcer la prise en charge des victimes, une convention triennale associant l’État, la province Sud, la gendarmerie et l’ADAVI permet le recrutement de deux intervenantes sociales intégrées aux brigades de gendarmerie.
Présentes sur l’ensemble de la province Sud, elles assurent l’accueil, l’écoute, l’évaluation sociale et l’orientation des personnes en difficulté à la suite d’une intervention ou dans le cadre d’un dépôt de plainte.
Prévenir dès le plus jeune âge
Mais la lutte contre les violences ne peut se limiter à l’accompagnement. Elle passe aussi par la prévention.
À travers le programme Agir pour l’égalité femmes hommes, l’association intervient dans les collèges et les lycées afin de sensibiliser les jeunes aux violences intrafamiliales, aux violences conjugales et au harcèlement.
« Les collégiens et les lycéens d’aujourd’hui seront les parents de demain. Il est essentiel qu’ils sachent reconnaître ce qu’est une relation saine, identifier les comportements violents et connaître les ressources vers lesquelles se tourner », explique Tania Alaverdov.
Au fil de ces interventions, une conviction se dessine : c’est aussi dans les salles de classe que se joue la possibilité de faire reculer les violences.


