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De la Nouvelle-Calédonie à la Grande Barrière : le parcours d’Adrien Marseaud, jeune biologiste marin

  • 12/10/2026
Comment mieux comprendre les requins, les poissons-scies et les écosystèmes marins ? C’est notamment à cette question qu’Adrien Marseaud consacre ses études. Depuis près de trois ans, le jeune Calédonien poursuit son parcours en Australie, où il étudie la biologie marine à la James Cook University. Une formation très axée sur le terrain, qu’il poursuit aujourd’hui avec le soutien de la province Sud à travers l’aide à la mobilité universitaire. Avec, à terme, l’envie de mettre ces nouvelles compétences au service de la Nouvelle-Calédonie.
  • Environnement

« J’ai eu la chance formidable de passer mon enfance en Nouvelle-Calédonie, dans un cadre exceptionnel. » C’est dans cet environnement marin riche et fragile qu’est née, très tôt, l’envie d’Adrien de comprendre les écosystèmes qui l’entourent et de contribuer à leur connaissance et à leur préservation.

Le bac en poche, il commence par un BTS Gestion et protection de la nature, avant de poursuivre avec une licence de gestion et conservation naturaliste en métropole. Au fil de sa formation, une évidence se dessine : c’est le milieu marin qui l’attire le plus.

« Après ma licence, j’étais encore un peu indécis pour la suite de mes études, mais je savais que je voulais faire quelque chose dans l’écologie et la biologie marine. J’avais déjà entendu parler de James Cook University et de sa réputation dans les sciences marines. »

Il décide alors de tenter l’aventure australienne. Pendant un an, il perfectionne son anglais et prépare les tests nécessaires à son inscription dans une université australienne.

Une aide de la province Sud qui tombe à pic

En 2025, la province Sud signe un partenariat avec trois universités australiennes : James Cook University, The University of Queensland et Griffith University. Le dispositif d’aide à la mobilité universitaire permet aux étudiants calédoniens de poursuivre leurs études dans l’un de ces établissements, avec notamment une prise en charge de 50 % des frais de scolarité et une allocation mensuelle de 30 000 F.

Pour Adrien, ce soutien fait une réelle différence. « Cela représente un soutien financier très important, notamment lorsque l’on part étudier à l’étranger, où les dépenses liées au logement, aux transports et à la vie quotidienne peuvent rapidement devenir conséquentes. »

Au-delà de l’aspect financier, il y voit aussi une forme de reconnaissance de son projet. « Ce dispositif m’a concrètement permis de faire mon master dans de bien meilleures conditions. C’est une vraie reconnaissance pour mon projet d’études. Cela me donne d’autant plus envie de saisir cette opportunité, d’approfondir mes compétences en biologie et, à terme, de les mettre au service de la Nouvelle-Calédonie. »

Orpheus Island, un laboratoire à ciel ouvert

À Townsville, Adrien étudie au sein de la James Cook University, dont le master en biologie marine s’appuie notamment sur des enseignements et des expériences de terrain dans les écosystèmes de la Grande Barrière de corail. L’université dispose de la station de recherche d’Orpheus Island, qui permet aux étudiants et aux chercheurs de travailler directement sur différents habitats marins.

Pour le jeune Calédonien, cette proximité avec le terrain constitue l’un des grands atouts de sa formation. « Orpheus Island est une véritable base d’entraînement et d’apprentissage en plein air. Le récif est directement accessible dans la baie et les différentes îles du groupe des Palm Islands. Nous pouvons étudier directement sur le terrain des écosystèmes coralliens, mais aussi une grande diversité d’autres organismes, d’habitats et de problématiques marines. »

La formation lui permet également de travailler aux côtés d’enseignants et de chercheurs spécialisés et de participer à des projets concrets. JCU présente d’ailleurs son master comme une formation fortement axée sur la pratique, avec des travaux sur le terrain, la collecte et l’analyse de données et le suivi des écosystèmes marins.

