
Cadres supérieurs, dirigeants, auto-entrepreneurs ou travailleurs indépendants, ils sont une quarantaine à s’être lancés dans l’aventure depuis la création du dispositif en 2023. Réunis le 27 octobre pour échanger et partager leurs expériences, ils ont pu revenir sur ce que cet accompagnement apporte aux jeunes. Loïc Basset-Creugnet a rappelé les bénéfices de « ce dispositif qui permet notamment aux jeunes de sortir de leurs quartiers, de découvrir autre chose et s’ouvrir à de nouveaux horizons.»
Le dispositif s’adresse à des jeunes dont l’environnement familial ou social ne leur offre pas toujours les mêmes possibilités de développer leur potentiel et de construire leur parcours scolaire. Il commence dès la 5e, à un moment important de la scolarité où se dessinent progressivement les choix d’orientation et, avec eux, les perspectives professionnelles.
Pour mettre en place ce programme, la province Sud travaille avec l’association Télémaque, qui lui apporte son expérience et son savoir-faire méthodologique. Ce partenariat a été renouvelé en mai 2026, pour une période de trois ans.
« Le mentor joue un rôle de passeur social. Il aide son filleul à s’ouvrir sur le monde culturel et professionnel, lui fait découvrir son métier, l’encourage à croire en lui et à développer son potentiel », explique Christel Berger, chargée de mission pour le mentorat.
Chaque année, des collégiens volontaires sont sélectionnés avec l’appui des chefs d’établissement et des équipes pédagogiques, en accord avec leurs parents. Les résultats scolaires et l’attitude en classe font partie des critères pris en compte. Deux collèges participent au dispositif : François-Ollivaud, à Portes-de-Fer, à Nouméa, et Jean-Fayard, à Dumbéa.

Participer à l’évolution d’un jeune
Les mentors, eux aussi volontaires, s’engagent à accompagner un jeune pendant au moins un an. Au fil des rencontres, ils l’aident à gagner en confiance, à développer sa curiosité, à découvrir le monde de l’entreprise et à avancer vers ses objectifs scolaires.
Pour Mélissa Belpadrone, chargée de développement à la BCI, être mentor, c’est aussi une manière de transmettre ce qu’elle a elle-même reçu. « Je suis Calédonienne. Je n’avais pas non plus toutes les cartes en main au départ pour avoir un parcours de réussite, mais j’ai eu la chance d’avoir sur mon chemin des personnes qui ont été là au bon moment, m’ont accompagnée et m’ont permis de voir autre chose. »

À son tour, elle a voulu offrir cette possibilité et voit aussi dans le mentorat une occasion de rapprocher des personnes qui, sans ce dispositif, n’auraient probablement pas eu l’occasion de se rencontrer. « Ce dispositif permet de créer du lien entre les communautés, entre des personnes qui ne se croisent pas tous les jours et qui ne se parleraient pas en dehors de ce programme. »
Depuis que sa filleule est en 5e, Mélissa a pu la voir évoluer. Et le chemin parcouru. « La voir grandir, gagner en assurance, c’est génial ! C’est gratifiant, ça donne du sens à notre investissement. C’est ma manière d’apporter quelque chose à notre société calédonienne. »
Cette envie d’aider la jeunesse calédonienne a également motivé Evano Meven, chargé de communication à la BCI. Ce qu’il souhaite transmettre à son filleul ? Une liberté de penser, de la curiosité et la possibilité de trouver sa propre voie. « On échange beaucoup sur des sujets divers et, avec les années, on a acquis une confiance mutuelle. J’essaie de lui donner ma vision, mon expérience, mais je lui laisse la liberté de trouver lui-même sa voie selon ses aspirations. »
Car le mentorat ne va pas dans un seul sens. « C’est hyperpositif. Je dirais que je lui apporte quelque chose autant qu’il m’apporte quelque chose », confie-t-il.

La prochaine édition de mentorat sera lancée le 5 décembre, avec la présentation des nouveaux mentors. Pour celles et ceux qui hésitent encore à se lancer, Christel Berger rappelle que l’essentiel est ailleurs que dans le parcours professionnel ou les compétences : « Tout le monde peut être mentor, il faut avoir envie de partager et d’accompagner un jeune. C’est avant tout une aventure humaine. »

