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Bien avec mon école : l’État et la province Sud unis contre le décrochage scolaire

  • 28/07/2026
Chaque année, entre 600 et 800 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme. Face à ce constat alarmant, marqué par une augmentation de l’absentéisme et du décrochage scolaire dès le plus jeune âge, la province Sud, avec le soutien de l’État, lance le dispositif « Bien avec mon école » (BAME). Déployé dans le cadre du Pacte de refondation, ce programme est mis en place dès cette année dans neuf écoles prioritaires de la province Sud.
  • Enseignement, Jeunesse

L’objectif : « intervenir le plus tôt possible afin de lutter contre le décrochage scolaire et d’offrir aux élèves confrontés à des difficultés sociales, sanitaires ou éducatives majeures les meilleures chances de réussir », a souligné la présidente de l’assemblée de la province Sud, Sonia Backès.

Aux côtés d’Amaury Decludt, directeur de la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, la présidente s’est rendue, ce mardi 28 juillet, à l’école pilote Maurice-Fonrobert, à Kaméré. Accompagnée de son troisième vice-président chargé de l’enseignement, Loïc Basset-Creugnet, et de l’élue provinciale Marie-Jo Barbier, présidente de la commission de l’enseignement, elle a présenté ce dispositif expérimental, prévu pour une durée de cinq ans et financé par l’État à hauteur d’environ 200 millions de francs CFP par an.

BAME : une approche globale au service de la réussite des enfants

Tout est parti d’un constat partagé. « Dès la maternelle, certains enfants arrivent à l’école sans maîtriser le langage oral ou en s’exprimant très peu en classe. Le dispositif « Bien avec mon école » vise à intervenir le plus tôt possible afin de leur offrir les meilleures chances de réussir », a expliqué Sonia Backès. Pour répondre efficacement aux besoins des élèves, la présidente a rappelé l’ambition de BAME : « agir sur les trois volets de la réussite éducative grâce à une approche globale mobilisant une équipe pluridisciplinaire qui intervient directement auprès des enfants et de leurs familles. »

Cet engagement s’est concrétisé par la signature, en juin dernier, d’une convention-cadre entre l’État et la province Sud. « C’est une première entre l’État et une collectivité calédonienne », a souligné Amaury Decludt, avant d’ajouter : « Des discussions sont en cours avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les communes et les autres provinces afin d’étendre progressivement le dispositif à l’ensemble du territoire. »

Le projet prévoit un financement pouvant atteindre 199 millions de francs CFP par an, soit près d’un milliard de francs CFP sur cinq ans, afin de renforcer durablement les moyens humains dans les écoles prioritaires. Pour 2026, 100 millions de francs CFP seront mobilisés.

Dans un premier temps, le dispositif sera déployé dans neuf écoles pilotes situées à Nouméa, Dumbéa, Païta et au Mont-Dore. Ces établissements bénéficieront d’un accompagnement renforcé afin de répondre aux besoins spécifiques des élèves et de favoriser leur réussite.

33 postes financés par l’État

Dès 2026, les financements de l’État permettront la création de 26 postes, comprenant « des enseignants supplémentaires, des assistants éducatifs, des postes d’insertion citoyenne en appui des équipes pédagogiques, ainsi qu’une brigade mobile pluridisciplinaire composée de travailleurs sociaux, de psychologues, d’orthophonistes et d’infirmiers, qui interviendra auprès des enfants et de leurs familles », précise la présidente, avant d’ajouter : « Au total, ce seront 33 postes qui seront déployés dans neuf écoles prioritaires. Une dixième école viendra prochainement compléter ce premier dispositif. »

Le programme s’étendra également aux périodes de vacances grâce à la mise en place des « vacances apprenantes, destinées à limiter les ruptures dans les apprentissages » explique Sonia Backès.

Par ailleurs, face au constat que de nombreux enfants ne prennent qu’un seul repas par jour, celui servi à la cantine, Sonia Backès a annoncé « le lancement d’un appel d’offres pour mettre en place un service de petits-déjeuners dans les écoles concernées. » L’objectif à terme sera d’étendre progressivement cette mesure à l’ensemble des établissements de la Province. La mise en œuvre est attendue avant la rentrée 2027, le marché public étant actuellement en cours.

Une expérimentation évaluée sur cinq ans

Aussi, le directeur de la MINC a réaffirmé la volonté du Premier ministre de faire de la jeunesse « un axe prioritaire de la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie dans le cadre du Pacte de refondation ». C’est pourquoi, Amaury Decludt a précisé l’engagement de l’État, qui garantit un financement sur cinq ans : « Il s’agit d’une expérimentation qui fera l’objet d’une évaluation annuelle menée par une docteure en sciences de l’éducation, en partenariat avec l’Université. L’objectif est d’identifier ce qui fonctionne, d’adapter progressivement le dispositif et de répondre toujours mieux aux besoins des enseignants comme des élèves. »

À travers cette convention, l’État et la province Sud réaffirment leur volonté commune d’offrir à chaque enfant les meilleures conditions pour apprendre, grandir et s’épanouir. A travers ce dispositif, c’est également un accompagnement concret aux familles afin d’éviter que les difficultés sociales n’affectent la réussite scolaire des enfants.

 


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