« Nous avons la chance d’être accompagnés par des enseignants et des chercheurs qui font partie des meilleurs spécialistes dans leur domaine, avec une véritable expertise acquise directement sur le terrain et à travers leurs travaux de recherche. »

Adrien a ainsi pu participer à plusieurs projets et collecter ses propres données. Il a notamment étudié le régime alimentaire des poissons-scies, leurs préférences alimentaires et leur comportement sur le récif. Il s’apprête également à participer à une expédition dans l’extrême nord du Queensland consacrée à l’étude des requins bouledogues, des raies entre autres.

À 24 ans, le jeune Calédonien mesure déjà le chemin parcouru. « Cela m’a donné l’opportunité de faire l’expérience de la recherche scientifique dans son ensemble. J’ai acquis de nombreuses compétences en biologie et écologie marine, notamment en écologie récifale, en mégafaune marine, en identification des espèces, en collecte de données et en suivi des populations. »

Un retour au pays, mais pas tout de suite

Adrien n’envisage pas pour autant de rester définitivement en Australie. Son objectif est bien de revenir en Nouvelle-Calédonie et de mettre ses connaissances au service du territoire.

« Je pense qu’il est important que les compétences acquises à l’étranger puissent être utiles à la Nouvelle-Calédonie. Notre territoire bénéficie d’un environnement marin exceptionnel mais fragile, qui a besoin de personnes formées, capables d’apporter de nouvelles méthodes, de nouvelles idées et une expérience acquise dans différents contextes. »

Avant ce retour, il souhaite toutefois poursuivre son parcours professionnel en Australie afin de profiter des opportunités offertes dans les domaines de la recherche marine, de la conservation et du travail de terrain.

À plus long terme, Adrien aimerait travailler dans la région du Pacifique, avec une préférence pour la Nouvelle-Calédonie et l’Australie. « Il serait intéressant de renforcer davantage les liens entre les deux territoires dans les domaines de la recherche et de la conservation marine. Nous rencontrons des enjeux environnementaux comparables, nos écosystèmes sont directement reliés par la mer de Corail et certaines populations d’espèces, comme les tortues vertes, migrent entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie. »

Parmi les sujets qui l’intéressent particulièrement, les interactions entre les requins et les activités humaines occupent une place importante mais aussi les différents enjeux liés au risque requin. Cela d’autant plus que des travaux de suivi et de marquage ont déjà été développés en Nouvelle-Calédonie.

Certaines méthodes utilisées en Australie pourraient, selon lui, constituer une source d’inspiration pour améliorer le suivi et la gestion d’espèces présentant une forte importance écologique, culturelle ou commerciale, en les adaptant aux réalités et aux priorités de la Nouvelle-Calédonie. « L’objectif pour moi est surtout de continuer à apprendre, à développer mon expérience sur le terrain et à participer à des projets utiles pour une meilleure connaissance du milieu marin calédonien. »

« Partir pour mieux revenir »

C’est peut-être ce qui résume le mieux le projet d’Adrien. « Partir pour mieux revenir. Apprendre ailleurs, découvrir d’autres méthodes de travail, d’autres mentalités et d’autres façons de voir les choses permet de prendre du recul et d’élargir sa vision. »

Comme lui, d’autres jeunes Calédoniens peuvent aujourd’hui envisager une formation en Australie grâce aux dispositifs de mobilité existants. La province Sud accompagne les étudiants souhaitant poursuivre leurs études en formation initiale dans l’une de ses trois universités partenaires australiennes : James Cook University, The University of Queensland et Griffith University. L’aide à la mobilité universitaire prévoit notamment une participation aux frais de scolarité ainsi qu’une allocation mensuelle.

Pour Adrien, l’expérience va bien au-delà du diplôme. « L’Australie est un pays incroyable par la qualité des formations, les possibilités de terrain et toutes les opportunités qu’elle peut offrir. Partir permet de s’épanouir, aussi bien dans ses études que personnellement, et de revenir avec de nouvelles idées, de nouvelles compétences et une autre façon de voir les choses. »

En savoir plus sur l’aide à la mobilité universitaire en Australie : province-sud.nc – Mobilité universitaire en Australie


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